Le Clan de La Main Noire (Renaissance)

Repaire des membres du Clan de la Main Noire liés aux Royaumes Renaissants.
 
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 D'ombre et de lumière - Acte I - Scène I

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Hristo.Montoya
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Localisation : Carcassonne
Etat d'esprit : Nous irons tous au paradis...un titre obsédant
Désirs : Chuutt.....secret

MessageSujet: D'ombre et de lumière - Acte I - Scène I   Ven 19 Mai - 14:30

La pluie s’était mise à tomber peu après qu’il eut quitté Carcassonne. Une pluie forte et brève. Une pluie de printemps qui avait totalement détrempée son mantel de route et son chapeau à larges bords. La plume blanche qui trônait sur celui-ci pointait mollement son orgueil passé vers le sol. L’homme arrêta sa monture un instant et jeta un regard circulaire aux alentours. Il voulait s’assurer qu’il avait pris le bon chemin, qu’il n’y avait pas d’autres possibilités, pas de croisée de chemins. Le message qu’il avait reçu quelques jours auparavant ne donnait aucune précision exceptée « Demeure de Carcassonne, domaine situé au fin fond de la forêt ». 

C’est à Orthez que le mystérieux expéditeur l’avait trouvé. L’homme s’ennuyait ferme dans la ville du Béarn, cherchant en vain à briser son oisiveté par une quelconque affaire digne de son intérêt. Il s’était vite rendu compte que flouer au jeu les nobliaux du coin n’avait pas de saveur. Trop facile. Sans intérêt. Sans défi. Si le Béarn avait, il y a quelques années, été une place d’intrigues politiques, l’homme ne pouvait que constater qu’il n’y avait guère plus de pouvoir ici pour lequel cela valait la peine d’intriguer. Les béarnaises étaient certes jolies mais cela ne suffisait pas à faire disparaître la langueur qui s’était emparé de lui. Toute sa vie tournait autour de ce même problème. Issu de la petite noblesse catalane, il n’avait pas eu besoin de travailler pour subvenir à ses besoins. Son père ayant fait belle fortune, il avait de quoi transmettre à sa nombreuse descendance un pécule suffisant qui les mettrait à l’abri des hasards du destin… A l’abri si ses enfants ne dilapidaient pas leur héritage dans les jeux de hasard ou dans des affaires à la rentabilité douteuse. Pour lutter contre l’acédie, l’homme qui circulait ce jour dans les bois de Carcassonne s’était pris de passion pour la science. Il tuait le temps perdu en s’abreuvant des connaissances que recelaient les ouvrages de science : les mathématiques, les sciences de la nature, les sciences de la physique. De livre en livre, il avait fini par aboutir dans un domaine qui allait focaliser son attention et marquer sa vie au point de devenir l’un de ses centres d’intérêt de prédilection : les sciences de l’occulte, celles qui tentent d’expliquer ce qui ne s’explique pas, celles qui permettent d’accéder aux plus grands secrets de l’univers, celles qui sont donc également les plus aptes à percer les mystères de l’univers. Un défi de taille pour contre son oisiveté. Pour satisfaire sa curiosité, il avait parcouru l’Europe, trainant dans les bibliothèques les plus obscures. Il avait dû soudoyer quelques moines… ou…les faire chanter lorsqu’il connaissait certaines de leurs faiblesses… pour avoir accès aux trésors qu’il convoitait : les index. Les livres mis à l’index constituaient un mine de connaissance. L’église aristotélicienne en avait peur. Peur que, en s’appuyant sur ses ouvrages, un quidam puisse remettre en cause le dogme aristotélicien. Peur que ses arguments soient étayés, solides. Peur de la contagion des idées. Peur que leur vérité ne soit plus la vérité. Au lieu d’exploiter cette source infinie de connaissance, l’église avait volontairement choisie de la recouvrir d’un tas de feuilles mortes. C’était une hérésie aux yeux du castillan. Une infamie. On ne cachait pas la connaissance sous prétexte qu’elle ne plaidait pas notre cause. On devait chercher à la comprendre. On devait se remettre en cause si cela était nécessaire. 

Le message qu’il avait reçu à Orthez tombait à pic. Mieux, il l’intriguait à double raison. Il exacerbait sa curiosité, avivait son esprit. « …D’après une source sure, il semble que vous ayez un intérêt certain pour des lectures que l’église réprouve… ». Dans une région où l’attachement a l’aristotélisme était fort, le catalan avait pourtant adhéré aux idées de la réforme. Oh, ce n’était guère des raisons dogmatiques qui l’avait poussé à passer de l’autre côté mais cet « intérêt certain pour des lectures que l’église réprouve » : la remise en cause, l’envie de savoir, de découvrir la vérité… et l’accès plus facile à la connaissance.  Et puis, il y avait cette signature : « LMN ». Le catalan avait croisé beaucoup de personnes dans sa vie. Il avait fouillé sa mémoire. LMN ne lui disait rien. Aucune personne qui put avoir ces initiales. LMN…NML…MLN…  Enfin, Il avait bien rencontré une certaine « Louise-Marie de Nemours » mais cette dame en manque de passion amoureuse n’avait point, à sa connaissance, de demeure à Carcassonne. « J’ai en ma possession un ouvrage qui serait, je pense, susceptible de fortement vous intéresser ». Louise-Marie ne s’intéressait pas aux livres. Louise-Marie n’était guère douée au jeu de de l’intrigue. Alors…qui? LMN? Le Mystère Nébuleux ?

En face de lui, le chemin s’étendait au delà de sa vue. Il n’avait pas encore atteint le « fin fond de la forêt ». L’homme au mantel détrempé qui se passionnait pour des lectures que l’église réprouvait avait un nom. Il s’appelait Hristo Montoya.



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El_Capitano
Petit Sombre
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MessageSujet: Re: D'ombre et de lumière - Acte I - Scène I   Dim 30 Juil - 21:50

Il avait arrêté sa monture à la lisière de la forêt et avait démonté pour inspecter de plus près les traces fraiches qu’il suivait. Pas de doute, le catalan se dirigeait bien vers l’intérieur. L’homme, habillé de noir des pieds à la tête, leva le regard dans cette direction. Il n’avait aucune idée de ce que l’individu qu’il suivait venait faire ici mais il avait parié sur le fait que cela avait avoir avec l’affaire qui les concernait tous les deux. Un commanditaire? Un informateur? un acheteur? ou…l’endroit où il avait caché ce que lui et son patron convoitait. La dernière fois qu’il avait rencontré le catalan, c’était à Paris, lors d’un bal chez la Nemours. Cette fois-là, Montoya lui avait échappé de justesse. Aussi, cette fois, il devait prendre plus de précaution, éviter la confrontation frontale et faire preuve de patience.

 
L’italien, car c’en était un, remonta sur sa monture. et s’enfonça à son tour dans la forêt. Il lui fallait en savoir plus. Quelques instants plus tard, il arriva devant la grille d’entrée du manoir et une fois encore, les traces de sabots confirmèrent que le Montoya venait de passer la grille. Au loin, il distingua le manoir perdu au fond de la forêt. L’italien n’avait aucune idée du propriétaire des lieux mais il savait qui pourrait le renseigner. N’ayant aucune idée du risque qu’il encourrait en pénétrant dans cette propriété, il fit demi-tour. Il en savait assez pour le moment. Il fit faire demi-tour à son cheval et reprit la route de Carcassonne. Désormais, il devait trouver qui habitait dans cette demeure. 
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