Le Clan de La Main Noire (Renaissance)

Le Clan de La Main Noire (Renaissance)

Repaire des membres du Clan de la Main Noire liés aux Royaumes Renaissants.
 
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 2 - Loin dans la fôret...

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La Main Noire
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MessageSujet: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:12

ALTAHIRE

L’assassin avait trouvé une cabane dans la forêt, elle semblait inhabitée depuis un bon moment.
Ils s’y étaient installés, il avait enlevé la Main du Maître, au sein même du Clan, à Carcassone. Tout cela par vengeance, œil pour œil, dent pour dent. Le Patron avait fait enlever a Cridhe, grossière erreur. Mais, Altahire ne pourrait pas faire de mal à la jumelle d’Adielle, d’une part parce qu’elle lui rappelait sa sœur et d’autre part, elle n’était, comme les autres, pas responsable des ordres donnés.
Ainsi, Adorabelle allait détachée, seulement surveillée par Haschischin, qui avait pour ordre de l’empêcher de partir. Il ne lui ferait pas de mal, mais ceci, elle ne le savait pas.

Il ne savait pas ce qu’il ferait en revoyant celui qui fut son mentor, mais la confrontation aurait lieu et difficile de dire si elle finirait dans le sang ou le pardon.

Il alluma un feu et mit à cuire quelques morceaux du cerf, qu’il avait tué plus tôt dans la journée.
Adorabelle s’installait à côté, il la regarda, un sourire aux lèvres. Son sourire carnassier n’apparaissait plus que rarement à mesure qu’il la connaissait. Il ne comprenait pas comment une femme si douce, à ses yeux en tout cas, pouvait aimer un boucher comme le Patron.
À dire vrai, il ne comprenait pas que sa Rose puisse l’aimer de la même façon.

Il viendra te chercher, tu le sais ! Je ne sais comment cela finira… tout dépend de lui, je crois bien…

Il ricana, il avait senti au fil du temps passer avec la jumelle, qu’il ressemblait à celui qui les poursuivait. Et pour cause, il l’avait élevé, lui avait appris tout ce qu’il savait, c'est-à-dire : tuer et respecter sa parole, entre autres choses. Altahire avait toujours suivi cela, il avait toujours mené à bien ses missions. Qu’elles soient données par un autre, ou acquise de son propre chef.
Il aurait voulu mourir pendant l’une d’elle, pour ne pas avoir à emmener celle qu’il avait choisie vers son bourreau. Il repensa à son lieutenant, loin de lui, elle lui manquait cruellement. Il craignait de ne jamais la revoir. Il ne pouvait prier, cela serait hypocrite, mais si quelqu’un le faisait pour lui, il en serait heureux.

Il tendit la gourde d’eau à Adorabelle, le loup se coucha, ne la quittant pas des yeux :

Tiens et ça va bientôt être cuit…

_______________________________________________________________________

EAU DOUCE

Il y avait des jours que Maelchon était parti. Eau douce l'attendait, il avait dit qu’il reviendrait et elle le croyait. Il le pensait en l'affirmant, mais qui pouvait savoir ce que le Grand Esprit avait décidé pour chacun de nous? Elle l'attendrait, pas toute la vie, mais jusqu’à la fin de la saison, certainement, et l’automne était encore loin. Elle gardait en mémoire les derniers moments passés avec lui et en avait fait un cocon de bonheur enfoui dans son espace sacré. Il avait partagé avec elle la respiration du cœur et les plaisirs des sens. Il lui avait dévoilé son âme. Peu d’hommes auraient osé. Mais Maelchon avait pris le risque de se montrer tel qu’il était, sans crainte et sans honte. Elle l’aimait pour ça. Elle l’avait aimé bien avant, mais avec le rituel, ils avaient créé un lien qui ne pourrait se dissoudre avant sept ans. Elle sourit en y songeant. Il lui manquait. Elle pensa à son grand-père qui lui dirait qu’elle créait elle-même sa peine et sa douleur, que c’était l’attachement aux choses, aux gens, l’état de besoin constant dans lequel se maintenait l’être humain qui créait son sentiment de perte. Qui ne possède rien, ne désire rien, et n’est jamais en manque. Maelchon lui manquait quand même. La petite-fille n'avait pas la sagesse de son grand-père, même si elle s'efforçait chaque jour de s'en approcher.

Eau douce attendait Maelchon à Béziers, mais l’auberge lui pesait trop. Même s’il avait payé pour son hébergement, elle préférait passer la plupart des nuits dehors, au contact de la nature. Sa chambre était réservée, elle y retournait à l’occasion pour prendre un bain chaud et confirmer avec l'aubergiste qu’elle était toujours cliente de l'auberge la Belle Étoile… et demander, surtout, si l’homme blond qui l'accompagnait à son arrivée était passé.

Eau douce se trouvait dans la forêt quand elle avait vu l'homme et la femme passer. Mais c’était le loup qui avait attiré son attention. La manière dont il obéissait à son maître… Elle avait conçu aussitôt une profonde admiration pour ce dernier. Il ne dominait pas l'animal, ne le soumettait pas à sa volonté, il le respectait… et la bête faisait ce qu’il lui demandait, c’était étrange et, oui, réjouissant. Mais la femme, elle, avait peur du loup, elle ne comprenait pas. Ils formaient un couple étrange. Eau douce les observa de loin s’installer dans la cabane abandonnée, puis allumer un feu et cuire la viande. Elle fit une prière de remerciement pour la nourriture donnée en échange de la vie du cerf. Elle avait observé l’homme dépecer la bête et où il avait abandonné les abats et la peau. Elle irait récupérer le cuir et enterrer les viscères pour les retourner à la terre et perpétuer le cycle. Mais pas tout de suite, elle irait quand la nuit serait tombée et qu’elle pourrait se déplacer dans l’obscurité.

La brise légère qui soufflait tomba avec la brunante et elle se détendit un peu, cachée dans les buissons à plusieurs mètres. Même si elle avait pris garde de rester à contre-vent pour ne pas laisser le loup flairer son odeur, il y avait toujours le risque que le vent tourne. Elle était trop loin pour entendre les propos échangés par le couple et elle ne voulait pas perturber leur étrange relation. Elle n’était pas certaine d’être la bienvenue et préférait rester à l'écart, surveillant le moment où elle pourrait récupérer les restes du cerf.


_______________________________________________________________________

ADORABELLE

Prisonnière, Adorabelle suivait Altahire depuis des jours et s’habituait peu à peu à la présence du loup noir. Elle arrivait à présent à oublier le regard jaune posé sur elle. Il lui rappelait Tueur, l’alpha du Patron et elle avait vu au clan de quoi une telle bête était capable. L’assassin aimait une femme, celle que le clan avait agressée, et Adielle était revenue de mission cruellement blessée par ses soins. Étrangement, il lui rappelait Maelchon… dans cette ambivalence qui l’habitait, ce mélange de férocité contenue, de froide détermination qui dissimulait une forme de loyauté sans faille. Le tout était de savoir à qui allait cette loyauté. De tels hommes détestaient le genre humain, ou plutôt ne faisaient confiance à personne, mais ils pouvaient mourir pour sauver une vie s’ils en avaient décidé ainsi. Elle fermait souvent les yeux, silencieuse et concentrée sur l’énergie que son kidnappeur dégageait… et elle s'imaginait alors que Maelchon était là. Elle s’égarait longuement dans ses souvenirs, revivait cette nuit où ils s’étaient retrouvés avant que tous deux ne partent en mission, chacun de leur côté, avec la promesse de s’appartenir à jamais...

La plupart du temps, Adorabelle arrivait à oublier la déchirure à la poitrine qui lui coupait le souffle, ce trou béant laissé par l’absence de sa jumelle. Elles n'avaient jamais été séparées si longtemps, c’était atroce. Mais l’assassin avait permis au Maître de venir avec Adielle. Savait-il à quel point c’était pour elle une source de réconfort? À quel point cette seule idée l’aidait à tenir le coup? Elle pleurait souvent la nuit, en silence, quand rien n’arrivait à détourner son attention et que le chagrin l’envahissait. Elle s’éveillait parfois en sursaut, cherchant la main de sa siamoise, comme dans leur enfance, et elle allait toucher du bout des doigts sa cicatrice à la hanche qui l’avait autrefois soudée à elle. Le jour, elle arrivait à garder une attitude détachée, légèrement lointaine, focalisée sur l'espoir. Le sourire de l’assassin qui s’était adouci avec les jours qui passaient l'aidait un peu.

Ils parlaient peu. Adorabelle avait quantité de questions, de craintes, de désirs et d’inquiétudes, mais elle n’osait les formuler. Elle redoutait plus que tout le moment de la confrontation de l'assassin avec son mentor.

Citation :
"Il viendra te chercher, tu le sais ! Je ne sais comment cela finira… tout dépend de lui, je crois bien…"

Il ricana. Ce ricanement... identique à celui du Patron. Adorabelle releva la tête et les mots lui échappèrent :

Pourquoi je n'arrive pas à te détester autant que je le voudrais…

Elle prit la gourde. Elle se sentait étrangement plus sereine. Altahire avait dit tout haut sa secrète inquiétude. Si tout dépendait de celui qui venait avec Adielle, elle arriverait peut-être à éviter que la rencontre se termine dans un bain de sang… Elle porta le goulot à ses lèvres et but une longue rasade avant de la lui rendre :

Merci… merci de lui avoir permis de venir avec ma jumelle… c’est… si difficile sans elle…


Elle soutint un instant le regard noir, puis elle baissa les yeux. Les larmes menaçaient de couler et elle ne voulait pas pleurer devant lui. Elle était trop tendre! Beaucoup trop sensible! Elle songea au clan de la Main Noire, à la trempe des femmes qui en faisaient partie. Adielle était des leurs, mais pas elle. Elle l’avait suivie, elle avait été choisie par le Maître, mais elle ne s’y sentait pas du tout à sa place. L’avenir était rempli de possibles cauchemars et d’impossibles espérances. Et le présent perfide ne semait que des incertitudes. Altahire pouvait en faire disparaître certaines et Adorabelle osa demander alors que Haschischin soulevait le museau et tournait la tête vers les fourrés :
Nous restons ici? Tu sais qu’ils vont retrouver notre trace, n’est-ce pas?

_______________________________________________________________________

ALTAHIRE

Par moment, il ne pouvait s’empêcher de la regarder, il y voyait Adielle… il se maudissait, comment pouvait-il ainsi trahir celle qu’il aimait par dessus tout, car Rose était et serait toujours pour lui, la femme de sa vie.
Mais, il ne pouvait pas oublier la jumelle d’Adorabelle. Elle était si proche de sa Rose et si différente, si fragile et si forte. Etait-ce le remord de ce qu’il lui avait fait subir ? Non… il en doutait, il n’était pas du genre à se soucier des autres, à part une poignée.
Depuis toujours, haine et mal se côtoyaient dans son cœur. Son lieutenant d’amour lui avait fait oublier ce qu’il était… un temps… mais, toujours, son moi profond revenait au galop. Il avait été dressé pour tuer, il ne savait faire que ça et il le faisait bien ! Et quoiqu’il fasse, il ne pouvait l’oublier, il n’était pas fait pour une vie « normale ». Il souffla :

Mo cridhe… tha ghoal agam ort… gu breath…

Sa poitrine lui fit mal à nouveau. Depuis quelques semaines, après une chute de cheval, il avait l’impression que la lame du procureur était revenu et s’enfonçait inexorablement dans ses chairs. Mais les douleurs avaient toujours été fugaces et la plupart du temps à peine perceptible. Mais là, ce fut avec effort, qu’il dissimula sa main qui se contractait sur la poignée de l’une de ses dagues et il espéra que son visage n’avait pas trop laisser paraître sa douleur.

Il se focalisa sur elle, tentant de percevoir ses pensées, ses envies ses craintes.
Elle prit la gourde et demanda :

Pourquoi je n'arrive pas à te détester autant que je le voudrais…

Il ne put s’empêcher de ricaner, ce n’était pas réellement une question, mais il fit comme ci. Cela lui permettrait d’oublier la douleur et peut-être de la connaître un peu mieux. Même, s’il lui semblait que c’était déjà un peu le cas.

Pourquoi ? Peut-être parce que tu sais au fond de toi que je ne te ferais jamais de mal…sinon, cela serait déjà fait. Peut-être même que tu soupçonnes que tu aurais pu partir… je te t’en aurais sans doute pas empêcher.
Peut-être que pour que ton cœur s’imprègne de haine, il t’en faut plus… Rien ne te prédispose à la haine, je ne dis pas que tu ne peux pas haïr… mais qu’il te faut de bonnes raisons.
Vois, tu pleures même pour une ordure comme celle que j’ai tué à Carcassonne. Ce chien de Chramm ne méritait pas tes larmes et pourtant…
Peut-être que tu penses que je suis plus ou moins dans mon droit, je ne veux que lui faire subir, ce qu’il m’a fait subir. A cause de lui, j’ai torturé, je ne me pardonne pas ce geste. Ce n’est pas moi, mais… Mo Cridhe, il ne fallait pas la toucher…tout… mais pas elle…
Et peut-être aussi que je te le rappelle, il m’a fait, je suis le fruit de son travail… son fidèle… j’ai longtemps cru qu’il était un père…

Il ricana.
Pauvre fou que je suis…

La douleur revint, il ne put s’empêcher de porter la main à la poitrine. Il sentit dans sa bouche… non… pas maintenant…
Il récupéra la gourde, faisant comme si de rien n‘était. Il la regarda dans les yeux, rivant ses prunelles noires dans les siennes.

Je ne l’ai pas fait que pour toi… mais pour moi aussi… Adielle…
Mais si cela te comble, tant mieux. Je te souhaite tout le bonheur du monde Adorabelle… je ne ferais rien pour te l’enlever… tu as ma parole…


Presque en même temps que le loup, il tourna vivement la tête vers les fourrés. Il y avait quelque chose, cette sensation. Il ne la connaissait que trop et son instinct ne le trompait jamais. Mais, pas de danger, il regarda à nouveau Adorabelle en s’attardant sur Haschischin.

Oui, c’est ce que je veux, qu’ils nous retrouvent ! je ne veux pas t’enlever à lui, je ne veux pas le faire souffrir de ta disparition. Je suis navré… je n’ai trouvé que toi pour le faire bouger sans son clan derrière lui.

]Il sourit dans le vide et regarda à nouveau le loup noir :

Mais tu le garderas auprès de toi…
Haschischin ! Cohmla mi !
Le loup se redressa et s’approcha. Ros, Haschischin, Ros, spèis Ros !

Le loup regarda son maître, non, son ami, et pleura doucement.

Aller va mon gros… c’est ici que nos chemins se séparent… veille sur elle…

Il le serra dans ses bras, comme on sert son meilleur ami que l’on ne reverra sans doute jamais.

Va, vite ! Haschischin ! Spèis Ros !

Le loup s’éloigna la queue basse, il se retourna et s’apprêta à courir vers l’assassin. Mais celui ci lui fit non de la tête et le loup partit en pleurant et rapidement disparu dans les fourrés.

Altahire regarda Adorabelle :

Tu peux partir… ou attendre avec moi… plus rien ne t’en empêchera…

Il ricana et son ricanement se mua en toux, il cracha un peu de sang...
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MessageSujet: Re: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:12

ADORABELLE

Elle écouta sans broncher Altahire la décrire, dire ce qu’il avait perçu chez elle. Adorabelle savait qu’elle n’était pas douée pour la dissimulation. Elle était plutôt transparente, ça la perdrait un jour… Des deux jumelles, c’était Adielle la plus forte, depuis toujours, elle protégeait sa sœur. Puisqu’il voulait parler, elle pouvait aussi être franche avec lui.

Tu lui ressembles... tellement… comme lui tu peux être cruel, par choix ou par loyauté, ou je ne sais quoi d'autres. Mais tu le respectes et tu l’admires surtout, tu lui reproches de t'avoir appris à tuer, mais il t’a appris à bien le faire et tu en es si fier…

Elle repoussa dans le feu un tison qui avait roulé sur l’herbe et ne vit pas la grimace que sa douleur à la poitrine arracha à l’assassin.

Un père… oui… rien n’est jamais tout noir ou tout blanc... À moi, il a appris à aimer… ça t’étonne, n’est-ce pas? Avant, j’étais… une succube, comme il m'a appelée. Je séduisais pour profiter, je n’avais aimé que ma jumelle... Mais aimer c’est… douloureux parfois… toute médaille a son revers. Tu me donnes ta parole pour Adielle… je te crois.


Il lui fit des excuses, lui souhaita du bonheur… Une attitude étrange. En fait, Adorabelle réalisa que l’assassin changeait depuis les derniers jours. Il n’avait jamais autant parlé. C’était ce qui l’avait poussée, elle, à s’ouvrir aussi un peu. Elle regarda le loup quitter son maître en émettant des plaintes et elle sut qu’il se passait quelque chose. C’était une séparation définitive. Altahire était comme celui qui l’avait fait et jamais son mentor n'aurait renvoyé Tueur… Elle eut un sourire doux en levant les yeux pour les river aux siens une fois Haschischin disparu dans les fourrés. Mais elle ne dit rien. Déjà, il lui avait laissé voir son affection pour son compagnon.

Citation :
Tu peux partir… ou attendre avec moi… plus rien ne t’en empêchera…

Il ricana, mais le ton était plus chargé d’amertume que de froideur. Il détourna la tête pour cracher par terre et elle secoua doucement la sienne en réponse à son offre.

Je reste. Tu as dit qu’ils viendraient, c’est donc ici le meilleur endroit pour les attendre. Et puis… s’il te trouve seul ici, il croira que tu m’as tuée. Et jamais je ne veux que cette idée traverse son esprit, pas une seule seconde!

Adorabelle s’était emportée, mais elle se calma aussitôt qu’elle aperçut le filet de sang sur le coin des lèvres d’Altahire. Son regard passa de sa main qui essuyait le sang d’un revers furtif à ses yeux noirs fixés sur elle et elle comprit soudainement. Elle ouvrit la bouche pour dire ce qui lui était venu d'instinct, mais elle retint les mots. Elle allait dire : « Tu n’as pas à rester seul dans un moment pareil… » Mais elle se ravisa, l’homme avait sa fierté. Elle se pencha pour saisir un morceau de viande grillée et dit seulement, sans le regarder :

Elle saura… quand elle verra ton loup…


_______________________________________________________________________

ALTAHIRE

Il semblait qu’il venait de briser la glace, tant de jours passés dans le silence et voilà qu’ils se confiaient l’un à l’autre dans cette cabane perdue dans la forêt silencieuse. Elle lui dit alors comment elle le percevait, il en retint quelques mots et continua :

Cruel… j’ai toujours haï ceux qui faisaient souffrir par plaisir. La torture est l’apanage des faibles, je ne pensais avoir été de ceux-là qu’une seule fois dans ma vie. Non pas, que je n’ai pas fait de choses… horribles… loin de là… mais la souffrance gratuite...
Tu dis que je l’admire, c’est possible… il a été le seul à s’occuper de moi, mais il m’a menti, lui qui se targue d’exécrer le mensonge. Oui, je suis fier de ce qu’il m’a appris, mais je le méprise pour ce qu’il ne m’a pas appris !
Il t’a appris à aimer… moi à haïr, tout un chacun… je n’ai ressenti certaines émotions qu’il y a peu. J’en ai profité, je m’en suis nourri. J’ai tout fait pour sortir des ténèbres, j’ai même essayé d’en sortir ta sœur. Ce jour-là, j’ai commis une erreur, je ne regrette rien, je ne cherche pas d’excuses, pour rien de ce que j’ai fait ou dit. Ce moment fut partagé et ce souvenir perdurera. Elle est si troublante, elle semblait si… seule et vulnérable et si loin de ce qu’elle est vraiment… ce jour-là, j’ai failli à ma devise…


Il marmonna, le silence ambiant, à peine brisé par le murmure du vent dans les feuillages, le rendait pourtant audible :

Je voudrais juste un peu plus de temps… la mission ou la mort… c’est la mort qui a choisi pour moi…
Ironie du sort… je suis quand même mort à Béziers… c’est juste que… je ne le savais pas…


Il reprit plus haut :

Merci… mais tu sais, il ne ferait qu’accélérer les choses… mais… merci de rester…

Il la regarda, à peine surpris par son ton qui montait, il essuya ses lèvres rapidement. Il perçut dans ses yeux cette lueur, de la compréhension et peut-être de la compassion.

Elle saura… oui…

Il resta silencieux un long moment, il sentait une présence, tapie non loin d’eux. Il n’en ressentait toujours aucun danger. N’eut-ce été cette douleur, il se serait levé et l’aurait cherché, qui que ce soit. Mais pour le moment, seul se reposer lui convenait. Il pensait à a Cridhe, une seule chose le hantait, mourir sans la revoir, sans la serrer contre lui, sans lui dire combien il l’aimait.

Ce n’est que lorsque la matinée suivante fut bien entamée qu’il reprit la parole, un léger sifflement se faisait entendre suivant les mots qu’ils prononçaient :

Dis-moi… si tu veux répondre bien sûr. Mais, je te promets… j’emporterais ton secret dans ma tombe !
Il ricana à nouveau et toussa encore, finissant par cracher du sang. Il effaça le filet rougeâtre et la fixa de ses yeux noirs. Plus aucune trace malsaine ne s’y reflétait, la rage semblait se dissoudre au fil des heures. Il esquissa un sourire :
Qu'est-ce qui t’a poussé à suivre cette voie que tu répugnes ? Tu es à des lieues de tout ça…
Comment un homme comme lui, si friand de la douleur des autres, de leur sang et de leur cœur a-t-il pu t’attirer ?


Cette question n’était pas anodine, il ne se sentait pas différent de son mentor. Comment sa petite fleur avait pu lui donner son coeur, il cherchait réponse à cette question. Certes, elle lui avait déjà plus ou moins dit, mais… il ne comprenait pas…
Peut-être que la réponse d’Adorabelle lui ferait comprendre cela, si elle voulait répondre.
Il ne la quittait pas des yeux, souriant toujours.


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ADORABELLE

Adorabelle comprit en écoutant Altahire que quelque chose s’était passé entre lui et Adielle. Elles avaient eu tant de choses à se dire, elle et sa jumelle, mais jamais l’occasion… elle lui manquait tant.

La nuit passa. Elle dormit peu, fébrile et inquiète, sentant les événements s’accélérer. Elle écoutait la respiration de l’homme qui n’était plus son ravisseur : elle était moins fluide. Mais son sommeil était plus calme que les jours précédents. Elle en ressentit une étrange tristesse.

Elle finit par s’endormir à son tour et quand elle ouvrit les yeux, au matin, il était déjà debout. Adorabelle sourit légèrement en entendant sa question. C’était si simple. Les hommes comme Altahire et son mentor ne savaient-ils pas s’observer eux-mêmes? Elle s’assit près du feu qu’il venait de raviver et tenta d’expliquer :

Ne voyez-vous pas, toi comme lui, que vous avez une sorte de… double personnalité? À la fois intense dans votre tendresse et indifférent dans votre manière de faire souffrir? Vous ne vivez auprès de la femme que vous avez choisie que votre bon côté, celui que vous savez pouvoir partager avec elle. Et elle, complice, ne focalise que sur cette relation qu’elle a établie avec vous. Elle reste aveugle à la partie sombre qui vous habite, c’est un réflexe de protection, peut-être...

Adorabelle poursuivit comme si, en parlant, elle voyait des images lointaines qui n'appartenaient qu'à elle…

Elle a le désir de conserver, surtout, cette relation passionnée, unique, inviolable et qui n'appartient qu’à elle et que vous donnez avec énergie et honnêteté. C’est ainsi, je pense… un amour puissant, fidèle et inébranlable compensera toujours, aux yeux d’une femme, tous les défauts de la terre…

Elle sortit de sa rêverie et regarda Altahire.

C’est comme si vous aviez fait le pacte, tous les deux, de garder votre relation éloignée de la violence, de la haine et du mensonge. Cet amour qu'elle vous offre, elle, est peut-être aussi ce fil ténu qui vous rattache à une certaine forme d’humanité… et, peut-être… qu’elle se serait secrètement fait le pari… d’être celle qui peut y parvenir.

Adorabelle réalisa qu’elle avait le regard soudé à celui d’Altahire. C’était comme si les mots qu'elle venait de prononcer étaient lourds de signification pour lui aussi. Jamais elle n’aurait imaginé révéler aussi facilement le fond de ses pensées. Elle détourna les yeux en secouant la tête.

Mais détrompe-toi, je ne suis pas si blanche. Je suis douée aussi pour faire le mal, à ma manière… Je ne supporte pas le regard d'autrui, enfin, certains regards, et j’ai fait payer cher à certains, déjà, mon besoin de vengeance… On est tous un peu fous…


_______________________________________________________________________

ROSETENDRE

Rose était tout près de Montpellier, à peine installée à la Teste-de-Bush qu’elle avait repris la route pour se rendre au mariage de Nuitcristaline et Kamharley, c’est très chers amis. Elle se faisait une joie d’être un des témoins de Kam pour l’heureux événement, joie quelque peu assombrie par l’absence d’Altahire qu’elle espérait retrouver bientôt. Elle avait mis son étalon au pas un peu fatigué de la longue route qui durait depuis maintenant des semaines. Ayant fait la route jusqu’en Guyenne avant de revenir en Languedoc.

Elle pensait sérieusement à faire halte à Nîmes quand Abilis se mit a aboyer et se précipita dans les fourrés. Rose exaspérée l’appela à perdre haleine, mais la louve têtue, disparut dans le sous-bois. Poussant un soupir las elle mit pied a terre. Elle était sans nouvelle de son amour depuis l’arrivée du messager ailé il y a de cela plusieurs semaines, et n’avait pas du tout le cœur a jouer a cache cache avec la louve fougueuse. Elle allait s’adosser à un arbre bien décidé a ne pas entrer dans son jeu et l’attendre là quand, celle-ci, bondis, joyeusement d’un fourré suivi de près par un immense loup noir….

HASCHISCHIN !!!!!!!!

Elle avait crié son nom au moment ou son cœur bondissait dans sa poitrine, courant vers le loup. S’agenouillant à ses côtés elle le caressa affectueusement dans un élan de joie qui se transforma vite en inquiétude, ne voyant pas son maître dans les alentours. Jamais il ne se séparait de son fidèle compagnon, jamais sans bonne raison. Un sentiment d’urgence, de panique envahissait peu à peu la jeune femme qui se redressa scrutant les sous-bois avec le vain espoir de voir apparaître l’assassin….

Mon gros qu’est ce que tu fais là tout seul ???… Où est ton maître???? Tha feum agam ort! Seall dhomh, mo reamhar! An dràsda!

À peine avait-elle prononcé ces mots que le loup fonça sur la route, prenant la direction de Béziers qui ne devait être qu’à une demi-journée à cheval. La jeune femme enfourcha sa monture et fonça à bride rabattue derrière les loups qui prenaient de l’avance. Toute fatigue s’était envolée, poussée par le seul désir de le retrouver enfin.

Pitié faite qu’il ne lui soit rien arrivé………

La matinée tirait à sa fin quand ils arrivèrent au abord de la ville. Elle galopait toujours derrière les loups qui avaient quelque peu ralenti l’allure en quittant la route un peu avant la ville, s’enfonçant dans un sous bois. Rose du aussi ralentir son cheval qui ahanait, écumant sous l’effort de la course soutenue qu’elle lui avait infligée. Elle devait également parer les branches basses qui menaçaient de la désarçonner à tout moment. Rose sauta de la monture avant même qu’elle ne se soit immobilisée, quand ils arrivèrent enfin devant une vielle cabane de bois. La courte distance qui la séparait de la porte lui sembla interminable. Retenant son souffle, craignant d’arriver trop tard. Elle se précipita à l’intérieur arrachant presque la porte de ses gonds usée qui grinça bruyamment.

MO AINGEL !!!!!!!!

Elle ne put rien dire de plus, l’émotion de le voir… en vie qu’il soit enfin devant elle la rendit soudainement muette. Sa gorge se serra, des larmes de joie embrouillèrent sa vue tan et si bien qu’elle vie à peine la femme qui était assise, adossé au mur non loin de là et encore moins le teint livide et les traits tirés d’Altahire. Elle tomba à genoux devant lui et l’enlaça amoureusement le couvrant de baisers tendres….

Tu m’as tellement manqué!!
souffla t’elle entre deux baisers. Quand j’ai vue haschischin…seul, j’ai cru que tu étais mort !!!!

Ò mo aingel … Tha goal agam ort! … Mu dheireadh, tha thu a null…Ciamar a tha thu?

C’est a ce moment qu’elle le vit réellement se reculant pour scruter son regard dans lequel se reflétait quelque chose qu’elle ne lui avait jamais vue au par avant. Son sourire s’estompa quelque seconde, alors qu’elle lui caressait la joue dans un geste doux apaisant. Une sourde angoisse s’empara d’elle la figeant devant la mine affaiblie de son amour. Elle reprit d’une voix tremblante qui malgré le sourire qu’elle avait repris, trahissait la profonde inquiétude qui l’habitait.

Mo aingel ??? Qu’est ce que tu as ???
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MessageSujet: Re: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:13

ALTAHIRE

Il écouta la réponse à sa question. Était-ce le fait du moment qui approchait ? Mais, il comprit enfin, cela était si simple, ça crevait les yeux. Il disait que a Chridhe était sa lumière, c’était vrai, mais seulement parce que lui le voulait, elle avait apporté autre chose que la noirceur dans son cœur parce qu’il l’aimait et que rien ne pourrait altérer cet état. Si lui ne donnait pas, elle ne pourrait pas le prendre, il lui montrait autre chose et elle, elle en oubliait ou omettait ce qui le rendait si… mauvais. Et grâce à cela, il perdait jour après jour cette noirceur.
Il pensa à son petit soldat, elle lui manquait tant, il l’appelait de tout son être. Il voulait qu’elle passe la porte, il ne voulait pas partir sans lui dire au revoir, sans la tenir dans ses bras et lui dire à nouveau combien elle lui a apporté, combien il l’aime.

Il regardait Adorabelle. Il avait la respiration légèrement sifflante et son teint indiquait que ses jours étaient comptés. Il ne regrettait qu’une seule chose, de ne pas avoir eu assez de temps pour elle. Non ! Pas eu, mais, prit ! Il était parti pour des histoires de vengeance et c’est lui qui était piégé.
Il savait qu’il ne ferait rien contre son Mentor et encore moins contre celle qu’il aime, mais cela il le savait depuis le début.
Il sourit alors qu’elle détournait les yeux et lui disait ce qu’elle ne supportait pas des autres. Il ricana avant de lui souffler :

Comment peut-on te regarder ? Quel regard peut-on poser sur toi qui soit si désagréable ? Tu n’es pas bien différente de ta sœur… et je ne vois pas ce qui peut créer un regard que l’on ne supporte pas… tu es tr…

Il ne put finir sa phase et n’aurait sûrement jamais réponse à ses nouvelles questions. La porte vola presque en éclat et de toute façon, il oublia bien vite ses questions.
L’apparition, nimbée de la lumière du soleil, fut une vision angélique. Un sourire illumina son visage, un sourire tel qu’Adorabelle n’en avait jamais vu, même s’il avait depuis un moment perdu son sourire carnassier.
Elle était là…

Mo Cridhe…

Il aurait voulu le hurler, mais ce ne fut qu’un souffle. La joie, mêlée à la fatigue, lui avait coupé la parole. Il l’accueillit dans ses bras, réprimant une grimace lorsqu’elle comprima sa poitrine. Mais, au diable la douleur, il l’avait dans ses bras, enfin !

Mo milis Spéis ! J’ai eu si peur de ne jamais te revoir.

Il l’embrassa avec toute son énergie, la serrant contre lui. Il ne pouvait contenir ses mains qui désiraient plus que tout la toucher.

Tha cuideachd, mo beag saighdear, tha ghoal agam ort ! Air sgàth air falbh !

Elle se recula et il riva ses yeux dans les siens, il prit son visage entre ses mains et sourit amoureusement.

Mo Cridhe… an bàs air tighinn… tha mi duilich…
J’ai finalement reçu ce que j’étais venu chercher à Béziers Mo Ròs.


Il ne put s’empêcher de ricaner et se mit à tousser bruyamment, il se tourna et cracha, essuyant ses lèvres avant de la regarder à nouveau.

En fait… je suis tombé de cheval… un serpent à effrayer ma monture, je n’étais pas vigilant, je pensais à autre chose et il m’a désarçonné. Je suis tombé sur la poitrine, depuis je sens que quelque chose se déplace, lentement, à chacun de mes mouvements.
Mon combat contre l’ordure qui t’a broyé le genou n’a rien arrangé… mais au moins… il ne fera plus de mal.


Il sourit à nouveau.

Mais ne sois pas triste Mo Cridhe, tu m’as permis de vivre une vraie vie d’homme. Tu as fait que je peux aujourd’hui partir le cœur en paix. Mais pas de suite… je vais rester un peu ! Avec toi… dès que mon Mai... Mentor sera arrivé.

Je te présente Adorabelle… attention ! Pas de hâte, ce n’est pas la femme de Lodève… Adielle… C’est son nom, elle doit être avec le Patron sur la route.
Adorabelle est la femme que Maelchon aime, je l’ai enlevé pour me venger… Il ricana et baissa les yeux. Stupidité…`
Tha mi duilich, mo millis Spéis…


Il relava la tête et embrassa sa Rose, puis il se décala et lui indiqua le mur de la cabane…


_______________________________________________________________________
ROSETENDRE
Citation :
[color:2812=violet:2812]Mo Cridhe… an bàs air tighinn… tha mi duilich…
Tout sembla se figer autour d’elle, son cœur ne battait plus, elle sentait l’air fuir ses poumons et du faire un effort immense pour l’y faire revenir. Sa gorge se noua, elle resta là, à le regarder au travers des larmes de désespoir qui roulaient sur ses joues. Inconsciemment elle secouait légèrement la tête de gauche à droite. Il ne pouvait pas mourir.. Pas après tout ce qu’ils avaient traversé tous les deux… pas après tout ce qu’il avait vécu. [cor=cyan]

Non !!!! Mo aingel … chan eil !!!!! fhathast, mo aingel oidhche…fhathast… Tha feum agam ort! Chan cuid eil !!!!

Elle entendit la suite de ses explications comme dans un rêve, sa voix semblait trouver écho dans son esprit troublé, au bord du l’abîme. Le fou de la clairière … plus de mal… mais à quel prix ?????? Son regard restait rivé au sien, incapable de retenir les larmes qui coulaient sans relâche, inondant les mains qu’il avait posées sur son visage.

Elle tourna les yeux un bref instant sur la femme qu’il lui présenta comme étant Adorabelle, celle que son maître aimait…Rose tressaillit légèrement en pensant reconnaître celle qui avait subit les foudres de son aimé. La ressemblance était frappante avec celle qui était venue à Lodève…. Elle lui fit un léger signe en guise de salutation, tentant de lui sourire, encore sous le choc, hébété par la légèreté avec laquelle Altahire voyait venir la mort.

Citation :
Tha mi duilich, mo millis Spéis…

Ne sois pas désolé, mon amour…. Non, ne sois pas désolé…Tu m’a tellement apporté… tu m’a tellement donné… tha gol agam ort gù brath…… gù brath mo aingle…

Elle lui rendit un baiser brûlant qui dura longtemps, comme si elle avait voulu lui insuffler sa propre vie au travers de ce baiser…

Elle lui sourit tristement et inclina doucement la tête, quand il lui désigna le mur derrière lui et s’y glissa après l’avoir embrassé passionnément encore une fois. Passant les jambes de chaque côté de lui, elle l’attira doucement à elle l’enlaçant tendrement dans un geste protecteur, enveloppant. Sa tête appuyée sur sa poitrine elle posa ses lèvres encore brûlantes de ses baisers sur son front, tout en lui murmurant.]

Je suis là mo aingel… repose-toi... tout irra bien ….
Puis elle ajouta plus pour elle, dans un murmure à peine audible… comment vais-je faire sans toi…. Je ne peux vivre sans toi…

Sa voix s’éteignit, retenant les sanglots douloureux qui montaient à l’assaut de sa gorge. Elle ne voulait plus pleurer. Elle voulait profiter de chaque minute … de chaque seconde qu’il lui restait a passé auprès de son ange de la nuit… Mo aingel oidhche….

Elle se souvint de toutes les fois ou elle l’avait tenue comme ça, contre elle…. La première fois était le jour où le procureur l’avait gravement blessé d’un coup d’épée sous le cœur, ce jour ou les IT l’avait arraché à lui sans ménagement. Ensuite vint la fuite de la mairie, après qu’Hallec l’ait empoisonné…. Cette nuit passée sous l abris du parc à le serrer contre elle et espérer que tout aille bien… dans la maison du voleur…. Puis arrivée a Lodève là aussi elle l avait tenue contre elle au moment ou il se battait contre le poison, mais surtout avec ses démons…. Toutes les fois ou simplement elle l avais tenue amoureusement, le jour où ils avaient eu le bonheur de découvrir la cascade…

Elle ferma doucement les yeux et respira son odeur… en proie a tan de souvenir, heureux et tragique… mais chacun de ces éléments avait contribué a souder leur amour… à augmenter leurs passions… Elle croyait cet amour éternel …. Il était éternel … même au-delà de la mort, leur amour survivrait…

Gù brath mo aingel oidhche…. À jamais mon ange de la nuit…..


_______________________________________________________________________

ADORABELLE

Adorabelle avait expliqué davantage pour elle que pour Altahire comment une femme comme elle pouvait aimer un homme hanté par le côté sombre. Mais elle comprit pourquoi il avait posé la question et pourquoi il l’avait écouté si attentivement quand elle vit sa « mo Cridhe ». Cette femme était l’incarnation du bien pour lui, le pendant à son côté sombre.

Adorabelle renonça à répondre aux questions qu’il lui avait posées quand elle les vit se jeter dans les bras l’un de l’autre, mais les questions d’Altahire avaient suscité en elle l’apparition d’images chargées de souvenirs… Oui, elle avait crevé des yeux déjà pour anéantir les regards dégoûtés que les hommes avaient posés sur sa cicatrice à la hanche, cette marque horrible laissée par la délicate opération qui l’avait séparée de sa sœur siamoise. Elle toucha instinctivement sa hanche droite, une main noire y était à présent tatouée. Maelchon avait posé les yeux sur sa marque et elle n'avait ressenti aucune répugnance… il lui avait permis de dépasser ses craintes, de sortir enfin de la honte. Et il l’avait séduite, dès la première rencontre, même si elle avait eu conscience de s’engager sur un terrain dangereux. Il lui manquait horriblement…

Adorabelle apercevait par la porte ouverte le loup noir de l'assassin, il semblait lui aussi avoir retrouvé sa louve. Elle se sentit soudainement une intruse dans l’intimité du couple qui venait de se retrouver. La jeune femme lui avait à peine jeté un regard, elle avait d’autres inquiétudes… Adorabelle n'aurait pas voulu être à sa place. Elle se leva discrètement pour quitter la pièce et sentit un léger vertige en passant le seuil. La même nausée qui la prenait depuis quelques jours, mais elle avait vraiment envie de vomir cette fois. Elle s’éloigna de la cabane pour soulager son haut-le-cœur, mais son estomac vide ne fit que se nouer en vain.

Les loups se rapprochèrent. Elle se redressa en entendant bouger sur la droite et croisa le regard doux d’une femme aux cheveux sombres.
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MessageSujet: Re: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:14

ALTAHIRE

Il lui souriait, encore et toujours. Il essuya les larmes qui coulaient de ses yeux du bout de ses pouces. Ses yeux noirs étaient plongés dans les vertes prairies qui le fixaient, elle pouvait y lire tout son amour et son acceptation. Il en était ainsi, peut-être qu’un homme comme lui, qui avait si souvent pris des vies, se devait de mourir tôt.

Leurs lèvres s’unirent, à lui faire perdre la respiration. Mais ce baiser était si fort, si bon et il l’attendait depuis si longtemps. Des semaines sans la toucher, sans entendre sa voix, sans se plonger dans ses yeux si limpides.

Lorsqu’elle inclina la tête, il se jeta presque sur elle, pour l’embrasser à nouveau. Ce geste, cette position qu’elle prenait, lui procurait toujours cette inextinguible envie de l’embrasser.
Lorsqu’il la lâcha, elle s’installa contre le mur, elle avait de suite compris sa demande.
Il se calla contre sa poitrine et se détendit complètement. Il se laissa aller à ce bonheur sans bornes. La respiration de a beag Ròs le berçait, ses bras autour de lui étaient comme un cocon. Il n’y avait nulle autre place où ce sentiment de béatitude, de bien-être total l’envahissait à ce point.
Il se remémora les nombreuses fois ou il s’était ainsi niché contre elle. Que ce soit lors d’épreuves douloureuses, ou au contraire lors de moment d’infinie tendresse !

Un sourire de contentement se grava sur son visage, il joignit ses mains aux siennes et se laissa sombrer doucement. Ses pouces caressaient distraitement les mains de sa Rose.

Il entendit à peine Adorabelle sortir. Il resserra ses mains autour de celle de a Cridhe, qu’elle sente qu’il n’y avait aucun problème.
La femme de Maelchon n’était plus, depuis bien longtemps, une prisonnière. Elle était libre comme l’air.

Dehors, les loups grognèrent un moment, cela ne pouvait être contre elle, en tout cas pas de Haschischin. La présence peut-être… il garda une oreille attentive sur l’extérieur.

Il redressa la tête et vint quérir un baiser, on aurait pu croire qu’il avait repris des couleurs, qu’il allait mieux. Si ce n’était ce sifflement lorsqu’il respirait et ces contractions qui touchaient l’ensemble de son corps lors de certains mouvements.
Mais qu’importe, il était bien là. Il songea, qu’il aimerait que son dernier souffle survienne dans cette même position. Là, contre elle.

Gu breath mo Cridhe… ach, tha thu an-seo leam, Mo ruin. dé'n toil-inntinn !
Je suis toujours aussi bien là, tu sais ? J’y passerais l’éternité…


La mort pouvait bien le cueillir maintenant, il était là où il voulait. Mais, il savait qu’il n’aurait pas cette « chance », car il supposait que pour elle cela serait affreux. À vrai dire, l’avenir le dirait. Il ne savait combien de temps il tiendrait encore. Une heure, un jour… deux semaines tout au plus…

Père… dépêche-toi…

Il s’assoupit…


_______________________________________________________________________

ENIMIA

La cavalière fantomatique avait filé vers les bois... Elle savait maintenant ce qui l'avait poussée à partir du Manoir, pour qui était ce pressentiment... Mais restait à voir si elle avait raison de sentir son coeur se serrer ainsi.

Aussi pâle que l'étalon était sombre, l'Enigme aux sourires filait vers son passé et son avenir sans même s'en rendre compte. Elle jeta un nouveau regard dans les airs mais ne revit pas l'oiseau... Qu'importe, maintenant elle avait une piste et elle ne la lâcherait pas. Elle s'en voulait, de quoi ? Elle n'en était pas certaine... Du temps qui avait passé pendant lequel elle avait fui, de ces moments où elle cherchait désespérément à rencontrer son espoir.

Une larme roule sur la joue d'albâtre et vient perler à son menton alors que son sourire se mue en inquiétude. Non, ce pressentiment n'est vraiment pas bon, trop sombre, trop prenant, trop présent...

Enfin elle voit le couvert du bois, enfin elle le gagne, harmonie de verts chauds et rassurants... L'odeur de la mousse lui rappelle des souvenirs enfouis, y être allongée alors que... Le soleil perce entre les feuilles qui la fait sortir de ses penses et revenir à la réalité. Comment le trouver ? Il ne sera pas sur les chemins, c'est certain... que faire ? Abandonner la monture ? Elle s'arrête alors sur le chemin, regarde autour d'elle, cherche un signe, guette un son... Mais rien, non rien... Elle ne sait pas pister, elle ne sait pas rechercher ainsi, il y avait toujours quelqu'un avec elle, pour chercher les traces...

Que faire ? Elle se sent perdue. Jamais encore elle n'avait été si loin et si proche de lui à la fois... sauf peut-être... oui sans doute dans la Maison des Bains de Béziers... Mais c'était différent alors...

Et cet indice qu'elle ne voit pas ! Comment faire ? Alors l'Enigme pousse un léger soupir qui finalement se mue en un cri de douleur, presque de rage de ne pouvoir rien faire...

aaaaaaaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH

Le cri, paradoxalement doux, se répercute sur chaque arbre de la forêt. Un instant, le silence se fait, un vrai silence... Plus un seul oiseau ne gazouille, aucun vent dans les feuilles, ... Le temps a suspendu son vol le temps qu'une réponse se fasse... Le voile se déchirera-t-il ?


______________________________________________________________________

MAELCHON

Le soleil de plomb dardait ses rayons, accablant de sa chaleur les deux cavaliers. Le couple allait bon train, ne s’accordant que peu de pauses. La femme cherchait sa jumelle et peut-être autre chose. L’homme, quant à lui, cherchait SA Belle, qui n’était autre que la même sœur.
Il avait lâché ce qui faisait de lui le Patron du Clan de la Main Noire, plus de bure, de gants et autres artifices. Il ne restait que l’homme… à la recherche de son amour… de ses amours…

Au fil des heures, Tueur suivait la piste de plus en plus facilement. Maelchon savait qu’ils étaient à pied tous les deux. Ils les rattrapaient et les auraient retrouvés dans quelque temps.
Ils passèrent Béziers à son grand soulagement, le loup gris ne se dirigea pas vers les portes.
Cela le rassura, de ne pas savoir SA Belle dans ce patelin et de ne pas avoir à y emmener Adielle. Quelqu’un aurait pu la reconnaître et ils auraient été dans l’obligation de l’éliminer.
Il ricana à cette pensée. Le ricanement, c’était l’une des seules choses qu’il avait en commun avec le Patron.

Ils approchaient de la forêt, à au moins trois lieues du village, il avait bien choisi. Peu de chance que l’on vienne les ennuyer. Tueur s’arrêta et changea de direction pour le nord-ouest.
Non, ce n’était pas possible, ils ne pouvaient être repartis. Il la sentait, tout proche, il en était plus que certain.
Mais le loup reprit le chemin de la forêt et s’y engouffra.
Le dévoreur de cœur sourit à la jumelle, il regarda le A à peine visible et pensa à son fidèle. Il espérait secrètement que cela ne se finisse pas dans le sang. Mais, s’il avait touché le moindre cheveu d’Adorabelle, il ne pourrait pas faire autrement et le détruirait lui et tous ceux qui lui sont chers.

Ils avançaient dans les sous-bois, les bienfaits des ombrages, la fraîcheur ambiante les soulageait de cette chaleur, elle semblait les laver.
Tueur s’arrêta subitement et à peine eut-il commencé à grogner qu’un cri se répercuta dans la forêt, faisant s’envoler avec fracas les deniers oiseaux qui n’avaient pas été effrayés par les cavaliers.
Le cri était féminin, pas un cri de peur ou de terreur, il ne les connaissait que trop bien. Il fit signe à Adielle et ils reprirent leur route, d’un claquement de langue, le loup se mit à la droite de son maître.

Et ils la virent, mais que faisait l’ancienne Tenebris ici ? Un sourire naquit sur le visage de Maelchon et il avança plus avant. Ses yeux azur percèrent la jeune femme au teint d’albâtre.

Et bien, Enimia… que fais-tu là… ? Toi aussi tu cherches… Altahire… ? Oui,… je me souviens maintenant, tu l’as connu ici… à Béziers, on me l’a rapporté… mais… comment se fait-il que tu sois là ?
Bah… qu’importe… et bien… viens avec nous… mon fidèle compagnon va nous mener à eux… lui…


Sans attendre de réponses, il reprit son chemin, imprimant une légère pression sur les flancs de sa monture. Ils avancèrent encore un moment, quand, au loin…
Les grognements de loups et les hennissements d'un cheval se firent entendre. D’un geste, il intima l’ordre de descendre des chevaux, il ne pensa même pas que l’une d’elles puisse désobéir, des années de pratique, sans les regarder, il avança en abandonnant Noires Pensées.
Dans un profond silence, il allait entre les arbres, jusqu’à ce qu’il voit :

Un cheval couvert d’écume dû à une folle course, même pas soigné, ni pansé. C’était honteux…
Deux loups, un noir immense, Haschischin, le gros mâle de son fidèle, progéniture de Tueur. Il lui avait offert il y a des années. Une petite louve grise, sûrement celle du lieutenant, elle était donc là.
Mais surtout, là devant lui, lui tournant le dos, et complètement libre… SA Belle…
Il avança comme dans un rêve, elle semblait regarder quelque chose ou parler avec quelqu’un :

Ma Belle… Adorable Belle…
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MessageSujet: Re: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:14

ENIMIA

Attentive dans le silence régnant autour d'elle, l'Enigme ne les avait pourtant pas entendu arriver. Elle sursauta donc en se rendant compte de la présence des deux cavaliers... Et fut encore plus surprise, elle qui en général ne l'était pas, lorque lui, la dardant d'un regard azur dont elle avait l'impression qu'il lirait dans les tréfonds de son âme et lui dit d'une voix grave et ô combien chaude :

Citation :
Et bien, Enimia… que fais-tu là… ? Toi aussi tu cherches… Altahire… ? Oui,… je me souviens maintenant, tu l’as connu ici… à Béziers, on me l’a rapporté… mais… comment se fait-il que tu sois là ?
Bah… qu’importe… et bien… viens avec nous… mon fidèle compagnon va nous mener à eux… lui…


Comment savait-il son prénom ? Comment savait-il ce qu'elle avait été ? Comment savait-il qu'elle Le cherchait ? Et enfin pourquoi ne s'attendait-il pas à la voir ici ?
Toutes ces questions fusèrent dans sa tête. Elle ne répondit pas et de toute façon il ne lui en laissa pas le temps. Ses questions à elle restèrent en son esprit. Elle les suivit alors, espérant le retrouver. Toutefois, elle ne fut étrangement pas étonnée par la présence d'un loup... un loup lui en rappelant étrangement un autre... Chevauchant à leurs cotés, elle se demandait si vraiment il état capable de percer à jour le moindre de ses secrets, de déchirer les voiles de son esprit.... Un homme étrange qui la troublait sans qu'elle sache si elle devait vraiment se méfier de lui, sans se rendre compte de sa nature, sans arriver à cerner ce qu'il était... et pourtant qu'elle ne craignait pas...

Quand l'homme troublant fit signe de descendre de cheval, elle descendit de cheval. Quand il avança précautionneusement, elle avança tout aussi précautionneusement. Quand il s'arrêta et fit signe de s'arrêter, elle arrêta sa marche... Elle le suivait, lui obéissait... Pourquoi ?

Un peu plus loin, ils les virent... Et elle, elle vit son frère loup... son sauveur... celui qui avait imprimé à son épaule une légère cicatrice... Elle s'avança alors, attacha très rapidement son cheval à un arbre et, sans peur, comme à son habitude, se précipita vers Haschischin en souriant. Ses bras l'entourèrent malgré la présence d'une femme qu'elle n'avait pas vu ou pas voulu voir et malgré la louve...

L'Enigme, visage enfoui dans la fourrure du loup, murmura :



    Haschischin


Le coeur battant, sortant presque e sa poitrine, les yeux emplis de larmes de joie mais aussi expression de ce pressentiment encore présent, elle n'osait pas encore entrer dans la cabane... Par envie de faire durer le moment ? Envie de ne pas savoir ? Même elle ne se comprenait pas... Il était là, non loin, à quelques mètres... Et elle, elle attendait...


_______________________________________________________________________

HASCHINSCHIN

L'immense loup se retourna, ses crocs se découvrirent et il avança lentement.

Que fais-tu là ? Laisse mon Maître ! Tu ne l'approcheras pas !

Il fixait l’homme de ses yeux jaunes, prenait garde à la femelle que le maître avait battue. Mais elle n’était pas un danger, il le sentait. Il resta vigilant, cet énorme loup gris l’intriguait et il y avait la femelle sans peur, celle des flammes, l’autre que le maître protégeait.

Elle se dirigea vers lui et le prit dans ses bras, il retrouva son odeur. Sans perdre de sa méfiance vis-à-vis des autres, il lécha abondamment le visage de la femelle. Le Maître n’aimait pas, mais il n’était pas là… alors, autant en profiter…

Tu as vu ? C’est ma femelle ! Elle sent bon ! Toi aussi, pas comme celle du Maître, mais j’aime ! Tu viens voir le Maître ? Il va pas bien !

L’immense loup noir, dont la gueule pourra broyer la nuque de la jeune femme au teint blafard, frotta sa tête contre sa poitrine. Il lécha encore un peu son visage et reporta son attention sur les nouveaux arrivants.

Hé ! T’approches pas non plus de la femelle que le Maître à emmenée !

Il grogna un peu plus et se posta devant la jumelle qui accompagnait l’assassin…
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MessageSujet: Re: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:15

EAU DOUCE


Eau douce avait attendu que le couple ait disparu dans la cabane pour s’approcher. Elle avait récupéré le cuir du cerf, mais n’avait finalement pas pu enterrer les viscères qui avaient déjà été dispersés par les carnivores et envahis par les insectes. C’était aussi bien, la Mère Terre savait répondre à ses propres besoins et nourrir ses enfants. Elle avait porté la peau à un tanneur et était revenue au matin. Elle était passée à l'auberge et, sans nouvelles de Maelchon, elle n’avait eu qu’une envie, se retrouver dans la forêt.

L’étrange couple l’intriguait et ses pas l’avaient encore menée jusqu’à la cabane isolée. Elle vit une femme arriver au galop, et le retour du loup noir.

Elle se trouva soudainement indiscrête, à espionner les gens ainsi, et elle allait quitter quand elle aperçut la femme rousse qui était arrivée en premier avec l’homme. Elle la regarda tenter en vain de rendre le contenu de son estomac et sourit quand elle tourna les yeux vers elle.

-L’éveil d’une nouvelle vie chamboule toujours un peu une femme… certaine plus que d’autres. Il faut manger dès le réveil, ça aide un peu.

L’étrangère posa sur elle un regard étonné, puis réalisa qu'elle savait. Un moment de flottement, la complicité de deux femmes…

Puis un mouvement dans les fourrés accompagna une voix masculine grave et chaude qu’Eau douce connaissait bien.

Citation :
“Ma Belle… Adorable Belle…”
Elle le vit avant de réaliser ce qu’il disait et, surtout, elle vit la femme devant elle faire brusquement volte-face. Et elle sut, dans l’instant, que c’était elle. Que c’était par elle que la leçon serait intense, authentique et… douloureuse. Mais que c’était aussi grâce à elle que le bonheur lui avait été donné. Elle était celle qui avait fait de Maelchon l’homme qu’il était, celle qui avait placé dans son cœur suffisamment d'amour pour qu’Eau douce n’ait pas hésité à le suivre depuis Rohan.

Elle leva les yeux vers lui mais ne dit rien. Elle hocha doucement la tête. Elle espérait qu’il pourait lire dans son regard qu'elle comprenait. Il était revenu. Elle savait déjà.


_______________________________________________________________________

ROSETENDRE


[Dans la cabane]

Son cœur se serrait douloureusement, pris dans l’étau du désespoir qui l’habitait maintenant. Elle s’accrochait a ses mains, qui entouraient les siennes, comme un naufrager s’accrochant a une bouée. Les larmes, qui semblait ne jamais vouloir se tarir coulait le long de ses joues et venait se perdre dans les cheveux de son amour.

Elle lui sourit tendrement quand il se retourna vers elle, Posant ses lèvres sur celle offerte de son amour, son amant, son confident et compagnon, les effleurant à peine, lui murmurant combien elle l’aimait et l’aimerait toujours. Elle caressa doucement ses lèvres des siennes frottant tendrement sa joue à la joue brûlante du mourant. Un moment d’une infinie tendresse ou plus rien n’existait, seulement eux et personne d’autre. Elle lui sourit amoureusement les yeux noyés de larmes qui dessinant des sillons sur ses joues poussiéreuses.

Citation :
Gu breath mo Cridhe… ach, tha thu an-seo leam, Mo ruin. dé'n toil-inntinn !
Je suis toujours aussi bien là, tu sais ? J’y passerais l’éternité…


Je t’y garderai pour l’éternité mo aingel ….gù brath. Je ne te quitte pas…

Resserrant son étreinte autour de lui, elle le sentit se détendre contre elle. Sa respiration toujours sifflante, mais tout de même rassurante se fit plus profonde. Doucement l’ex lieutenante le berça, serrer contre son cœur. Le regard fixant le néant, la joue appuyé sur son front, elle lui narra dans un murmure que seul lui pouvait entendre. L’histoire de leur vie et des moments de pur bonheur qu’il avait vécu. Elle lui parla de la cascade, leur endroit secret qui ne leur appartenait qu’à eux et à eux seuls. Des moments brûlant d’une intense passion qu’ils avaient eue et qu’ils auraient encore… Elle lui Nara ses souvenirs de leur rencontre, débutant par la première fois ou son regard sombre avait croisé l’émeraude de ses yeux. Ce soir à l’auberge de la belle étoile où leur destinée c’était lié…histoire qu’ils aimaient tout deux ce remémorer et qu’ils passaient des heures a se raconter inlassablement. Comme l’on raconterait, un comte de fée a un enfant. Le plus merveilleux des comtes. Il avait débuté par un affrontement pour se terminer dans une passion sans nom … mais s’était-il terminé un jour ? Non… il continuait, s’étoffant un peu plus chaque jour… Leurs amours étaient si puissants qu’elle avait cru qu’il les protégerait de tout, même de la mort. Prétentieux de penser être immortel… La réalité se rappelait cruellement à elle. L’issue de se combat contre le procureur de l’époque ne se serra pas avéré aussi heureuse. Il avait été en sursis durant plus d’un an, mais la mort réclamait aujourd'hui son dû…

Oh mo aingel comment pourrais-je respirer si ton odeur ne flotte plus dans l’air que je respire. À quoi servira mon cœur s’il ne peut plus t’aimer. À quoi serviront mes bras s’ils ne peuvent plus t’enlacer. Pourquoi voir si je ne puis te voir. Pourquoi sourire si ce n’est pour toi...

Un bruissement venant de l’extérieur la sortit un moment de sa torpeur. Des voix …grognement des loups… plusieurs personnes étaient là. Un bras enlaçant toujours Altahire le tenant étroitement contre elle, dans un reflex de protection. la militaire attrapa une des dagues qui étaient toujours à la ceinture de l’assassin et la tenant par la pointe comme il le lui avait montré. elle se tin prêt.. Prêt à défendre l’homme qu’elle aimait de toute menace éventuelle. Personne ne lui volerait ses derniers moments… Les yeux rivés sur la porte elle retint sa respiration et écouta ce qui se passait à l’extérieur…..


_______________________________________________________________________

ADIELLE


À l'extérieur


Adielle garda le silence tout aussi surprise de voir La blanche Enimia sur leur route. Que faisait elle si loin du clan ? Et surtout pourquoi cherchait elle Altahire. Cette frêle recrue du clan était un mystère, ne l’ayant entrevue qu’une fois ou deux dans les couloirs du manoir elle ne la connaissait pas, et pour l’heure son seul soucis était sa sœur et le bonheur de le revoir lui.

Le trio était reparti rapidement. Ils approchaient, elle le sentait au plus profond d’elle-même. Rien n’aurait pu tromper cette impression, elle était proche. Ce lien qui les unissait depuis toujours se faisait sentir les attirant immanquablement l’une vers l’autre la rapprochant du même coup du seul homme qui n’ait jamais fait battre son cœur.

Les souvenirs affluèrent et elle le revit son regard sombre derrière le loup qu’il était. Il avait perdu cette animosité qu’elle avait connue lors de leur première rencontre à Lodève. Son pouce caressa machinalement les cicatrices de ses paumes faisant naître un sourire tendre … le genre de sourire qu’elle n’avait eu que pour sa sœur, jusqu'à ce jour béni ou il s’était retrouvé…. La danse qui les avait transportés dans un endroit qu’elle ne soupçonnait pas. La peur qui s’était muée en confiance puis en amour… les accusations qui étaient devenues confidence. Les heures serrées l’un contre l’autre à se raconter leur vie.

Il lui avait dévoilé son passé, elle mit son âme a nue. Elle fut rêveuse quand il lui parla de son amour, de leur rencontre peu commune. Elle l’avait écouté, souriante, les yeux humides, enviant ce sentiment qu’elle avait cru ne jamais connaître. Mais pourtant … cette nuit-là, ils avaient tous deux oublié qui ils étaient et c’était donné l’un à l’autre dans une passion fusionnelle hors du commun…

Main dans la main, ils avaient pris la direction de la sortie, ils marchaient lentement, voulant retarder le moment fatidique ou la belle et la bête ne serraient plus.
Jusqu’au dernier instant, il avait tenu sa main dans la sienne puis s’était évanoui dans la nuit après avoir échangé un ultime baiser. Tendre intermède éphémère qui n’avait duré que le temps d’un bal, caché derrière un masque. Elle aurait voulu que ça ne finisse jamais, mais il était retourné auprès d’elle et elle était rentrée au clan… Jamais elle n’oublierait cette soirée ou un espoir était né. Cette soirée ou grâce à son ennemie elle avait découvert qui elle était réellement….

Elle se redressa sur sa monture quand ils arrivèrent aux abords d’une cabane, suivant le regard de Maelchon elle la vit… Adorablle était là avec une autre femme inconnue… mais elle allait bien. Un poids immense venait d’être retiré des épaules de la siamoise qui, dans un élan de joie, sauta à terre, elle contournant Maelcom et ignora totalement l’immense loup noir qui semblait surveiller sa sœur. Rien ne comptait, que le bonheur de la retrouver et l’envie de l’embrasser. Adielle déposa un doux baiser sur les lèvres d’Adorabelle et lui sourit lui disant à quel point elle était heureuse de la revoir. Puis, elle se retourna vers le patron qui ne l’était plus désormais :

Désolée… je ne peux plus attendre, je dois le voir….

Elle se surprit elle-même poussant l’audace jusqu'à lui taper un clin d’œil avant de se précipiter vers la cabane… il était là …elle le savait.. Pas seul certes, mais elle devait s’assurer qu’il allait bien, le revoir même qu’une seule fois.

Elle ralentit devant la porte et l’ouvrit avec précaution jetant un regard a l’intérieur avant d’entrer…

Dans la cabane


Bonjour… pas de panique… je veux juste parler à Altahire….

Elle se figea sur le pas de la porte. Elle ne s’attendait pas à ça. Son regard passant de l’assassin à la lieutenante qui le soutenait. Il avait le teint cireux et semblait inconscient, serré dans les bras de son aimé. Elle ravala difficilement les larmes qui lui brûlaient les yeux. Tentant de reprendre une voix calme malgré l’émotion qui lui serrait douloureusement la gorge.

Rose ? C’est toi j’imagine… baisse ton arme … je ne vous veux pas de mal … qu’est ce qu’il a ? Tu as besoin d’aide ???

Elle fit un pas dans sa direction hésitant sur l’attitude à adopté. Dans son regard on ne pouvait voir que douleur et inquiétude, aucune agressivité… Elle le fixa à celui de la lieutenante et attendit qu’elle abaisse son arme…


_______________________________________________________________________

ADORABELLE


À l'extérieur

Adorabelle s’était redressée, un peu honteuse d’apercevoir un témoin de son malaise, mais le regard de la femme et ses mots gentils la touchèrent profondément. Elle se surprit à penser à Adielle au contact de l'étrangère qui dégageait une énergie féminine qu’elle arrivait presque à toucher. Elle avait le sentiment de retrouver un peu de cette complicité qui lui manquait tant depuis qu’elle était séparée de sa jumelle.

Du mouvement derrière elle, une voix. Adorabelle pivota… cette voix chaude et grave qui la faisait succomber invariablement, cette voix qu’elle adorait autant qu'elle haïssait celle du patron quand Maelchon mettait cette chose métallique dans sa bouche. Et cette bure horrible qui le dissimilait à ses yeux même si elle sentait son regard sur elle comme une étreinte secrète. Comme elle détestait ce tissu rêche! Il la coupait de lui… et ces gants horribles et griffus qui l’empêchaient de sentir ses mains câlines quand ils se volaient ensemble quelques instants fugaces à l'abri du regard des membres du clan. Le manoir, si loin, si lugubre et imprégné de tant de violence… elle eut une pensée morose qui dessina une lueur de tristesse sur son visage, ce n’était pas un endroit pour mettre un enfant au monde. Mais elle y retournerait, elle irait où Maelchon irait, elle lui appartenait.

Il était là, à quelques pas, sans tous ces artifices qui faisaient de lui le patron qu’elle haïssait parce qu’il lui volait l’homme qu’elle aimait. Un bref instant, elle resta là, figée, les yeux plongés dans son regard bleu, les émotions à fleur de peau, l’esprit en déroute, une seconde où on se dit que le rêve trop merveilleux va sûrement prendre fin. Une seconde qui en contient des milliers tant le bonheur se concentre puis se dilate jusqu’à vouloir vous noyer le cœur et l’âme.

Ils étaient connectés par les yeux, soudés, sans même se toucher encore. Le plaisir intense, déjà, dans l’anticipation. Elle fit un pas en avant, mais le loup noir de l’assassin se glissa entre eux. Puis Adielle apparut et elle se retrouva dans l’instant enveloppée d’un cocon de tendresse.

Enfin! Tout allait bien, tout était d’une perfection inégalable : ceux qu’elle aimait étaient là. Puis sa jumelle disparut dans la cabane et Adorabelle regarda Maelchon…

…tant d’émotions débordantes... et aucun mot pour les dire.
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MessageSujet: Re: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:15

MAELCHON

Il ne l’avait pas vu, tout à la contemplation de SA Belle. Leurs yeux s’étaient accrochés et ne se quittaient plus. Adielle se jeta dans les bras de sa sœur et c’est à ce moment qu’il la vit, lorsqu’elle se redressa, dans son regard, toujours cet éclat si particulier. Elle ne le jugeait pas, ne le rejetait pas. Elle était si… Douce ! Tellement différente. Il lui sourit.

Il passait de Douce à SA Belle, dans ses yeux, un éclat de lumière. Elles étaient là toutes les deux. Il lui était impossible d’en rejeter une, il les perdrait toutes les deux s’il le fallait, mais jamais ne mentirait. Il aurait aimer les prévenir, autrement, mais c’était écrit.
Il les respectait trop, l’une comme l’autre, aucune n’était une passade. Ses sentiments étaient forts et inaltérables.
Mais comprendraient-elles ? Il avait rêvé de cette situation, elles étaient là toutes les deux. Mais il s’était mal fini…

Il posa à nouveau ses yeux sur Adorabelle, Haschischin tentait de l’empêcher de s’avancer, il songea à le pourfendre. Mais Enimia s’en occupait, peut-être le retiendrait-elle, sinon, tant pis pour lui. La jumelle entra dans la cabane :

MA Belle… je l’ai tué… il n’y a plus de Patron… juste moi… Je venais te chercher...
Mais…
Adorabelle… je te présente Eau Douce, je l’ai rencontré en Rohan…
Eau Douce… voici Adorabelle…
Je pourrais faire l’éloge de chacune d’entre vous… Mais est-ce nécessaire ?
Je pourrais m’excuser… mais de quoi ? De vous aimer ? Cela serait stupide et puéril.
Vous êtes là toutes les deux… libres… Ma Belle, il ne t’a rien fait, j’en suis plus qu’heureux. Douce… j’ai dit que je revenais… c’est fait…


Il les regarda, un sourire triste se dessina sur ses lèvres. Il commença à se retourner, mais s’arrêta :

Ma Belle… je te laisse Noires Pensées… il est à toi… il y a de quoi subvenir longtemps à tes besoins dans les fontes…
Je vous retrouve… pour vous perdre dans la seconde… ironie du sort…


Je vous aime… je ne vous oublierai jamais…

Il ne put leur dire adieu, il finit sa rotation et commença doucement à s’éloigner.
Tueur regarda Adorabelle, puis son maître et il le rattrapa rapidement.


_______________________________________________________________________

EAU DOUCE

Eau douce vit l’expression de Maelchon s’obscurcir à mesure qu’il parlait. Il avait passé outre le signe qu’elle lui avait fait, pourtant il avait compris : inutile de tout dire tout de suite, il avait du temps, elle comprenait. Mais il était sincère avant tout, quel qu’en soit le prix…

Elle sentit l’étonnement d’Adorabelle, puisque c’était ainsi qu’elle s’appelait. Elles se dévisagèrent un instant et Eau douce s’efforça de garder le même regard doux et complice que l’instant d’avant. Elle n’était pas une rivale, seulement une femme amoureuse d’un homme.

Maelchon se détourna et Eau douce sentit Adorabelle se figer, perdre le souffle. Déjà, le loup suivait son maître. Elle lui souffla :

-Va, tu l’aimes, je le sais, et il ne mérite pas de perdre ton amour… ni ton enfant de perdre son père…

_______________________________________________________________________

ADORABELLE

Adorabelle entendit sans trop comprendre ce que disait Maelchon. Les mots s’emmêlaient dans son esprit, mais le sentiment était clair. Il était malheureux, honnête et sincère, mais affreusement malheureux. Elle dévisagea l’autre femme, Eau douce, et ressentit une émotion intense, identique à la sienne : l’expression d’un sentiment puissant qui vous dépasse, le poids du destin qui n’en fait qu’à sa tête et vous oblige à vous dépasser ou à mourir.

Il n’y avait pourtant aucune rancœur dans le regard d’Eau douce, aucune animosité, seulement une étonnante tendresse à partager. Cette femme était étrange. Adorabelle aurait dû la détester, mais elle en était incapable…

Maelchon se détourna, il lui donnait son cheval, de l’argent? Son cœur cessa de battre et un étau terrible lui encercla la poitrine. Non!!! Adorabelle était tétanisée, incapable de prononcer un mot ni de faire un pas… Elle fixait son dos tandis qu’un gouffre s’ouvrait sous ses pieds…

…une légère pression sur son omoplate, des mots simples, mais si criants de vérité, l’incarnation de l’essentiel…

Adorabelle sortit de sa torpeur et s’élança vers Maelchon. Quand il referma les bras sur elle, elle eut la certitude que, quelles que soient les explications qui viendraient ensuite, tout irait bien : elle était au seul endroit au monde où elle avait besoin de se trouver.
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MessageSujet: Re: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:16

ALTAHIRE

Dans la cabane

Il s’était assoupi, trop bien dans ses bras. Il percevait les bruits ambiants, ses doigts caressaient les mains de Rose, sans même qu’il n’en soit conscient. Il souriait, elle était près de lui et ça seul comptait maintenant.

Bercé, il se laissait aller de plus en plus, souriant par moment à sa narration. Les images défilaient devant ses yeux. Que ses moments avaient été des plus agréables ! Attaquer Béziers avec les IT, avait vraiment été la plus judicieuse de toutes ses idées. Certes, cela n’avait pas été de tout repos, mais rien de bien dramatique comparé à ce bonheur sans nom.

Elle finit en une supplique amère, il allait lui répondre qu’elle devait continuer. Que sa fin n’était pas aussi dramatique. Elle lui avait donné ce qui lui permettait d’être autre chose qu’un assassin. Elle avait éclairé son coeur et son âme. Et il partait en paix.

Mais, à l’extérieur, il y avait des mouvements, des voix. Il était arrivé sûrement. Rose s’empara d’une des dagues d’Altahire. D’un geste discret, sans ouvrir les yeux, l’assassin descendit et referma sa main sa main libérée sur la garde de la deuxième lame. Juste au cas ou…

La porte s’ouvrit doucement, il ne l’avait pas beaucoup vu, mais il reconnaîtrait sa voix entre milles. Il serra la main de Rose, lui signifiant qu’il n’y avait rien à craindre. Il ouvrit les yeux et regarda Adielle en souriant :

Beannachd leibh tlàtha droch ! Tu l’as accompagné alors… bien…
Tu te souviens de ma Rose ?
Comment vas-tu ? Tu vois… moi… c’est pas la grande forme ! Mais, bon, on s’en remettra !

Il la regarda et sourit à nouveau.

Fais attention à toi… et n’oublie… pas… ce que tu es ! Pas ce que tu parais !

Mo Cridhe… on s’en va ? j’ai entendu des choses, tu dois vouloir… voire devoir y être…

_______________________________________________________________________

MAELCHON

A l'extèrieur

Il s’éloignait à pas lent, droit et fier malgré tout. Il ne se sentait pas coupable ni fautif, il les aimait, c’est tout.
Mais, par contre, il ne pouvait se résoudre à supplier ou quémander. Partir était la chose la plus simple, même s’il souffrait le martyr de perdre ainsi les deux seules personnes qui comptaient aujourd’hui pour lui.

Tueur, son fidèle compagnon le rejoint et se plaça à sa droite, comme à son habitude.

Un pas de course derrière lui, le fit se retourner, ses yeux s’éclairèrent alors que, contre toute attente, Adorabelle courait vers lui. Il l’accueillit et referma ses bras sur elle, ses lèvres la couvrirent de baisers. Il tourna sur lui-même à en perdre la tête, pour finir, il unit leur bouche en un baiser passionné
Il regarda ensuite Douce, son regard lui soufflait de partir avec sa Belle, mais… comment l’abandonner ?

Il soupira en se pelotonnant contre Adorabelle, il réfléchissait à l’attitude à avoir. Comment lui expliquer… ?


_______________________________________________________________________

ADORABELLE

Adorabelle était étourdie dans les bras de Maelchon qui la faisait tournoyer. En moins d’une minute, elle avait eu le cœur qui se dilatait de bonheur, la poitrine qui s’était refermée sur une souffrance atroce, puis mainteant sa bouche qui semblait vouloir l'avaler tout entière. Ils partiraient tous les deux, loin du clan, il avait tué le patron. Maintenant, elle devait lui dire pour le bébé…

Elle leva les yeux vers lui, mais il regardait Eau douce. Elle suivit son regard et reçut en plein cœur… toute la compassion que dégageait cette femme. C’était incompréhensible, elle n’avait jamais ressenti quelque chose de semblable, même avec sa jumelle siamoise. Sa sœur… elle ne pouvait pas partir sans la revoir. Elle se tourna vers Enimia :

Tu veux bien dire à Adielle, ma jumelle, que nous serons à l’auberge de Béziers cette nuit?

Elle regarda Maelchon qui hocha la tête à son initiative. Il semblait malheureux et tiraillé… elle lui souffla, inspirée par un ange, sûrement, le même qui avait dû inspirer Eau douce une seconde plus tôt :

Dis-lui de venir avec nous… tu as sûrement besoin de lui parler… et elle mérite d’entendre… ce que tu veux lui dire… Et moi… j’ai besoin de la connaître… pour comprendre…
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MessageSujet: Re: 2 - Loin dans la fôret...   Jeu 1 Sep - 11:16

ADIELLE

À l'intérieur

Son regard passait de la lieutenante à Altahire son cœur c’était arrêté de battre aux paroles qui venaient confirmer la crainte qui l’avait assailli en le voyant dans les bras de sa rose… Il allait mourir… Jamais plus elle ne le reverrait.

Son regard se fixa a celui de l’homme et elle lui rendit son sourire tristement. Elle n’avait plus rien à lui dire, son seul regard reflétait déjà la souffrance qui c’était emparée de son être.

Citation :
Fais attention à toi… et n’oublie… pas… ce que tu es ! Pas ce que tu parais !

Sa gorge ce noua et elle retint difficilement les larmes qui lui brûlaient les yeux.

Je n’oublie pas…. Adieu Altahire, et ….. Merci pour tout…. Je ne t’oublierai pas…

Elle ne put en dire plus long les émotions menait un combat violent en elle sans rien ajouté de plus elle tourna les talons et sorti de la cabane, laissant le couple a leur destinée...


À l’extérieur

Elle eut à peine le temps de voir sa sœur disparaître dans les sous-bois en compagnie de Maelchom et murmura plus pour elle-même.

Adorabelle !!!! soit heureuse ma chérie tu le mérites…même sans y être je serai toujours là pour toi.

Adossée au mur latéral de la cabane son regard croisa celui d’Énimia. La jumelle lui sourit, un sourire pâle, chargé d’une immense tristesse qu’elle sentait partagée. Elle se laissa glisser doucement le long de la paroi, jusqu'à toucher le sol. Les jambes repliées sur elle-même elle abaissa toute barrière qui avait fait d’elle cette tueuse impitoyable et sans cœur laissant libre cour a sa peine. De grosses larmes roulèrent sur ses joues. Les paroles du seul homme qui ne l’ait jamais vue autrement que ce qu’elle semblait ¸être raisonnait dans sa tête

Citation :
N’oublie pas ce que tu es !!!!
Non elle n’oublierait jamais qui elle était … elle l’avait découvert grâce à lui et pour lui elle ne l’oublierait pas. Elle sut à ce moment que sa vie allait changer que tout ne serait plus jamais pareil….

_______________________________________________________________________

ROSETENDRE

C’était elle … Adielle. Elle ne comprit pas vraiment ce qui avait pu se passer entre eux deux depuis la dernière fois qu’elle l’avait vue. Ce jour a Lodève ou il l’avait presque tué. Qu'est-ce qui avait bien pu opérer ce changement. Comment une femme pouvait-elle être triste de voir son bourreau mourir ? Multitude de questions se bousculait dans sa tête, des questions auxquelles elle ne voulait pas de réponse. Tout ce qui lui importait c’était d’être avec lui.
Citation :
Mo Cridhe… on s’en va ? j’ai entendu des choses, tu dois vouloir… voire devoir y être…
Elle croisa son regard le serrant un peu plus contre elle. Il avait raison on l’attendait en d’autres lieux, on avait besoin d’elle, mais rien n’était plus important a ce moment précis que lui… Qu’eux.

Mo aingel … tu es certain de pouvoir faire le voyage ?… Je t’aime tellement je ne veux que ce que tu veux

Se penchant au-dessus de lui, elle posa ses lèvres sur les siennes dans un tendre et doux baiser. Elle savait que quoiqu’elle dise quoi, qu’elle fasse il l’accompagnerait là ou on l’attendait. Elle se dégagea doucement et se leva le laissant adossé au mur de bois rêche de la cabane.

Je reviens tout de suis mon amour, repose-toi….

Il ne fallut pas de temps à la jeune militaire pour repérer la petite charrette qui semblait abandonnée aux abords de la cabane. Elle était vielle, mais encore solide, sans perdre de temps, le visage en larmes et les mains tremblantes, elle attela son étalon au véhicule de fortune. Étendit sa cape de voyage sue la paille qui en recouvrait le sol.

Précautionneusement, elle avait aidé Altahire à y prendre place avant d’y monter elle-même. D’une main elle tenait les guides de la monture et de l’autre elle le retenait contre elle, reprenant cette position qu’il affectionnait tan, serré contre son cœur. Jetant un dernier et bref regard au deux femmes qui était toujours là elle appela les loups qui prirent la suite du cortège qui s’ébranlait doucement reprenant la route de Montpellier.

Je t’aime mo aingel …ne me laisse pas… tien le coup…

Un fol espoir était né ils allaient vers la seule personne qui peu être pourrais quelques chose pour lui… sinon le guérir au moins saura t’il rendre les derniers moments plus doux, moins douloureux...
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