Le Clan de La Main Noire (Renaissance)

Repaire des membres du Clan de la Main Noire liés aux Royaumes Renaissants.
 
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 Un Manoir au loin dans la foret

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La Main Noire
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MessageSujet: Un Manoir au loin dans la foret   Mer 24 Aoû - 13:36

LE NARRATEUR DU CLAN

Note préliminaire

Historiquement, le Manoir du Clan de la Main Noire est situé dans la forêt impénétrable non loin de Carcassonne. La route pour y accéder n’est connue que par ses membres. Or survient un événement inattendu qui rend le Manoir repérable de loin. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il en devient facilement accessible ni que toute personne qui s’en approchera sera la bienvenue. D’autant que des loups semi domestiqués rodent dans l’enceinte et que certaines de ces charmantes bestioles ont trouvé une faille dans le mur d’enceinte et peuvent partir en goguette sans crier gare.

Mais revenons un peu sur le Clan lui-même. Constitué de brigand sans loi et encore moins de foi, il est dirigé par un psychopathe, inquisiteur défroqué qui se fait appeler Maître et auxquels les membres vouent une obéissance absolue. Ceux qui ont eu la mauvaise idée de lui tenir tête ne sont plus là pour le raconter ou alors très faiblement, leur voix couverte par les couinements des rats qui peuplent les geôles du Manoir.

Les membres du Clan de la Main Noire sont des PNJ, donc ne plongez pas dans le lavabo la tête la première, gardez vos souris éloignées des boutons « défendre le pouvoir » ou « mettre en procès », leur raison d’être est RP et uniquement RP. Enfin normalement…

Le Clan, a fait parler de lui essentiellement dans le Languedoc il y a quelque temps. Vous pourrez vous faire une idée de ses hauts faits en en lisant la narration dans la bibliothèque du Manoir qui est ouverte à tous, en ce qui concerne les missions à l’extérieur du Manoir.

Le RP qui va suivre est ouvert à presque tous. En effet nous demandons la plus grande cohérence dans les actions de vos personnages, les super héros, sorciers et autres seront reconduit vers bisounoursland avec l’aide des censeurs de ce forum. Il est également demandé d’accorder un soin particulier à la rédaction, un minimum de 5 lignes est demandé, suffit d’un peu de description de ce que voit votre perso, quelques pensées éventuelles et bien sur de la parole, histoire que les autres personnages puissent réagir si nécessaire) et à l’orthographe. Point d’élitisme dans tout ca, juste l’envie du beau, du cohérent, de l’amusant. En cas de doute, n’hésitez pas à contacter l’un ou l’autre protagoniste de ce rp.

Et comme dirait l’autre, maintenant que vogue le RP

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CHAOS

Il a froid, il a chaud, il est ankylosé… Sa couche est anormalement inconfortable, ses paupières collent, sa capuche lui couvre le visage…
Etrange sentiment que ce réveil endolori. Sans ouvrir les yeux, mais tous les autres sens en éveil, le Maître tente de cerner la situation qui de toute évidence lui a échappé. Lors de sa ronde vespérale, le Manoir était endormi, calme, étrangement calme. Même les geoles étaient demeurées silencieuses. Il s’était promis de descendre voir le lendemain si les deux prisonniers restant étaient toujours en vie. Il avait toujours ce grand projet à mener et qui trainait trop, beaucoup trop…

Une odeur acre lui agressait l’odorat, des crépitements sourds et une lumière dansant à travers ses paupières lui permirent de peu à peu mieux comprendre ce qui se passait. Au moins partiellement. Le Feu, tendre allié des maints interrogatoires qu’il avait pu mener avant sa rencontre avec le Fondateur, ce Feu semblait s’être retourné contre lui.

Quelques bruits de pas précipités, mais pas un cri, pas un cri humain. Non loin de là les loups jappaient de manière inquiétante témoignant par là même d’une grande agitation, d’une sourde angoisse animale.

Une autre évidence apparut rapidement à Chaos, il n’y avait pas de combat en cours, ils n’avaient donc pas subi d’attaque, comment aurait-il pu en être autrement d’ailleurs. Le Manoir était soigneusement caché dans la forêt, et bien peu connaissait le chemin tortueux et semé d’embûches qui y menait.

Le Maître, totalement conscient désormais se releva en grimaçant et resta assis, ouvrant lentement les paupières, s’étant assuré que personne ne pourrait voir son visage.

Un bruit terrifiant le hérissa et un milliard de pensées s’entrechoquèrent dans son esprit torve. La toiture, de laquelle jaillissaient des flammes sans fin venait de s’écrouler, anéantissant en un instant le deuxième étage du majestueux édifice.

Ses appartements…son Trésor… Infa…

Tout se bousculait à une vitesse effreinée. Déstabilisé, il ne cernait plus les priorités, même les loups semblaient sortis de ses pensées, au péril peut être de sa vie.

Le vent violent qui attisait encore plus le sinistre, dissipa l’espace d’un instant l’épaisse fumée qui obstruait la vue de la porte d’entrée. Il était impossible, tout simplement inconcevable qu’il soit l’unique survivant. Il en tenait pour preuve le simple fait d’être sorti de l’inconscience à même le sol rocailleux de la Cour d’honneur.

Il se leva en titubant, ajusta sa capuche et se dirigea vers l’entrée principale du bâtiment. Il devait savoir…

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CELLENE

La chaleur fut grande et engloba le manoir, le feu s’embrasa, la fumée s’échappa des fenêtres. Une pièce a prit feu, comment ? Accidentel ? Volontaire ? Le feu mordilla le bois, les tapisseries, les meubles, les lits, très vite une deuxième pièce fut emportée par les flammes, puis une troisième, puis une quatrième. Les flammes eurent faim, elles se nourrissaient de tout ce qu’elle pouvait trouver, même des corps humains… Un feu amenait toujours des cris, des larmes, mais là, le Manoir était calme, presque silencieux… Trop silencieux… Qui vivaient encore là ? Qui était encore présents ? Le maître le savait peut être…

Un réveil en sursaut… Les joues rouges, les perles de sueurs glissèrent sur son front. Il faisait chaud, si chaud. Combien de temps dormait-elle ? Elle posa ses pieds sur le sol bouillant de sa chambre. Sa chambre ? Comment était-elle arrivée jusqu’ici ? Trop de questions à la fois, trop d’incertitude. Elle se leva, mais sa jambe lui fit mal. Une douleur tira sa cuisse et la fit crier, puis la fit retomber sur le bord de son lit, une main fut déposée sur ce qui semblait être une plaie plus ou moins profonde. Elle releva sa jupe et put voir un bandage tacheté de sang. Blessée ? Mais pourquoi ? Elle devait changer de vêtement et vite, elle avait besoin d’air. Mais pourquoi donc étouffe-t-elle d’un coup ? L’Azurée se leva à nouveau en boitant et en serrant les dents. Elle prit son pantalon de cuir, puis avec du mal, elle enleva sa jupe. Elle serra le bandage, bien que le sang était séché depuis longtemps. Elle s’assit sur une chaise près de l’armoire et enfila son pantalon. Lorsqu’elle se leva et referma son vêtement, elle put voir de la fumée s’échapper de dessus sa porte. Elle fronça les sourcils.


C’est quoi c’te fumée encore !!

Elle sursauta légèrement à sa propre voix, elle était différente, étouffée. Sa gorge commençait à lui brûler fortement, alors qu’elle s’avança vers le lit ou elle prit son épée et sa cape qu’elle enfila rapidement. Il devait faire froid dehors, peut être ou pas ? Elle ne savait même plus quand elle était sortit pour la dernière fois, ni même pourquoi sa cuisse était blessée. Elle ne s’en souvenait plus, elle ne comprenait plus. Une fois presque prête, elle prit ses dagues qu’elle cacha sur elle, comme à son habitude. Lentement, elle s’avança vers la porte et la toucha. Elle était chaude, brûlante presque, elle n’arrivait même pas à garder sa main placée dessus s’en était à la limite de l’insupportable. Pourtant, elle ouvrit la porte et là…

Chaleur, feu, luminosité extrême. Ses yeux se fermèrent, ils étaient habitués à la pénombre. Cellene tenta d’ouvrir les yeux, mais elle n’y arriva pas. Elle glissa son bras au niveau de son visage. Le feu, le feu s’était déclaré au manoir. Vite… il fallait sortir, mais comment ? Elle tourna la tête vers la fenêtre. Sauter ? Non ! Trop haut… Tenter de passer outre les flammes ? Possible. Une idée lui vint. Elle boita jusque vers le lit et pris la première couverture qu’elle trouva, puis elle avança jusqu’à la salle d’eau ou elle plongea sa couverture dans la baignoire pleine d’eau. Elle était chaude, presque brûlante, le feu devait être présent depuis un moment. Elle prit la couverture et la plaça sur sa tête, dès qu’elle fut près de sa porte. Elle devait sortir de là et rapidement. Même si elle était seule ? Possible. En s’engageant dans le couloir, elle se retourna et vit que le feu s’approchait d’elle, mais que devant elle, il n’y avait que de la fumée. Ce serait donc par là, qu’elle pourrait essayer de sauver sa vie. Elle tenta de frapper sur les portes qui se trouvaient sur son chemin. On ne savait jamais, peut être que quelqu’un était encore dans le manoir.

Personne ne semblait répondre, ou peut être qu’elle n’entendait pas les portes s’ouvrir. Le feu faisait un bruit désagréable, plusieurs pièces semblaient même s’effondrer, pourtant, elle songea qu’elle avait des amis ici, surtout un… Ou était Seamus ? Que faisait-il au juste ? Il fallait peut être qu’elle le cherche ? Ou peut être qu’il était déjà dehors ? Elle devait en avoir le cœur net…

Elle continua d’avancer, lentement, la fumée prenait sa gorge, ses poumons. Elle commença a toussoter, pourtant elle devait sortir de là rapidement. Enfin, elle voyait les escaliers, qu’elle prit. Seul endroit, il y avait pas beaucoup de fumée, pourtant elle ne voyait rien d’autre tout le long de sa descente. Ce fut si long, qu’elle eut l’impression de descendre aux enfers, pourtant elle arriva dans le hall, ou elle vit des ombres, deux, trois, quatre ? Sa vue lui faisait à nouveau des misères ? Elle délirait à nouveau ? Ses yeux azurs n’arrivaient pas à distingués ce qu’il se passait devant elle.

Ses jambes ne pouvaient plus avancer, elle toussait de plus en plus, ses yeux la brûlait. Mais elle se sentit soulevée à son côté droit, puis tirée… ou ? dehors? la lumière lui brûla la rétine, elle dut fermé les yeux et se laisser emporter…


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LORELEI

Comme souvent depuis que l’été avait fait son apparition, Loreleï venait le soir dans le chenil des loups, sa relation avec eux s’était amélioré au fil du temps et rester en leur compagnie lui procurait un plaisir que peu d’humains serait capable de comprendre en ce bas monde.[/font]
[font=Calibri]Après avoir joué avec les derniers nés du printemps, elle les avait pris contre elle et s’était installé sur une paillasse propre et la fraicheur de la nuit l’avait emporté dans les méandres de ces rêves quand elle se sentit réveillé par des coups de langues de louveteaux sur la joue et le nez.

Agacée, elle se redressa sur elle-même et vit que seuls les louveteaux se tenaient sous l’abri fabriqué un peu plus tôt dans l’année. Une certaine agitation l’emporta, en été, aucun loup ne se sauvaient, elle se posait la question quand une douce odeur de feu lui pris les narines.Les premières secondes lui apportèrent une satisfaction intérieure de cette odeur quand les loups se mirent à hurler à la mort. Elle se leva alors prestement et se dirigea à pas rapide vers la meute qui s’énervait en direction du Manoir.

Très rapidement, le visage de Loreleï se tourna et une épaisse fumée contra l’apaisante, sans savoir comment, elle crut comprendre.


« -Non non non non non non non non non non non non NON NON NON NON NON NOOOOOOONNNNN »

En prononçant ce même mot, elle s’était ruée vers la porte du chenil, l’ouvrant avec difficulté et la tira derrière elle, ne voulant pas perdre ses loups dans la panique.
Elle commença à courir en direction du manoir, trébuchant, tombant, se relevant sans cesse et en hurlant des non à tue tête.
Pas encore…
Elle arracha les pans de sa jupe à l’aide de sa dague qui ne la quittait jamais, appelant ceux qui vivaient à ses cotes dans le manoir :


« -Cellene ! Seamus ! Meli ! Chaos….Non…Pas encore ! NOOOONNNNN »

Pas d’eau à portée de mains, il fallait qu’elle entre…
Elle se remit à courir en direction des portes quand une silhouette se profila face à elle, une bure…
Cette bure…
Son Maître…
Il était vivant ! Donc cela signifiait que les autres l’étaient aussi !
Elle se rapprocha de lui, le regarda


« -Maître ?!? Vous vous sentez bien ? »

Sans chercher à comprendre, elle siffla, elle savait que la meute avait gardé sa petite sortie si souvent rebouché par des amas de terre, mais sortait toujours par le même endroit, et rentrait lorsqu’ils en avaient envie. Son sifflement ferait venir les loups, elle leur hurla :

« - Emmenez-le loin d’ici ! »

Elle ne savait pas si l’ordre serait comprit en voyant apparaître les loups, mais elle en avait cure, elle se tourna vers le Maître qui titubait trop pour rentrer de nouveau dans le Manoir

« -Partez, allez vous mettre à l’abri… »

En se retournant face aux portes, elle donna un coup de pied violent, elle poussa l’une des portes et l’horreur lui fit face, une fumée aussi épaisse que l’entrée de l’enfer l’accueillait, elle se mit à tousser, manquant d’air tout à coup, surprise par cette épaisse fumée. Elle mit l’un de ces pans de robes déchiré sur son visage, la couleur rougeoyante des flammes se trouvant pas très loin, et s’avança dans son antre.

Les quintes de toux se tenaient aussi rapproché qu’une respiration normale, ses yeux pleuraient, la piquait, la brulait quand elle aperçut une silhouette ou peut-être était-ce un semblant de silhouette, instinctivement, elle se rapprocha tout de même de ce qu’elle pensait être une silhouette.
En s’approchant de la silhouette, elle sourit


« -Papa, papa aides moi…papa j’ai peur… »

Le passé et le présent se mélangeaient dans son esprit, son père était mort des années auparavant, ainsi que tout le reste de sa famille dans le feu de leur Manoir…Son esprit troublé ne savait plus à quel moment de sa vie elle se trouvait...
Sa main toucha un bras, ses yeux la brûlaient tellement qu’elle ne vit pas qui c’était mais en voyant que la personne s’affaissait, se trouvant certainement à genoux, Loreleï n’arrivait pas à décerner sa position, elle la soutint alors et essaya de la porter.


« -Non, je n’y arriverais pas, continue, poursuis, on est presque dehors… »

La personne que Loreleï avait à ses cotés ne pouvait plus lutter, elle prit sur elle de la traîner dehors comme elle le pouvait, à reculons, en toussant, pleurant forçant son esprit à poursuivre.
Ses pas la menèrent lentement hors des murs du Manoir, ou enfin un peu d’air se fit sentir, il fallait qu’elle l’éloigne, pas de beaucoup, juste de quelques pas…

Ses poumons se mirent à siffler quand ils entrèrent en contact avec l’air respirable, ils la brulaient et essayaient d’évacuer cette fumée qui s’était immiscé en elle avec volupté, elle posa le corps qu’elle avait traîné et vit des cheveux qu’elle reconnaissait…Cellene…Loreleï la mit sur le dos et essaya de voir si elle respirait.
Un des loups se dirigea vers elle et attrapa son bras, voulant la tirer loin de cet enfer mais Loreleï s’arracha à lui avec violence, il s’assit alors et la regarda


« -Restes... ici avec elle,..... surveille là ! »

Elle se rendit compte que son ordre était d’un ridicule affreux mais elle se releva et chercha du regard le Maître, elle ne savait pas ou il était…
Son regard se tourna alors vers le manoir, les autres, il fallait qu’elle y retourne, se reprenant, elle prit un autre bout de pans de sa robe et le plaqua sur son visage, se dirigea de nouveau vers le Manoir ou la fumée sortait et ou les flammes venait lécher les fondations, en rentrant de nouveau dans cet enfer, et sous son masque improvisé, elle hurla en regardant le Ciel

« - Tu ne les aura pas eux ! Tu m’as déjà volé ! Je ne te laisserais pas faire ! »

La voix était rauque, abîmé par la fumée, la douleur intérieur était au maximum, tout la brulait, elle toussait sans arrêt et sur ces derniers mots, elle entra de nouveau dans son antre…

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ARISTIDE

Aristide, servant de Majda, portait la livrée de Couffoulens. Sa maîtresse lui avait bien dit de ne jamais sous aucun prétexte fallacieux aller dans une certaine partie de la forêt de Carcassonne. Les premières fois qu'il avait chercher à comprendre, il avait reçu des coups de pieds dans le fondement et l'ordre d'aller voir à Montpellier si sa jeune maîtresse y était. Il y était donc allé mais ne l'avait pas trouvée, et était revenu prévenir icelle à Exat où elle demeurait avec ses parents. Il n'avait pas compris pourquoi Majda avait alors levé les yeux au ciel, demandant quelque chose comme :

Mais que vous ai-je fait Aristote ?

Qu'il l'admirait sa maîtresse ! Elle était un peu étrange, et trop foncée de peau, mais elle n'arrêtait pas de courir dans tous les sens, et il trouvait ça drôle. Majda lui avait alors comté une histoire des plus étranges, à vous donner des frissons dans le dos et vous empêcher de dormir pendant des semaines. Comment pouvait-elle cotoyer des gens si méchants, et continuer à sourire ? Les yeux posés sur Majda, il la dévorait du regard. Elle ne le regardait qu'à peine lorsqu'il montait l'eau de son bain. Mais lui ! Ah s'il était plus riche ...

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MAJDA EULALIE

Aristide l'embêtait encore une fois à demander pourquoi la forêt de Carcassonne, était si dense à un endroit, et pourquoi il n'avait pas le droit d'y aller. Elle avait remarqué que depuis quelques temps, il la regardait étrangement, et donc avait embauché une chambrière.

Elle plante son regard de jade dans celui de son serviteur.

Aristide, je t'ai dit "non", et ce à moults reprises. Dans cette forêt, il existe un manoir. J'ai reçu lorsque j'étais maire, la visite du... de ...

Elle cherche ses mots, sachant que le pauvre naïf tomberait raide de trouille s'il savait la moitié de ce qu'elle sait.

de leur seigneur. Je t'interdis d'aller dans cette partie de la forêt, ce n'est pas un ordre compliqué ça ! J'ai passé un accord oral : il laisse Carcassonne tranquille, si on le laisse tranquille. A chacun ses terres, et tout ira bien.

Tu m'as bien comprise ? Interdiction formelle de s'approcher du Manoir de la Forêt !


Et défection ! Elle en avait trop dit, parler du manoir, c'est attiser la curiosité de son serviteur. Elle se souvient de ce court entretien qu'elle avait eu. Elle était jeune maire, et y avait songer longtemps. En parler à l'Ost ? A ses parents ? Faire raser ce manoir où devait régner une sale engeance de brigands et de filles de joie ?

Se levant, elle s'approche de la fenêtre de son bureau, et remarque une étrange fumée au loin. Elle esquisse un sourire. Cette fumée provient du manoir. Serait-ce la fin de cette saleté ? Les filles de joie pourraient augmenter les effectifs du futur bordel de Carcassonne dont Donà Mamba allait être la taulière, et les brigands permettraient d'avoir enfin un peu de spectacles s'ils entraient en ville. Ils n'ont pas le droit d'y venir. C'est l'accord passé, il y a longtemps entre elle et ce goujat dont elle n'avait même pas pu voir le visage. Elle avait compris qu'elle avait de la chance d'être encore en vie, mais allait tout faire pour que l'accord soit respecté.

Les geôles d'Exat n'avaient pas servi depuis longtemps. Celles du Comté étaient pleines. Si elle en voyait dans l'enceinte de la cité, elle les ferait ferrer et transférer à Exat. Une petite pendaison, ou mieux une éviscération ? Quoique l'écartèlement aussi, ce n'était pas si mal... Un sourire en coin à l'idée de réjouissances et de spectacle pour les habitants de Carcassonne.

Elle retourne travailler, non sans demander à Aristide :


Ouvre la fenêtre, l'été rend ce bureau telle une fournaise. Et j'ai l'impression qu'un incendie s'est déclaré dans la forêt. Va prévenir mon Père. Il est loin pour le moment, mais il ne faudrait pas que la ville brûle.

Se saisissant d'un parchemin, sans accorder un regard de plus à Aristide, elle se remet au travail.
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ARISTIDE


Il écoute les explications et hoche la tête. Oh oui, il y avait un manoir, et un beau ! Il s'était égaré la veille en allant porter une missive, et avait aperçu de la lumière. Lorsqu'il s'était approché, il avait entendu des cris, des hurlements et toutes sortes de choses propres à vous glacer le sang.

Oui, Damoiselle Majda.

Ce n'est pas le moment de lui dire qu'il a du faire un feu, et passer la nuit près de cet endroit qui doit appartenir au Sans-Nom... Elle a l'air plutôt énervée la jeune maure ce matin. 

Il s'approche de la fenêtre pour l'ouvrir et écarquille les yeux. Ce serait pas son feu quand même ? Bon, il n'avait plus d'eau et s'était contenté d'uriner dessus pour essayer de l'éteindre, mais des braises auraient-elles pu faire ça ? Il sursaute en entendant qu'il doit en plus aller prévenir le baron  !

Arf, ça va mal et ça dure là ! Il risque sa place au bas-mot. La tête basse, rentrée dans les épaules, il sort en fermant la porte doucement, après avoir acquiescé en direction de la Dame de Confolenç, et s'approche après un frisson du bureau du Baron de Portes. Il frappe alors à la porte du terrible maure, en tremblant, livide, toujours aussi impressionné alors que sa jeune maîtresse n'arrête pas de lui dire que le baron n'est pas méchant. Sans doute la carrure, à moins que ce ne soit la couleur de peau, ou sa voix qu'on entend jusqu'à l'autre bout du royaume ? Qui sait...


Senher Bar ? C'est Aristide. Votre fille m'envoie vous porter quelques nouvelles.
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VERSUS

Un mal de tête, une odeur nauséabonde lui chatouilla les narines, il était entrain de dormir mais bizarrement sa couche était plus dur qu’à l’accoutumée. Le silence qui régnait à son habitude n’était plus là. Les yeux s’ouvrirent, la lumière fut désagréable, les prunelles mirent du temps à s’habituer. La tête se redressa lentement, suivie de corps tout en entier. Il se trouva assis, dans l’herbe… Dans l’herbe ? Ses yeux flamboyants restèrent accrochés à la nappe verte du sol. Un haussement de sourcil d’incompréhension, le soir couché dans un lit, le matin réveillé dans l’herbe. Un épisode manqué pour le Ténèbre.

Un grand vacarme surgit, les yeux de Versus se levèrent. Le Manoir était en feu et la toiture s’effondra, très vite, il comprit ce qu’il s’était passé. Pourquoi il était dehors et non dans sa chambre. Mais qui avait bien pu le faire sortir de là ? Il regarda autour de lui, qui était donc présent ? Il avait beaucoup de peine à le voir, la fumée avait englobé une bonne partie de la cour d’honneur.

Il se redressa d’un coup et se mit sur ses pieds. Il fallait peut être aidé à sortir les gens de là ? Quoi que… il ne les connaissait pas, pourquoi ferait-il un élan de gentillesse ? Le Ténèbre secoua la tête de chaque côté, il ne perdait pas grand-chose. Pourtant, il leva rapidement la main pour toucher son dos. Il soupira de soulagement, sa lame était là, tout contre lui. Son mantel aussi, faut dire qu’il s’était endormit tout habillé, quel chance, ou un pressentiment… Une pensée lui vint d’un coup, pour la petite peste. Il secoua la tête, il ne devait pas s’amouraché d’une saleté pareil. Quelle tronche elle pouvait avoir, il avait déjà eu le cœur serré quand il avait entrevue sa Perle. Au  moins, il la savait en vie et espérait brusquement, qu’elle ne se trouvait pas au Manoir pendant l’incendie.

Il vit une ombre sortir du Manoir, près du Hall. Non… deux ombres, l’une d’elle portait une couverture sur la tête, l’autre semblait la soutenir. Ses yeux flamboyants furent mis à rude épreuve, il essaya de trouver âme qui vive près de l’entrée du Manoir. Une ombre un peu plus grosse se dessina au loin, il put deviner le Maître. Le tortueux était donc encore en vie. Versus s’avança et se surpris à avoir de la peine à marcher droit. Il s’approcha de Chaos, alors que la fumée devenait de plus en plus dense. Il songea d’un coup, qu’un manoir caché dans la forêt et en feu, n’était plus une cachette sûre. Il allait falloir rassembler les personnes vivantes et vite se tirer… A peine avait-il eu une seconde d'inattention que le Maître avait disparu! Peut être était-il rentré dans le brasier.

Versus s’approcha de la porte d’entrée, lentement et plissa les yeux. Il vit Loreleï y entrer, il tourna la tête sur le côté pour voir un corps gisant au sol, un loup près de lui, en s’en approchant il reconnut l’Azurée qui semblait reprendre petit à petit ses esprits. Un soupire, puis un deuxième, qu’allait-il faire au juste ? Rester planté là, ou y aller. Après tout, la jeune femme qui s’occupait à merveille des loups, y était. Que cela ne tienne !! Versus avança d’un pas rapide, passa les lourdes en porte et vit à la rencontre de Loreleï en plaçant un bras sur son nez, qu’il ôta pour la éler.

Loreleï !! Attend !! Séparons-nous… reste en bas, je monte voir s’il y a du monde en haut !

Elle n’avait que quelques pièces à faire, lui plusieurs… Mais il verrait au moment ou il serait en haut l’étendu des dégâts, mais peut être qu’il ne serait pas utile de faire toutes les pièces. Dans la fumée si épaisse, il lui sembla voir une ombre venant des escaliers, mais sans doute que le feu lui jouait des tours. Versus ne put s’empêcher de tousser, la chaleur du Manoir était presque insupportable, il n’attendit pas l’accord de la jeune femme et s’avança droit devant lui, tentant de chercher les escaliers menant à l’étage…

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CELLENE

Une béquille humaine l’amena dehors, cette fois-ci l’Azurée en était certaine, même si l’odeur de la fumée lui prenait à la gorge, elle pouvait sentir l’odeur que la personne qui la tenait émanait. Elle était certaine à la taille que ce n’était pas Seamus, ni même un homme… mais bien une femme. Etait-ce vraiment important ? Sans doute oui… Cellene ne savait pas qui était dehors, qui était encore en vie. La lumière du jour ne pouvait que lui faire du mal, elle ne pouvait pas ouvrir les yeux. Elle ne pouvait que se laisser aller, se laisser emporter en dehors de cet enfer. Enfer était le mot juste, Cellene ne savait même pas si elle était encore en vie, ou si elle était morte. Peut être avait-elle atteint les enfers ? C’était la seule chose qu’elle méritait de récolté… l’enfer…

Mais ce n’était pas possible, car personne ne l’aurait aidé, si elle était vraiment au plus profond des entrailles de la terre. Mais là, elle sentit le sol se dérober sur ses pieds, avant d’être allongée dans l’herbe. Elle lâcha la couverture qu’elle tenait dans ses mains. Une main se glissa sur son front pour dégager une de ses mèches noires de ses cheveux. Ses paupières s’ouvrirent lentement, mais se refermèrent encore plus vite. C’était trop difficile d’ouvrir les yeux. Elle sentit une autre présence à ses côtés, mais pas celle d’humain, la respiration était trop calme pour que ce soit un homme ou une femme.


« -Restes... ici avec elle,..... surveille là ! »

Une voix, cette voix… Elle la reconnaît, c’est une voix de femme, c’est la voix de Loreleï. Cette fois, les yeux saphirs s’ouvrirent, il lui fallut quelques minutes pour que sa rétine s’habitue à la luminosité du jour. Ils restèrent fixés en l’air, ne bougeaient plus, quelques clignements des yeux. Cellene n’osa pas bouger, mais mentalement elle fit le compte de ses mouvements. Une main bougea, puis l’autre… un pied puis le deuxième suivit de sa tête… Brusquement son nez se mit à froncer, une truffe s’était placé sur son oreille. L’animal à ses côtés, le loup essaya de la réveillé, mais elle ne dormait pas, elle était bien réveillée.

Lève toi… Bouge toi petite sotte…

Qui parle ? qui est là ? murmura-t-elle… Qui pouvait bien lui parler de cette manière, elle mit un certain temps pour réaliser, lorsque cette voix se mit à parler à nouveau.

Bouge ton cul… lève toi… t’es pas encore morte…

Cel’ debout ! Aller ma belle, lève toi ! Vis…

Deux voix ? une douce, l’autre plus dur et sèche. Doucement, mais péniblement, Cellene se redressa et s’assit. Elle plaça ses deux mains sur son visage et soupira. L’air pur lui arracha les bronches et en toussa fortement, elle prit une nouvelle respiration avant de redresser totalement la tête pour regarder autour d’elle. Personne, personne n’était là, enfin presque. Un des loups était près d’elle, mais il ne semblait pas lui vouloir du mal. Mais qui avait parler ? Devenait-elle folle ? Un peu plus encore ? Autant, elle avait à peu près accepté ses absences et le voile de ses deux ombres qui ne faisaient que flotter devant elle, autant si elle devait faire face maintenant à deux voix qui raisonnait dans sa tête ne serait pas une mince à faire.

Bon… tu te bouges oui ? Lève tes grosses miches !


Oh ! Calme toi ! Me parle pas ainsi ! Cellene sursauta, elle avait parler tout haut. Rapidement, elle tourna la tête de droite à gauche. Elle vit Versus qui avançait vers la porte d’entrée. Il était donc encore en vie. Mais ou était Lupia ? Il était censé être avec elle, ou non ? Elle n’en souvenait plus.

Arrête de te poser des questions et lève-toi, sale gourde !

Un mouvement de tête, surprise. Cette fois, elle parla plus doucement, presque en un murmure.

Mais qui… qui es-tu ?

Toi bécasse… En pire !

Et moi, suis là… Cel’ lève toi ma douce…

Cellene soupira lourdement, elle secoua la tête.

Laissez-moi tranquille…

Impossible… on est toi !! Répondit les deux voix en même temps…

Cellene soupira, elle comprit qu’elle ne pourrait pas s’en débarrasser ainsi. Elle observa à nouveau autour d’elle, pour être sûre que personne ne l’ai entendu parler toute seule. Les yeux saphirs furent attirés par des ombres à l’entrée du Manoir, des gens semblaient encore en sortir. Elle se rendit compte que Versus avait disparu, il n’était quand même pas entré dans le Manoir… Sans doute, il était assez fou pour le faire...


Dernière édition par La Main Noire le Sam 24 Sep - 22:39, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Un Manoir au loin dans la foret   Mer 24 Aoû - 13:43

LORELEI

Passé…Présent…Présent…Passé…
Présent..Présent…Non passé…Passé
Passé Présent Présent Passé
Présent Passé Présent Passé

Loreleï ne savait plus…Ses pas l’entraînaient dans le Manoir, le crépitement des flammes faisait son bruit singulier quand elle entendit une voix l’appeler


Citation :
Loreleï !! Attend !! Séparons-nous… reste en bas, je monte voir s’il y a du monde en haut !

« -Papa ? Ou es tu ? J’ai peur…Attends moi ! »

Elle trébuche sur un corps et se met à hurler, elle se baisse et crois reconnaitre sa nourrice

« -Mariette ? » Elle la secoue dans tout les sens « -Mariette réveilles toi, le château est en feu ! Mariette, papa il dit qu’il faut restez en bas et qu’il monte…Mariette ! » Elle secoue le corps un peu plus quand le présent revint brusquement dans son esprit.

La noirceur de la fumée l’empêche de voir qui elle secoue ainsi mais le corps a l’air totalement asphyxié, ne répondant aucunement à ses secousses intempestives. Elle tousse, essaye de filtrer comme elle le peut l’air qu’elle inspire, se frotte les yeux et reprend sa progression dans le hall et ses différentes pièces.

Ses jambes flageolent et la font tomber, elle continue un court moment à quatre pattes, ses cheveux se collent sur son visage en sueur, sa main libre longe le mur quand elle retombe sur un corps. Est-ce le même ?
Tourne t’elle en rond ? Sa main libre se pose sur le corps qu’elle se met à secouer de façon qu’elle pense frénétique, elle penche son visage vers le corps, son front se trouve sur le haut du torse du corps.
Elle ne sait pas, elle ne sait plus et ferme les yeux se concentrant sur ce corps.

Quand elle les rouvre, elle ne voie que des flammes l’entourant, elle est redevenue une petite fille richement vêtue, elle voit le corps de sa nourrice et de son frère Louis à ses cotés, elle le secoue.


« -Louis, réveilles toi, Louis, le château est en feu…Louis !!! »

Pourquoi ne répond-il pas ? elle se rue sur sa nourrice et la secoue elle aussi, ne bougeant pas plus que son frère…Un peu plus loin, la dernière génération, sa petite sœur est là elle aussi, avec ses poupées qui brûlent, elle se met à pleurer, se recroquevillant sur elle-même. Ils l’ont tous abandonner ! Comment va-t-elle faire ? Un regard se pose alors sur elle, des yeux d’un jaune inoubliable, elle a peur, elle se relève et veut se sauver, mais les flammes lèchent ses petites jambes. La mâchoire s’ouvre alors et dans un cri elle se réveille de nouveau…

Dans le présent…

Sa tête est posé sur un corps, sa respiration se fait saccadé, l’air ne vient plus jusqu’à elle, dans son pan de robe la cachant de la fumée, elle respire doucement, filtrant ainsi la fumée, secoue de nouveau le corps et décide de le ramener vers la porte du Manoir.
Elle glissa ses mains sous les épaules du corps et commença à le tirer ainsi, reculant en direction des portes du Manoir.
Les yeux brulaient de plus en plus ils pleuraient en suivant un simple battement de cil, ses poumons hurlent de douleur, son sang la glace, mais en compagnie des loups, elle avait apprit que l’esprit pouvait faire faire à son corps plus que ce qu’on attendait de lui.

Aucune pensée, rien que l’effort pour sortir d’ici en laissant le corps se défendre contre la fumée et la chaleur, elle savait que plus vite elle serait à l’entrée, plus vite elle respirerait car là il lui fallait de l’air et vite…
Derrière elle, elle savait que la porte était là, encore un petit effort, ses jambes ressemblent à des cotons, n’obéissant que lorsqu’elles en avaient envie, l’épuisement était à son comble, ses toux se rapprochaient de plus en plus, ses tempes cognaient en elle comme le marteau de Thor, sa vue se brouillait, et son sang se figeait quand elle sentit soudain dans son dos de l’air un peu plus frais.

Illusion ou réalité ?

Elle n’en fut sure que lorsque ses poumons se remplir de nouveau de cet air dont il était en manque, elle respirait en haletant, chaque inspiration la faisant souffrir, mais elle se trouvait hors du Manoir et pu alors lâcher le corps et s’effondrer à terre à son tour.

L’un des loups vint à elle et se mit à lui lécher les mains et les joues, ce qui la fit sourire quand elle se souvint de la voix qu’elle avait entendu en entrant la seconde fois dans le Manoir, qui lui avait parlé au juste ?

Elle se redressa et regarda autour d’elle mais ne put voir qu’une Penny endormi pour toujours à ses cotés…

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SEAMUS

Un aboiement plaintif, un jappement et puis plus rien. Voilà ce qui sortit Seamus du sommeil agité qui était le sien. Vu la proximité de la plainte, il ne pouvait s’agir que du gardien de la Flamboyante, les autres loups étaient cantonnés à l’extérieur du Manoir, enfin normalement.

Une sourde angoisse fit se lever précipitamment le Taciturne, quelque chose clochait il en était sur. Si sa maitresse avait été en danger, l’animal aurait réagit à son habitude, simplement, efficacement, définitivement mais en silence.

Une odeur acre sauta littéralement au nez de Seamus. Bien que ca chambre soit intacte il comprit de suite le drame qui était en train de se jouer. Sans plus attendre il empoigna sa lourde épée et se rua à l’extérieur de son repère. Le couloir était presque totalement obstrué par un mur de flammes et de fumée empêchant toute progression vers l’aile est qu’il n’avait aucunement l’intention de prendre.

Baissant la tête, se protégeant le visage de l’avant bras il progressa difficilement jusqu’à la porte de la chambre de Xandrya dont les boiseries étaient déjà salement entamées par les flammes. Inconscient du danger ou plutôt le considérant comme plus que secondaire il l’enfonça d’un violent coup d’épaule et trébucha sur une masse informe étendue en travers de l’ouverture. Son sang, son esprit, son âme même ne firent qu’un tour jusqu’à ce qu’il se rende compte que c’était sur le cadavre du loup qu’il venait de buter.

Il détacha sans peine son regard de la dépouille de celui qui fut le Protecteur de son aimée pour le diriger dans la direction de la couche de celle-ci.
C’est à ce moment précis que le temps s’arrêta, que la spirale infernale de la douleur insurmontable lui ouvrit à nouveau ses bras infernalement accueillants.

Xandrya était étendue sur son lit, superbe, les flammes de l’incendie se reflétant sur sa peau diaphane, lui conférant définitivement son surnom de Flamboyante. La vie l’avait quitté sans bruit, durant son sommeil, sans doute asphyxiée par les fumées tenaces que les fenêtres trop étroites n’avaient pu évacuer.

Seamus, terrassé de douleur ne pouvait détacher son regard de ce visage enfin apaisé. Il fallut qu’un pan de plafond embrasé vienne s’effondrer sur le lit pour qu’il reprenne pied dans la réalité, suffisamment pour qu’il s’écarte tandis que la chambre toute entière disparaissait dans la sarabande infernale du chaos. Pétrifié il continua à contempler le désastre fascinant de son âme qui partait en fumée jusqu’à ce que la chaleur et la douleur soient insupportables et le forcent à quitter l’enfer pour en rejoindre un autre duquel il ne pourrait s’échapper.

Retournant dans le couloir, plié en deux il progressa avec d’énormes difficultés, butant tel un automate sur chaque obstacle, s’écorchant, se brulant, se coupant sans pour autant réagir.
Un râle attira son attention. Un des récents arrivés gisait à même le sol, bloquant le passage salvateur vers les escaliers qui commençaient eux aussi à lentement se consumer dans un crépitement sinistre.

C’est avec d’énormes difficultés qu’il parvint à trainer l’homme inconscient jusqu’aux étages inférieurs et à le faire sortir de la fournaise. Ce n’est qu’une fois dehors que Seamus s’effondra à son tour, conscient, trop conscient. Tel un mourant il du subir le défilé des images, heureuses ou non qui avaient été celle de sa nouvelle vie, avec ce visage récurent, obnubilant, celui de Xandy… Lorsque ce surnom surgit à son esprit, il fut immédiatement suivi d’un autre, la Puce… Elle lui avait confié, il devait veiller sur elle et ce n’est pas la mort qui le libérerait de ce serment.

Des ombres entraient et sortaient par du Manoir dans une agitation indescriptible. Lorsqu’il voulut lui aussi pénétrer dans le Manoir un craquement sinistre retentit dans tout le bâtiment, l’escalier monumental n’avait pas résisté au matériaux de toute sorte qui étaient venus s’effondrer peu à peu sur lui l’emportant finalement dans un tourbillon de poussière, de flammes et de fumées.

Le Taciturne eut à peine le temps de voir celui qui se faisait appeler Maître disparaitre dans un étroit passage, sans doute une des nombreux souterrains dont il connaissait le secret. Il se tourna vers ceux qui étaient encore dans le hall

…Fini…
…Pouvons plus rien…


Sans un mot de plus il sortit dans la Cour d’honneur. Une autre vie l’attendait, si tant est que vivant serait un qualificatif qui lui conviendrait encore.

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IVY

Hrp: Ivy n'étant pas au Languedoc encore, sous peu cependant, quelqu'un a eu la bonté de mettre Ivy en PNJ pour attendre mon retour, je le remercie de mettre mes posts en citation sur la gargotte

La nuit était fraiche, la lune brillait de mille éclats, si ronde, si pure qu’elle en était éblouissante.Elle avait un petit quelque chose à vous faire frémir de peur ce soir, comme une impression de puissance, de force mystérieuse. Elle était encore plus fascinante que jamais.   Le boisée dans lequel la  cavalière entrait en ce moment ne lui était pas inconnue. Il y avait plus d’une année déjà qu’elle l’avait quitté. Pourtant, chaque recoin, chaque hululement des oiseaux de proies lui était si réel encore dans sa mémoire, tout comme l’épaisse brume qui léchait la base des arbres et dans laquelle elle s’était souvent perdue à la contemplation du haut de sa chambre.  A peine quelques coups de sabot de sa sublime jument que le hurlement habituellement des loups se fit entendre…. Malgré la bure qui la recouvrait par cette nuit plus fraiche qu’habituellement pour un mois de Juillet, le capuchon masquant en partie le visage de cette jeune femme, un divin sourire s’éternisait sur ses lèvres.  Il est si bon de rentrer chez soi songea-t’elle….

Enfin, chez soi… c’est toujours ainsi qu’elle avait vu le Manoir qui l’avait accueillit. Cette immense maison cachée dans les bas fond de Carcassonne, inconnue de la majorité des Languedociens. Dans ses lieux habitait   sa famille ! Du moins celle   qui avait été la sienne plusieurs années durant jusqu’à ce qu’elle parte à la recherche de réponses dont elle ne pouvait plus  espérer faire taire ce besoin à cet époque.

Le chemin sillonnant par sa monture, elle revécue tout ce qui lui était arrivé pendant son année d’absence auprès des siens, ceux de la même race qu’elle endormi à quelques lieux d’elle en ce moment même. Elle  avait pris la route pour trouver Lazard, sa quête s’avérant sans succès. Les réponses qu’elle avait cherché, elles les avaient trouvé mais, pas où elle l’avait espéré finalement. Elle avait beaucoup changé durant ses longs mois. Repenser à tout cela était  trop éprouvant pour continuer à voir les évènements défiler dans sa mémoire silencieusement. Elle chassa les images qui s’étaient succédées derrière ses grands yeux de cristal.

Rentrer chez elle avait été son idéologie depuis qu’elle avait comprit. Elle avait fait de mauvaise et de belles rencontres durant ses voyages qui l’avaient mené sur ce chemin. Dequerne n’était plus qu’un souvenir et fort heureusement.  Poly, quant à lui, l’attendait au Puy. Elle avait pris la route seule vers Carcassonne. La cavalière mystérieuse ne savait pas trop comment elle serait reçue à son retour. Comme une des leurs ou tous simplement comme une traitresse, une déserteuse ? Les deux étaient possibles et elle ne voulait pas mettre son ami dans un piège mortel aussitôt revenu dans le Languedoc. S’il advenait qu’elle meurt à son retour, elle serait la seule, l’épargnant.  Il lui avait paru plus judicieux de le faire attendre là-bas sans lui donner trop de renseignements. L’art de parler de toute manière avec elle, c’était surtout par le langage du corps depuis toujours, Poly le savait… il l’acceptait… du moins, d’une certaine façon …. Quant à Ethan… valait mieux ne pas y songer pour ne pas s’attrister plus que de raison….

Elle approchait du lieu maudit pour les curieux, de sa maison pour elle. Une drôle de senteur qui lui était déconcertante venait jusqu’à ses narines, la chatouiller cruellement. Le cri des loups semblait beaucoup plus persistant qu’à leur habitude aussi au fil qu’elle avançait vers son lieu de prédilection. Elle leva la tête, cherchant à comprendre ce que le vent tentait de faire découvrir à la visiteuse, lui apportant une énigme à déchiffrer. C’est là qu’elle aperçue, par delà les grands chênes qui ornaient l’endroit, une danse fumée qui coupait le ciel en deux en deux partie distinct. Cela n’avait rien à voir avec l’écume de brume qui dévasrait toujours le sol de ce bois fantomatiques. La fumée venait d’un feu, quelque chose brulait ? !!!

Elle comprit rapidement que ce qui crépitait ainsi, ce n’était pas le vent qui faisait bruisser les feuilles mais sa demeure qui passait au four d'incinération. Elle accéléra  la cadence d’un coup d’éperon sur sa jument. Elle allait revenir sur des cendres. C’était bien sa vaine. Une tombe pour un caveau.... Sa vie n’était qu’un tas de regrets, de remords et elle en aurait un autre sur la conscience, n’étant pas arrivé à tant…A tant pourquoi d’ailleurs ?!  Seule elle, connaissait cette réponse….

Les arbres défilait à côté d’elle si rapidement qu’il lui donnait le vertige. Heureusement, elle était presque arrivée. Elle passa les herses pour se retrouver dans la cour d’honneur en un rien de temps, tirant ensuite les rênes de son cheval, la terre se soulevant par les fers de ses sabots qui maitrisaient son galop pour s’arrêter aussi abruptement. En quelques secondes elle était déjà les pieds sur la terre ferme et courrait vers la porte du Manoir. La chaleur était si intense qu’elle en suffoqua, ne pouvant pas réellement approcher d’avantage.  L’air était chargé de lourdeur, la fraicheur de la nuit s’était dissipée dans ce repaire des enfers qui brulait.

La belle s’arrêta, hypnotisée par l’endroit qui se consumait, la rougeur des flammes dansant dans ses yeux qui  pourtant observait  une jeune femme sortir avec une autre sur les bras et s’écrasant au sol non loin d’elle. Il y avait des survivants mais, sur une vingtaine à l’époque, combien en resterait-il ? Seamus, Xandrya ? Kaerven, Raven, Cellene, Lupia…. Et tous les autres… ses amis, sa famille, ils étaient tous en train de mourir carbonisés ou s’en étaient-ils sortis ? Un cri de terreur foudroya la nuit à vous glacer le sang. Quelqu’un était en train de bruler vif, elle pouvait le ressentir à ce simple égarement vocal. Son cœur se serra dans sa poitrine, impuissante pour cette âme égarée. Les larmes s’obstruèrent dans ses yeux, ne voulant pas imaginer qui cela pouvait être et se dirigea vers la jeune femme toujours au sol.

Un loup l’avait rejoint et grogna à son approche. Elle hésita mais reconnu la dompteuse  rapidement. Elle l’avait une fois rapidement rencontrée avant son départ, ne se souvenant pas véritablement de son prénom cependant. Le nouveau Maitre avait eu tellement de recrues qu’elle ne les avait pas tous côtoyées, celle étendue au côté de l’autre non plus d’ailleurs. Elle tendit une gourde d’eau à la jeune femme qui toussotait légèrement en retirant son capuchon pour découvrir celle qu’elle était.

Ivy, alias le Poison se tenait maintenant accroupi devant un loup qui serrait les dents, prêt à se jeter sur elle pour défendre sa maitresse, une simple offrande tendue vers la demoiselle pour la soulager.

Où sont les autres, encore à l’intérieur ?

Sa voix était calme malgré le fait qu’elle était inquiète d’entendre la réponse.  Un des nombreux traits du Poison qui avait changé, masquant encore plus ses sentiments qu’avant. Elle observait la femme qui prit le temps de réaliser que quelqu’un lui parlait, la transperçant de ses yeux aussi brillant que la lune en cet instant.

Elle venait à peine de demander qu’un bruit venant de la porte attira son attention. Elle leva la tête pour voir une ombre, suivi de plusieurs autres sortant à leur tour de cette fournaise. La première s’éclaircit tranquillement, la lueur du feu qui n’était pas ce;;e d’un feu de joie cette fois-ci, illumina Seamus, son ami, son confident. Il était en vie !!! Un soupire silencieux l’étreignit. Sans même réellement entendre la réponse de la jeune femme à-demi asphyxiée, elle couru vers la Taciturne,  laissant l’eau salvatrice en réconfort bénin pour la demoiselle.

Seamus ?!! Oh mon dieu…C’est bien toi ?

Le visage de son ami transmutait  la mort, la suie dissimulait ses traits qu’elle appréciait tant, lui donnant le sentiment qu’il était plus sombre qu’auparavant sans en connaitre la véritable raison encore.

Tu vas bien ? Bordel mais qu’est-ce qui se passe ici ?

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VERSUS

La fumée devenait insupportable, pourtant le Ténèbre monta les escaliers qui menait à l’étage, son bras sur son nez pour se protéger. Sa respiration fut lente, il faisait un gros effort pour ne pas inspirer l’air nauséabond du brasier. Arrivé dans le couloir du premier, il prit le temps d’ouvrir les portes qu’il pouvait, certaines étaient fermés, d’autres les pièces étaient vides. La flamme léchèrent les murs, à certaines portes il ne pouvait même pas s’en approché. Il voulut faire le tour des chambres, mais l’une des ailes était totalement impraticable. Il voulu hurler, se faire entendre, mais ses poumons ne supportaient plus cette fumée. Versus se mit à tousser, presque plié en deux. Il ne pouvait plus rien faire, il ne tenta même de continuer son avancée, c’était impossible d’aller plus loin. Un lourd bruit se fit entendre, tout commençait à s’effondrer.

Sort de là… avant de te faire cramer !!


Versus fit demi tour, ses yeux plissés par la fumée qui lui brûlait les prunelles. Il s’avança jusqu’aux escaliers, lorsqu’il vit un corps allongé sur le sol près des escaliers menant au deuxième étage. Il s’en approcha difficilement et posa sa tête sur le buste pour voir s’il y avait une respiration ou non. Il n’arrivait pas à déceler si la vie était encore présente, aussi, il décida de porter le corps et se rendit compte que c’était une femme, aux cheveux blonds. Il se leva difficilement et la prit sur son épaule. Il éprouvait de la peine, pourtant elle n’était pas si lourde que ça. Ses forces semblaient diminuer, comme si les flammes les lui avaient enlevés.

Avec plus ou moins de difficulté, il descendit les escaliers, jusqu’à ce qu’il entende un lourd grognement. Il sentait que les escaliers allaient s’effondré, ce n’était qu’une question de temps. Il pressa le pas, jusqu’à être arrivé dans le hall. La fumée lui brulait les poumons, il ne pouvait que tousser. Il vit les lourdes portes grandes ouvertes, il était presque arrivé dehors. Il crut voir des ombres sortir du brasier, d’autres entré pour tenter de sortir les âmes qui vivaient encore. Versus ne s’arrêta pas, il devait sortir de là et ses forces diminuaient encore.

Dehors, il était dehors mais avança encore un peu, jusqu’à la cour d’honneur. Il fit tomber le corps de la jeune femme au sol. Elle avait une blessure au ventre, qui semblait se cicatriser. Elle était à moitié vêtue, elle ne portait qu'une chemise. A genoux devant la jeune femme, Versus écouta son cœur, avec son oreille déposée sur son torse. Elle était morte, son cœur ne battait plus, mais il lui était impossible de savoir comment elle s’appelait. Il ne la connaissait pas.

Lentement, il se redressa tentant de respirer plus calmement. Il regarda Cellene qui semblait vraiment ailleurs un peu plus loin. Il décida de s’approcher d’elle et de l’aider à se lever en lui tendant la main. Allait-elle la prendre ou le repousser, il ne le savait pas. Lorsqu’il tourna la tête pour regarder l’entrée du Manoir, il put voir Seamus accompagné d’Ivy. Le beau poison était donc de retour. Il se souvint de la première fois qu’il l’avait vu. Un joli round s’était déroulé entre eux deux, dans la cuisine... Il sourit intérieurement, puis regarda l’Azurée qui semblait hésiter.

Vient… lève toi !

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MAJDA EULALIE

[Bureau de la douane à Carcassonne, le 1er août]

La jeune maure s'était rendue au bureau de la douane. Elle et son adjoint s'étaient arrangé, et il ne pouvait être là cette fin de semaine. Elle pas trop non plus, mais du coup, elle avait décidé de passer rapidement. Comme à son habitude, elle vient voir les gardes sur les remparts, prend note de ce qu'ils ont vu pendant la nuit, et va s'installer dans son bureau pour écrire son rapport.

Tout en parcourant des des missives distraitement, elle marche vers son bureau. Il faut dire qu'elle connaît les marches et les dalles des remparts par coeur depuis le temps ! Un regard vers la forêt, se demandant s'il y aura des rescapés, et souhaitant que cette engeance ne s'approche pas de la ville. Ce n'est pour le moment pas le cas, ou alors, ils se sont fait discrets ! Elle sourit se disant qu'ils comptent plutôt leurs morts ou leurs blessés si tant est qu'il y ait des survivants.

Prenant ses parchemins, elle rédige rapidement ses rapports. Tout en sablant afin de sécher l'encre, elle cherche le moyen de décider son père à se rendre au Puy rapidement. Plus vite ils partiront voir les reliques de Saint-Louis, plus vite elle pourra revoir Quirin, et aller trouver son amie Laurine aussi. Déjà, elle a obtenu qu'ils y aillent, c'est un premier pas. Et elle est aussi têtue que lui, elle va donc insister, mais il lui faut les bons arguments...

Hum... Qu'il rencontre son éventuel futur gendre ? Pas mal ça ! A part quelques rencontres et échanges formels et emplis de protocoles, ils ne se connaissent pas si ? Elle réfléchit et se demande si en fait Quirin ne débutait pas à l'Ost quand son père la quittait ? Bah, ce serait quand même bien qu'ils se croisent dans un environnement plus convivial non ? Voir Djahen en taverne est rare, même pour sa fille. Mais  il y a quelques jours, elle l'avait vu. Sa mère l'avait sorti manu militari de son bureau il faut croire. Un sourire rieur aux lèvres, elle se dit qu'il est mal barré le baron... Elle va mettre sa mère dans le coup. A deux contre un, il finira par céder !

Et puis elle a une autre idée, celle d'aller voir les robes à la dernière mode à Montpellier, la capitale, en passant. Ca, il pourra pas dire non, la voir en robe n'est pas chose courante, et son père ne pourra pas résister à cet argument. Persuadée d'avoir trouvé, elle prend ses rapports, les roule et cherche Aristide. Arf, elle l'a envoyé voir son père justement. Plus qu'à attendre qu'il revienne. En attendant, elle va prendre l'air sur les remparts, admirant le paysage, les rues de la cité d'un côté, les champs et la nature de l'autre. Cette ville est merveilleuse.

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CONRAD MAC LEOD

Le voyage en provenance du nord avait prit quelques semaines, en effet les forets traversées avaient offert à Conrad l’occasion de continuer à se tenir en forme, son épée avait encore frappé aux travers de corps de brigands, mais il n'était pas invincible et sa blessure à l’épaule le faisait souffrir énormément, effectivement à chaque fois elle commençait a se cicatriser, mais un nouveau combat la faisait se rouvrir. Il avait eut la chance à son arrivée à Montpellier de pouvoir se faire soigner par une sorte d’herboriste, mais il la soupçonnait d’être une sorcière, mais une bonne sorcière, car il n’avait aperçut aucune sorte de produit faisant penser à la magie noire.

Après quelques jours de repos, il s’était mis en route vers les villes frontières d’avec l’Espagne. La blessure à ce moment la était presque guérie, mais un nouvel affrontement avec un groupe de trois brigands, réouvrit la plaie, les coups assénés avait eut raisons des points de suture, que la bonne guérisseuse avait fait cela avec art, on aurait dit une tisserand.

C’est les traits tirés et la chemise ensanglantée que l’Ecossais arriva devant les remparts de la ville de Carcassonne. Déjà le soleil brillait dans le ciel, la chaleur n’était  pas encore étouffante, mais l’on pouvait deviner que lorsque l’astre serait au zénith, il ne ferait pas bon rester sous ses rayons. Il arriva en face du grand portail, arrêta son cheval, leva la tête et héla d’une voix forte le garde qu’il aperçut.


Holà, l’ami, je m’appelle Conrad Mac Leod je viens de très loin et je souhaiterais trouver un endroit calme pour me reposer et faire venir un médecin ou au pire un guérisseur pour ma blessure. Vos forets ne sont pas remplies que de gentils lapins. Si cela vous intéresse je compte rester ici quelques jours, en effet je suis envoyé par le Roi Jacques d’Ecosse pour une petite enquête sur certains de vos concitoyens d'origine des Highlands qui auraient signé un pacte avec le sans nom et serait devenu de sombres mécréants, qui hantent la foret

Conrad, attendit patiemment que l’on lui réponde et lui ouvre l’énorme porte qui garantissait la sécurité et la quiétude de la ville. On lui avait parle des remparts de cette ville, mais il ne s’attendait pas à une si grand ouvrage. L’architecte qui avait les plans devait être un génie, et les maîtres maçons des artistes
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CELLENE

Elles étaient elle… Elles étaient ses deux moitiés… Les yeux saphirs se fixèrent devant elle… Deux ombres étaient là… Elles bougeaient de droite à gauche, et de gauche à droite… Les yeux les suivirent. Son délire était à nouveau là, elle ne était plus maîtresse d’elle-même, plus maîtresse de ses pensées ou de son corps. Ses deux voix l’avait totalement hypnotisée, elle n’osait bouger, elle n’osait s’imaginé vivre avec ses ombres et ses voix.

Bon tu bouges ton cul oui !! Tu devras t’y faire, cocotte !

Un lourd soupire s’échappa des lèvres de Cellene. Ses insultes la mettaient en colère, l’énervait comme rarement elle ne pouvait l’être.

Ne soupire pas… C’est ainsi, ma belle !

Arrêtez de me parler… vous m’énervez !

Cette fois, elle le faisait en pensée, peu de chance que quelqu’un puisse lire en elle. Si elle devait se mettre à parler à haute voix, on la prendrait pour une barge. Bien qu’elle le fût déjà, ce n’était pas non plus la peine d’en rajouter.

Vient… lève toi !


L’Azurée sursauta, cette fois, ce n’était pas une voix dans sa tête. L’intonnation était différente et c’était la voix d’un homme. Elle secoua légèrement la tête pour reprendre ses esprits. Elle vit une ombre devant, ou plutôt un corps assez grands et fort. Une main s’était placée devant elle. La tête se leva un peu plus pour regarder le visage. Versus !?!? Là, elle en fut surprise, vraiment surprise.
Il lui tendait la main ? Etrange venant de sa part. Pourquoi un tel élan de solidarité tout d’un coup ? Elle hésita un instant, même un long moment.

Accepte son aide… et lève toi, vu que tu ne sais pas bouger ton cul toute seule ! En plus, il est canon !

Ne l’écoute pas et prend cette main ma petite Cel’ ! Il la tendra pas une deuxième fois…

Chuuuuuttt !!

Un murmure qui la fit sursauter à nouveau. Ce qu’elles pouvaient être agaçantes ses deux voix. Versus la regardait bizarre, du moins c’est l’impression qu’elle avait. Elle glissa sa main dans la sienne et avec son aide se redressa sur ses deux pieds. Elle eut l’impression de tomber, elle n’arrivait pas à tenir debout correctement, mais elle essaya de ne rien démontrer. Elle sentit un bras se glisser sous le sien. Pas un mot ou presque fut prononcé. Il lui fallut quelques minutes pour se reprendre et se tenir droite. Elle avança lentement droit devant elle, la main sous son bras se retira progressivement. Elle pouvait marché seule. Son cœur se sentit soulagé d’un coup, quand ses yeux saphirs virent un ami devant elle. Seamus était en vie… Et… Ivy ?!? de retour ? Fallait croire. Elle se plaça aux côtés d’Ivy, elle aurait voulu sourire, mais impossible. Ses lèvres ne bougèrent presque pas, sauf pour sortir quelques mots au poison.

Hey ! Ivy ! T’es là ! Contente de te revoir, le Poison !

Les yeux de Cellene se tournèrent vers Seamus qui semblait lui aussi totalement ailleurs. Il avait l’air blessé ou enfermer dans un cocoon de douleur. Son visage semblait tiré, Cellene déposa une main sur son bras très délicatement. Autant éviter de le brusquer et se retrouver par terre en un rien de temps.

Seamus ?!? T’a rien ?

Elle regarda Ivy interrogative, puis se tourna vers Seamus. Peut être allait-il réagir. Cellene soupira et observa Loreleï qui lui avait sauver la vie. La jeune femme dompteuse des loups semblait bien fatiguée. Combien de personnes avait-elle sauvé au juste ? L’Azurée regarda autour d’elle, en attendant la réponse de Seamus. Elle vit deux corps, deux corps de femme… Depuis l’endroit ou elle se trouvait, elle reconnut la peste, mais par contre l’autre femme au cheveux dorés, lui était totalement inconnue. Elle observa ensuite l’entrée du manoir.

Le Maître… toujours en vie ?


Pourquoi elle s’en inquiétait au juste ? Sa phrase semblait même la surprendre.

Qu’est-ce que tu en as à fouttre ?


Oh ! Elle peut bien poser la question… elle est humaine avant tout !


Ferme la !!

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SOPHITIA]

Sophitia était une guerrière née, elle n’ait jamais vécu dans la chaleur dans foyer, sa vie se composait de quête auprès des églises pour se nourrir. Un jour un forgeron l’avait prit en pitier et lui avait offert une épée et un de ses boucliers. Elle n’avait jamais connu l’amour de personne, ni d’un membre de sa famille, ni d’un étranger.

En cette fin juillet 1457, elle décida de se nettoyer un peu de cette crasse qui l’entourée. Elle alla à l’église chercher de nouveau vêtement ce qui lui fut donné par le curé d’une petite église.

Elle ôta donc ses vêtements et décida d’entrer dans le lac, mais son attention fut attiré par une drôle d’odeur, elle tourna brusquement la tête ce qui la fit tomber nue dans l’eau. Sa tête heurta les cailloux qui entouraient le lac.

Elle se réveilla quelques heures plus tard avec une belle bosse sur la tête et une amnésie complète. Elle sortit de l’eau en se demanda se qu’elle faisait là. Elle chercha désespérément de quoi se vêtir.


Je ne vais quand même pas rester ainsi, est ce que quelqu’un peu m’aider ?

C’est alors qu’un rayon de soleil illumina son tas de vêtement, son épée, et son bouclier, la lumière se refléta et l’éblouie un instant. Elle s’avança vers cette lumière et remercia le soleil de l’avoir guidé.

Elle en était certaine, elle devait être une envoyée des dieux, mais pourquoi, alors qu’elle n’avait demandé que de quoi se vêtir un peu lui avait-on donné une épée et un bouclier.

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UN GARDE DE CARCASSONNE

V'là t-il pas qu'un homme s'avançait. Un étranger en plus ! Il soupire. Pas possible de casser une croûte tranquille ? Déjà qu'il avait la p'tite maure sur le dos dès l'matin, maint'nant, y pouvait même plus se bouffer un saucisson et un morceau d'pain sans être dérangé.

Il avale alors sa bouchée et répond d'une voix un peu rugueuse à c't'homme v'nu du nord. Un sourire en coin, sûr de tenir sa vengeance et de quoi occuper la donzelle pendant qu'il roupille tranquille, le garde se dit qu'il va l'envoyer voir Majda.


B'jorn. V'nez voir la douanière. L'est là dans son bureau. Elle connait tout l'monde à Carcassonne ou presque. J'parie une chope qu'elle pourra vous aider.

Il descend lui ouvrir la porte et le mener dans le bureau des douanes, où Majda doit être occupée à noircir encore des parchemins. C'qu'elle peut écrire celle-là !
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CONRAD MAC LEOD

L’attente commençait à faire monter la moutarde au nez de l’Ecossais, son épaule le faisait souffrir terriblement, et le soleil commençait à taper dur sur son visage. Les bruits venant de la cité se faisaient de plus en plus intense. Il allait hurler une seconde fois pour indiquer sa présence quand un garde arriva enfin et lui désigna la douanière comme interlocuteur privilégier pour sa requête. Le temps de réfléchir à ce qu’il allait dire à cette personne qui devait sûrement être une vieille douairière, coincée qui ne pensait qu’à son travail et à protéger le diamant qu’elle avait entre les cuisses, que le garde arriva à sa hauteur.

Bonjour à vous mon ami, je vous remercie de votre diligence, et je vous serais gré de me conduire vers le bureau de cette douanière en question, qui sait tout sur tout, du moins je l’espère 

Il entra dans la cité, et descendit de cheval, car l’homme lui désignait des escaliers abruptes

J’espère que mon cheval ne risque rien, enfin je n’ai pas trop peur pour lui mais pour celui qui tenterait un truc idiot.

Les deux hommes montèrent les marches et une fois sur les hauteurs des remparts avancèrent vers le bureau en question, Conrad en profita pour admirer la vue qu’il avait de la ville, à cette hauteur on pouvait tout voir des clochers de la cathédrales, au marché sur la place, en passant par un immeuble qui devait sûrement abriter les bureaux de la mairie. 

Ils arrivèrent enfin devant les bureaux de la douane. L’Ecossais remercia le garde, frappa à la porte pour faire savoir sa présence et entra. Ses yeux firent le tour de la pièce, mais à part la douce senteur d’un parfum féminin rien dans la pièce ne prouvait que quelqu’un y soit actuellement. Seul la porte fenêtre qui donnait sur les remparts était ouverte.

Il se racla la gorge et se présenta d’une voix assez forte pour être entendue dans les alentours, mais pas trop forte pour éviter d’effrayer la dame, si elle avait l’âge qu’il croyait elle devait avoir le cœur fragile


Bonjour, je me nomme Conrad Mac Leod, et je souhaiterais m’entretenir avec la douanière de cette ville.

Il attendit patiemment que l’on lui réponde, il avait déjà remarqué que dans cette ville il fallait être patient


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MessageSujet: Re: Un Manoir au loin dans la foret   Mer 24 Aoû - 13:48

MALDA EULALIE

Des parchemins sous un bras, une pêche qu'elle grignote dans l'autre, Majda entre dans son bureau, poussant la porte de son genou, et manque de tout laisser choir en y découvrant un homme d'une stature impressionnante. Rassemblant ses idées, mâchant et déglutissant son morceau de fruit rapidement, elle le contourne pour se mettre debout derrière son bureau et y déposer les documents qu'elle portait, tout en évitant de les tâcher de jus de fruit.

Bonjour Sieur. Je m'appelle Majda_eulalie Shaggash, Dame de Confolenç, et si vous cherchez la douanière de Carcassonne, vous l'avez trouvée.

Du haut de ses 14 ans, la jeune maure le regarde, essayant de juger de la dangerosité éventuelle de l'individu. Etant donné qu'il est dans son bureau, elle ne voit pas trop qui d'autre il pourrait bien chercher.

A vue de nez, il pourrait bien  venir du même endroit qu'un carcassonnais de sa connaissance qu'elle considère comme un vieil ours mal léché. Au souvenir de soirées mémorables, elle esquisse un sourire, et l'invite à s'asseoir.


Que puis-je pour vous Sieur ?
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CHAOS

[Le brasier était de plus en plus impénétrable et pourtant il devait savoir. Il ne lui restait plus qu’une issue pour pénétrer dans les entrailles du Manoir. Le passage secret ne le serait plus longtemps, les lambris de bois précieux qui masquaient son entrée commençaient à être pourléchés par des flammèches sauvages. Heureusement les autres courraient en tout sens et ne pourraient voir l’issue qu’il empruntait en hâte.

La chaleur était difficilement supportable sous cette bure étanche. Il découvrit donc son visage et progressa avec difficulté dans le tunnel déjà bien enfumé. Arrivé au pied des escaliers menant à leurs appartements, il comprit…
Il n’aurait d’autre choix que de faire demi tour et de continuer à marcher droit, la tête haute, sans se retourner sur ce passé consumé. Une seule chose compterai désormais et c’est ce qu’il hurla d’une voix d’outre tombe.

Vengeance !!!!!!!!!!

Tout ces gens comprendraient que l’époque où il n’était qu’un enfant de chœur était désormais révolue. Le mépris deviendrait crainte, la peur terreur, l’angoisse épouvante.
Plus rien ni personne ne pourrait le freiner dans ses desseins, bien au contraire.

Les poings et les mâchoires crispés il se fraya un passage vers la sortie du passage et se dirigea ensuite vers l’extérieur du Manoir.

Il se planta sous le porche de la majestueuse et ouvragée porte d’entrée et observa longuement. Il regardait les membres du Clan s’agiter, se secourir même. Il réprima un ricanement sordide, particulièrement quand son regard se posa sur une revenante…

Tiens tiens tiens se dit il

Désignant Ivy d’un doigt accusateur il aboya


Saisissez vous d’elle !

Il y a bien longtemps qu’il savait que le hasard n’existait pas, il était mort le même jour que celui ou le Dieu dans lequel il avait pu mettre un jour sa foi l’avait délaissé. C’était il y a très très longtemps…

Derrière lui le brasier l’illuminait d’un contre jour surréaliste et infernal. Jamais le Maître n’avait fait plus belle figure que dans ce décor de fin du monde.

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IVY

Quelque chose n’était pas normal chez son ami, il y avait très longtemps qu’elle ne l’avait pas vu mais, Ivy le connaissait assez bien pour déchiffrer ses traits. Du moins, assez bien pour s’en inquiéter puisque Seamus était possiblement le plus mystérieux des hommes auquel elle ait eu le loisir de convoiter. Dans son souvenir de lui, ses yeux avaient une référence directe sur son âme tourmentée, la vie s’y décelait malgré le masque froid qu’il rejetait à ceux qui le regardait, impassible. Elle l’aurait touchée pour le sortir de sa torpeur si elle n’avait pas eu peur de ce néant qui semblait flotter au fond de ses yeux maintenant. Il avait l’air si perdu qu’en un simple mouvement brusque, elle se retrouverait égorgée. Elle se contenta de le détailler, un pincement au cœur. Elle ne pouvait rien pour lui, pas pour le moment du moins….

Derrière lui, elle vit tout de même plusieurs personnes franchir la porte du Manoir en feu. Une présence à ses côtés lui fit perdre le détail de ceux qui tentait d’échapper aux flammes. Cellene fit son apparition avec Versus. La belle semblait totalement sous le choc de sa vie qui partait à la dérive par de petit monceau d’âme volage.

Contente de te revoir aussi ma beauté….

Même les cheveux en pagaille, l’Azurée était une très belle femme. Le Poison se souvenait parfaitement de son arrivée au Manoir, aucune autre ne l’avait attiré comme elle, tel un aimant. C’était grâce à cela qu’elle s’était retrouvée à papoter courtoisement avec elle, ce qui n’était pas du tout dans les habitudes d’Ivy. Plutôt du genre ‘’ je m’en foutisme ‘’ Elle laissait les nouveaux se débrouiller mais avec elle, se fut totalement différent. Elle s’était laissé charmer par la beauté de cette succube. Une faiblesse parmi tant d’autre pour le vil poison qu’elle était…

 Elle laissa Cellene tenter quelque chose avec le catatonique du moment en se retournant vers Versus qui lui semblait plutôt maitriser sa situation intérieur tel un roc où on a toujours la chance de ne pas perdre pied, bien qu’avec lui, elle l’avait perdue la veille de son départ… et pas qu’un peu.

Ce grand ténébreux, musclé et irrésistible avait réussi à la faire complètement chaviré, la ramenant dans les méandres de son passé. Comme une voleuse, elle l’avait laissé planté là, les braies aux genoux après une escapade fougueuse. Ce souvenir la fit sourire maintenant bien que à l’époque, il n’y avait rien d’amusant….

Versus, ravie de te revoir aussi. Tu peux me dire ce qui se passe toi ? Seamus n’a pas l’air bien, on dirait qu’il est déconnecté et ne nous entend pas ! Et j’ose même pas parler des détails qui nous réchauffent en ce moment et nous sautent aux yeux….

Une voix caverneuse et forte, un ricanement à vous glacer l’échine la fit détourner le regard vif qu’elle avait lié à celui de Versus. Elle en chercha la provenance lorsqu’elle vit une ombre sortir des ombres.  Plus grande que tous les autres, surement à l’effet des flammes qui dansaient toujours contre le Manoir, il semblait sortir des feux de l’enfer.

Cela ne pris pas plusieurs minutes à Ivy pour le reconnaitre, il s’agissait de Chaos. Jamais il n’avait porté son nom aussi bien celui là… Le fils de Satan ne meurt jamais et règne sur son royaume….Bien qu’elle n’a jamais eu d’entretient particulier avec le nouveau Maitre des lieux, elle avait tellement respecté le premier que son remplaçant était pour elle, à sa place. Si le Patron avait choisi cet homme pour le succéder, ce n’était pas sans raisons, elle le savait et avait toujours eu foi en celui qu’elle avait presque affectionné comme un père sans le lui avouer. Sa décision avait été la sienne sans argumentation.

La voix resurgit à nouveau, donnant un ordre strict, la démontrant du doigt. La faux était tombée et c’est sur sa frêle tête qu’elle s’affaissait. Il fallait reconnaitre qu’elle était partie depuis longtemps, sans dire simplement où elle allait. Tous la connaissaient bien,  avec ses tendances et ses impulsions  mais pas lui…. Et c’était lui le Maitre ! Lui qui donnait les ordres, lui qui avait droit de vie ou de mort chez elle. Elle allait passé un mauvais quart d’heure, c’était assuré.

Et bien… Je dirais  aussi contente de vous voir Maitre mais, je commence à en douter….

Elle savait ce qu’elle risquait en rentrant au bercail. Lui laisserait-il le temps de s’expliquer ? Elle ne le savait pas, en doutait fortement. Elle n’avait rien à voir avec cet incendie mais lui ne semblait pas le savoir dans sa fureur et elle faisait parfaitement la coupable idéale.  Le sort  était entre les mains de l’homme le plus dangereux qui lui été porté de côtoyer et ce mot était bien faible par les minces rencontre de couloir qui leurs avaient été offert. Le tic tac de sa vie semblait battre à même son cœur qui l’étourdissait par ses battements hargneux qu’elle contrôlait. Elle pourrait fuir maintenant si elle avait trop peur mais, elle n’était pas une lâche, n’avait non plus rien à se reprocher dans l’incident survenu maintenant. Peut-être trouverait-il la sincérité en elle, sa plus belle qualité bien que parfois, elle manquait de tact pour le démontrer.

Elle tendit donc les poignets sans se défiler à celui le plus proche d’elle qui avait toute sa tête. Son regard plus froid qu’à son essence habituel vers Versus. Ses iris de cristal, telle deux billes rondes déchiraient la noirceur environnante.

Fait ce qu’il te dit Versus….

Elle savait l’homme devant elle loyal et fervent à son Maitre, même sans les paroles superflus d’Ivy, il aurait obéit. Elle allait lui rendre la tâche légèrement plus facile c’est tout, lui démontrant qu’elle ne lui en voudrait pas d’agir ainsi. Elle verrait ensuite comme elle pourrait s’échapper d’une mort certaine….si seulement elle le pouvait !

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VERSUS

Cette main tendue, il attendait, impassible, patient plus qu’il n’en fallait. Il avait peut être l’air d’un rustre, d’un goujat, mais en réalité, il respectait à sa juste valeur, la gente féminine. Sa Perle l’avait changé en ce sens, il y a quelques années de cela. Peut être que s’il ne l’avait pas rencontrer, peut être que s’il ne s’était pas accroché à elle, lors de son enfance, il serait un homme impitoyable, frappant femmes et enfant, les violant s’il en avait l’occasion. Mais non ! Loin de ça, l’image du Ténèbre qui a cœur d’artichaut. Les femmes, il les aimait, il les choyait s’il en a la possibilité, il les respectait et les aidait. Cellene et lui n’avait pas démarré du bon pied, il n’espérait pas non plus qu’elle lui tombe dans les bras… Ca non ! Mais une amitié, peut être… fiable, solide et sans compter. Ils étaient tous dans la même galère, les coudes devaient donc se resserrer.

Cellene mis un temps fou à se lever, mais lorsqu’il toucha sa main, cette dernière était froide. De plus, elle murmura quelque chose. Son visage se tourna vers l’Azurée, lui avait-elle parlé ? Il resta un instant interrogateur, jusqu’à ce qu’elle s’avança vers Seamus. Sans un mot, sans un merci… Quoi que… peut être que ce murmure en était un ? Il décida de ne rien dire, de ne rien commenter. Il la sentit chaviré, elle tenait à peine sur ses pieds, sa main se glissa sous le bras de la jeune femme et l’aida, l’espace de quelques pas, à marcher. Dès qu’il sentit qu’elle pouvait marcher seule, sa main se retira.

Une fois près d’Ivy et Seamus, Versus observa l’un puis l’autre. Seamus était totalement déconnecté du monde, sous le choc peut être… Il n’était déjà pas du genre à cause quand ça allait bien, alors quand ça n’allait pas, il se devait sans doute se refermer sur lui-même… Ce qu’il venait de faire, du moins c’est ce que pensait Versus…

Cellene se mit à parler… Tiens, cette fois elle ne murmurait pas ! Elle avait l’air un peu étrange, sous ses air de « je vais bien »…


Citation :
Le Maître… toujours en vie ?

Un sourire très léger s’afficha sur son visage. Le Maître, ou était-il ? C’était vrai. Il l’avait vu entrer dans le manoir, mais pas encore en sortir. Ivy se tourna vers lui, ses yeux flamboyants restèrent accrochés aux siens, un instant. Il s’imaginait encore, il y a quelque mois, à ce qu’il s’était passé dans l’une des pièces du Manoir. Son départ fut même très rapide, pas même le temps de lui dire quelques mots, que le Poison était repartie, laissant ses attributs à l’air libre. Une attitude qui avait laissé le Ténèbre dans une profonde incompréhension, il n’avait même pas essayer de l’arrêté, ni même de lui demander une explication… il l’avait laisser faire. Après tout, leur moment avait été suffisamment intense comme cela...

Citation :
Versus, ravie de te revoir aussi. Tu peux me dire ce qui se passe toi ? Seamus n’a pas l’air bien, on dirait qu’il est déconnecté et ne nous entend pas ! Et j’ose même pas parler des détails qui nous réchauffent en ce moment et nous sautent aux yeux….

Un léger sourire s’afficha sur ses lèvres, quand il vit le Beau Poison lui sourire. Songea-t-elle à son départ précipité ? Il ne pourrait le savoir.

Difficile à dire… Me suis réveillé au sol ! N’ai pas vraiment eu le temps d’y songer ! Volontaire ou Accidentel, n’en sais rien du tout !!

Les retrouvailles furent très vite effacées, un beuglement se fit entendre à l’intérieur des entrailles du Manoir. Quelqu’un hurlait, mais Versus fut bien incapable de savoir qui et ce qui avait été dis. Le bruit des flammes et du bois qui s’effondrait avait camouflé les mots. Lorsque Versus décrocha les iris du Poison de ses yeux flamboyants, il put voir une ombre surgir des flammes et de la fumée, il reconnut le Maître. Il eut même l’impression que Chaos était le dieu du feu, Satan lui-même était présent… cette sortie du Manoir démontrait bien quel tortueux et horrible homme il pouvait être.


Citation :
Saisissez vous d’elle !

Son doigt fut planté sur celui d’Ivy en lâchant ses ordres, Versus observa la jeune femme un instant, elle était donc partie sans avertir le Maître. Il fut bien décontenancé et n’aimait pas du tout ce qu’il devrait se produire. Ivy plaça ses poignets joint devant lui.

Citation :
Fait ce qu’il te dit Versus….

Une invitation ? Non ! Plutôt une demande, plutôt un signe de « je ne te veux pas. » Versus soupira, était-ce vraiment le moment ? Non, sûrement pas. Il plaça une main sur un des poignets, puis d’un coup sec attira Ivy contre son torse. Il la retourna légèrement, pour qu’elle ait son dos contre son buste fort. De son autre main, il attrapa le deuxième poignet pour le joindre à son jumeau, tout deux soutenu derrière Ivy. Une fois qu’il fut certain que la jeune femme, ne pourrait pas bouger, sans pourtant lui faire mal, il leva la tête pour regarder le Maître.

Maître… Sans vouloir vous contredire, est-ce vraiment le moment ? Le Manoir est à vue maintenant ! Ne pouvons-nous pas régler vos différents à un autre endroit que celui-ci ?

Son ton démontrait bien qu’il demandait la clémence envers Ivy, mais laissait tout de même le choix à Chaos de faire ce qu’il avait décidé. S’il devait finir comme le poison, il le ferait, mais il ne laisserait pas un homme s’en prendre à jeune femme à nouveau. Hors de question de laisser faire.

La surveillerait… si besoin étant !

Les foudres de Chaos ? Il allait les avoir, c’était certain… maintenant ? Peut être, ou peut être pas… Mais il les attendait de pied ferme. Il pouvait sentir le souffle d’Ivy contre lui, son corps contre le sien. Ses yeux flamboyants ne lâchèrent pas d’une seule seconde le bas de la capuche du Maître…

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LORELEI

Les pupilles étaient dilaté, la noirceur de son âme pouvait alors être vu, mais dans son esprit, rien de tout cela, bien au contraire…
Un rire enfantin, une mère qui attrape sa fille chérie, un jeu partagé.


« Une poule sur un mur qui picore du pain dur
Patati Patata
Lève la queue et pis voila ! »


La petite Loreleï éclatait d’un rire pur en voyant un œuf tombé dans les mains de sa mère alors que la poule n’était qu’en bois.

« -Encore Mère, encore ! »

Tout se trouble, tout disparaît pour que les mirettes émeraudes se rouvrent sur un amas de cendre face à elle et un corps à ses cotés

« -Mariette…Mariette…Je t’en prie réveilles toi Mariette, Louis va pas bien, Louis il dort alors qu’il est par terre ! Et Anne, Anne elle brûle avec sa poupée ! Mariette ! »

Un battement de cil et Loreleï voit des yeux jaunes à ses cotés, la peur la prend un court instant pour se sentir tout à coup en sécurité.
Elle était en vie, elle avait mal mais elle connaissait cette sensation et si la petite fille qu’elle fut a survécu, la femme qu’elle était devenue sera encore plus forte.
Son esprit su, à ce moment là, qu’elle sera amenée à retrouver ceux qui ont fait ca, tuer ceux qui ont osé toucher à son antre.
La belle dompteuse se leva et se dirigea vers les survivants, tous dans le même état de choc qu’elle en entendant Cellene qui demandait si le Maître était vivant.
Loreleï se mit à leur coté, tout les visages étaient noir de suie, ses propres cheveux collaient encore à ses joues, les jambes nues de sa jupe arrachée par ses propres soin, le bustier luisant de la fournaise dans laquelle elle avait été exposée.


« -Oui Le Maître est encore en vie, j’ai pu le voir, plus tôt… »

L’intonation était neutre, s'en moquant royalement, mais la question avait été posé, et elle avait une réponse à fournir. Sa réponse fut confirmé par le cri qui la prit dans ses propres entrailles, il était bel et bien en vie…
Ou était-il passé, elle ne le savait pas, il faudrait qu’elle voit si l’un des loups l’avait suivi ou non, vu son état de titubation…Mais pour le moment, elle avait soif, et serait prête à tuer pour un peu d’eau.
En regardant ceux qui partageaient sa vie chaque jour, elle supposa qu’il en était de même pour eux.


« -Contente que vous soyez en vie… »

L’héritière du péché originel se reprenait et ses mirettes se mirent à chercher ses loups, espérant qu’aucun d’eux n’ai souffert de ce brasier lorsqu’elle put voir la meute, le chef légèrement en avant, à la regarder à travers l’épaisse fumée qui disparaissait dans la brise encore présente. L’un d’eux se tenait toujours derrière elle, l’impression de se tenir sur le qui-vive et observait lui aussi ses congénères qui formait un bloc, comme s’ils voulaient protéger les survivants et dévorer tout ceux qui se rapprocheraient de leur Manoir.

Son observation des loups fut interrompue par un ricanement qu’elle connaissait par cœur. Son visage se tourna rapidement du lieu d’où il provenait, et l’effet d’optique fut frappant.
Entre le brasier et la stature du Maître, on avait l’impression qu’il était un géant, sa colère était-elle que même sous sa bure on pouvait la ressentir, quelqu’un qui ne le connaissait pas en aurait les poils hérissé et s’évanouirait sur le champ…

Contre toute attente, il ne vint pas à eux, il leur aboya de s’emparer d’Ivy, sa voix ne souffrait d’aucune négociation possible.

L’incompréhension la plus totale prit la belle dompteuse qui faisait des allers retour du visage entre le Maître et Ivy. Celle-ci ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment, et contre toute attente, tendit ses poignets vers Versus.

Loreleï se demandait si c’était encore un quelquonque tour de son esprit perdu et tordu quand le timbre de voix de Versus retentit.

Elle comprit alors que c’était lui, qui plus tôt dans la fournaise, lui avait ordonné de rester au rez de chaussée, et non son père…

Voila que lui aussi devenait fou ! Il contredisait plus ou moins le Maître, enfin pas plus ou moins, il essayait une chose que personne n’oserait vraiment essayer lorsqu’on connaissait un peu l’état d’esprit du taré qui leur donne les ordres…
Comme si c’était le moment…

Haussement de sourcil gauche, pensant que Versus avait entièrement raison, ce n’était ni le moment ni le lieu de gérer ce genre d’affaires…Et Ivy avait raison d’agir de la sorte, autant ne pas créer la colère de Chaos pour le moment, sauf si tout les membres du Clan s’unissent contre, il n’aurait alors pas trop le choix.

Tout se passait trop vite dans la tête de Loreleï, elle essayait de réfléchir et vite, mais voulait surtout savoir ce qu’allait faire Cellene et Seamus…

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CELLENE

La question fut posée, inquiétude ou la quiétude d’avoir un semblant de liberté ? Ou d’être séparé de l’esprit démoniaque et fuguasse de Chaos ? Nul ne le saura vraiment… Le regard saphir se tourna vers Ivy. Ah ! Ivy, le poison, son caractère si bien forgé, ses idées si bien arrêtées, ses impulsions. Une femme impulsive, qui ne se laisserait jamais faire… Pourtant, dès leur rencontre, dès le premier regard, l’attitude d’Ivy était tout autre… Une autre femme se présentait à Cellene, une femme douce, gentille. Pas un mot de travers, pas un geste mal placé. Avec les autres, Ivy exerçait son pouvoir poison, elle était exécrable, agaçante, méchante, rude… Ce surnom : le Poison, lui collait à la peau. Le contact était passé d’emblée.

Un sourire s’afficha sur le visage blanchâtre, marqué par des tâches de suie. Le retour d’Ivy lui faisait plaisir, bien que le moment était fortement mal choisie, vu les circonstances.  Elle était toujours aussi belle. Elle n’avait pas changé, tout était très attirant chez elle. Elle se tourna vers Versus, quelque chose semblait se passer entre eux deux. Comment était-ce possible ? Cellene avait vu Versus monter avec Lupia, ou peut être pas ? Un doute se forma, germa au fond d’elle. Et si, finalement sa Belle était rentrée dans sa chambre toute seule ? Cellene se serait fourvoyée depuis le début ?

Encore et toujours des questions ! Ta peste se l’est tapée, pis c’est tout !

Tu n’as pas de preuve, Cel’. Et puis, elle est toujours pas là… tu ne sauras jamais…

A moins de lui demander !

Aah ouais, bonne idée !! Mais t’es vraiment une gourde toi !! T’vas pas aller lui demander !

Seamus ne bougea presque pas, il semblait réaliser ce qu’il se passait. Loreleï s’était rapprocher, Cellene se promit de la prendre à part pour la remercier de lui avoir sauvé la vie. Elle ne le ferait sans doute pas devant tout le monde. Pendant cet instant d’attente d’une réponse, l’Azurée était pleinement présente… pour le moment… La dompteuse de loup répondit rapidement qu’elle avait vu Chaos plus tôt. Mais rien ne pouvait vraiment leur dire qu’il était toujours là… jusqu’à…

Une voix se fit entendre, la colère prit le dessus, elle planait au dessus de leurs têtes, elle était prête à s’écraser, à explosé. La présence du Maître était étouffante, la respiration de Cellene se fit plus difficile, plus rude. Ses yeux se levèrent vers cette voix qui venait de retentir en direction de la petite bande de rescapés. Un ordre, c’était un ordre… Chaos voulait que ses sbires s’emparent d’Ivy. L’incompréhension était totale, Cellene regarda le poison, puis Chaos. A plusieurs reprises, elle dut le faire. Autant pour voir l’attitude d’Ivy que la réponse du Maître.

Ivy semblait calme, peut être trop, beaucoup trop. Elle tendait les mains à Versus et il s’exécuta. Ce n’était à plus rien y comprendre, surtout que Versus osait défier le Maître. Les yeux de Cellene s’écarquillèrent. Son ton était encore assez doux, il n’avait pas tord, mais était-ce vraiment le moment de faire ça ? Bien que ce n’était pas vraiment le moment de vouloir tuer Ivy. Ou du moins la torturer, c’était assez le style de Chaos.

Il l’est fou… il veut mourir !

Il est trop bien foutu ainsi ! Haan ! Cel’ regarde ses biceps… t’aimerais pas être à la place d’Ivy ?


Cellene soupira lourdement et serra les dents. Elle eut envie de frapper cette voix arrogante… De se frapper elle-même, carrément. Elle tenta de faire un certain travail sur elle-même. Elle devait se reprendre, ses yeux se mirent à bouger une nouvelle fois, de droite à gauche. Ses ombres étaient là, dans ce moment incompréhension, les ombres s’amusaient, se jouait d’elle. Un nouveau soupire s’échappa de ses lèvres, aux dents serrées.

Qu’allait-elle faire ? Aider Ivy, ou obéïr au Maître ? C’était un lourd choix, très lourd. Son amie contre sa vie ? Sa vie contre son amie ? Elle avait déjà tant perdu, trop perdu. Elle ne voulait ni perdre la vie, ni perdre une amie, une des seules amies… D’abord, elle devait voir comment Chaos allait réagir, ce que Seamus allait faire. Les poings se serrèrent, un grognement se fit entendre derrière elle. Un regard vif en arrière, Cellene vit les loups monter la garde. Ils voulaient sans doute protéger le Clan. L’Azurée regarda un instant Loreleï et haussa légèrement les épaules. Elle comprendrait sans doute que la jeune femme, ne savait quoi faire…

Cellene tourna à nouveau la tête pour regarder le duel qui s’était mis en place entre Ivy, Chaos et Versus. Elle ne pouvait plus bouger, elle n’osait même pas dire un mot. Ses yeux bougèrent très légèrement, malgré elle, elle suivait ses ombres…

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ARISTIDE

Le baron ne répondait pas. Il était sans doute sorti. Aristide se demande que faire. Bah, autant retourner voir si sa maîtresse avait besoin de lui.

D'un pas décidé, il se dirige vers le bureau de la douane, et ralentit soudain. Arf, il a oublié un petit quelque chose... Pourvu que les flammes aient tout détruit. Il pourrait toujours dire qu'il avait fait son travail, mais que le pli s'était perdu en route ? Dire que Majda lui avait répété environ deux cents fois de faire attention à cette fichue missive !

Plus qu'à espérer que le Seigneur qui tournait autour de la jeune maure n'attende pas ce parchemin de malheur.

Il fait à présent limite du sur place en voyant les remparts se rapprocher trop vite, et la tour où se trouve les douanes également. On ne peut plus lentement, il monte les escaliers. Il va encore se faire houspiller. Pourvu qu'on lui retire pas sa charge d'homme de main de Majda.

Perdre un pli scellé adressé par sa maîtresse au Senher de Marseillan ! Voilà la bêtise du siècle qu'il vient de faire. Si ça tourne à la catastrophe entre eux, ce sera de sa faute. Soupirant, il entre discrètement, refermant la porte derrière lui et s'occupe de lui préparer une tisane. Avec ça, elle pourra pas trop lui en vouloir, elle adore la tisane, et il rajoute une cuillerée de miel de Mende en prime, pour être sûr de réussir à l'amadouer. 

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CONRAD MAC LEOD]

L’attente ne fut pas si longue, du moins cela fut plus rapide que la réaction du garde à la porte d’entrée de la ville. En effet une jeune demoiselle qui pourrait être sa fille fit son entrée avec des parchemins plein les bras, et un fruit qu’elle avalait avec gourmandise, un peu de jus coulait d’ailleurs de la commissure de ses lèvres. Elle se présenta, et là Conrad n’en croyait pas ses oreilles, son nom était aussi long que les berges du Loch Ness. A son invitation il s’assit.

Je vous remercie mademoiselle, et vu que je sais qui vous êtes depuis que vous vous êtes présenté, permettez moi de me présenter également. Je m’appelle Conrad Mac Leod, du clan des Mac Leod, issu de la plus merveilleuse et magnifique contrée que sont les Highlands. Je suis officier de la garde spéciale de notre bon roi Jacques Tudor, roi d’Ecosse. Ce dernier m’a envoyé en mission pour que je ramène une demoiselle dans notre pays pour qu’elle puisse y être jugée et pendue pour les crimes qu’elle à commis dans notre bon royaume d’Ecosse.

J’espère que vous pourrez m’aider, il s’agit d’une certaine Celestine of Perth and Kinross, jeune fille aux yeux d’un bleu éblouissant, je me doute qu’elle doit avoir changé de nom, mais si je vous la décrit peut être l’avez-vous vue passer par votre cité.


L’écossais espérait que cette entrevue se passe rapidement, il avait une indescriptible envie de se gratter sous son kilt, le voyage jusqu’à Carcassonne n’avait pas été de tout repos et il espérait un bon bain chaud.

Avant que la jeune jouvencelle ne reprenne la parole, il posa une question qui n’avait rien à voir avec sa requête


Dites moi ou pourrais je trouver une auberge de haute renommée, je souhaiterais m’installer ici quelques jours pour me recherche et également me plonger dans une eau bouillante afin de pouvoir éliminer la poussière des routes de votre comté

Il pria le ciel qu’une telle auberge existe dans cette citée
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MAJDA EULALIE

Ecoutant son interlocuteur avec attention et s'asseyant après lui, Majda cherche à se souvenir de son nom. Connerademaqueuelaitaude ? Pffff Tu parles d'un nom ! Elle le détaille autant qu'il le fait, se demandant comment un homme peut supporter de se vêtir d'une jupette, alors qu'elle a du mal à s'habiller d'une robe. Bref, déguisée en fille par sa chambrière qui a tenu à ne lui présenter que des vêtements féminins, Majda s'essuie la bouche du revers de sa manche, s'apercevant que la pêche était plus juteuse que prévue.

Bonjorn Sieur ? heu Sire ? Officier Ma Queue Lait Aude. Bienvenue à Carcassonne.

Pour vous loger, nous avons deux auberges en ville. Celle des remparts, et l'auberge des quatre vents. Nul doute que vous y trouverez le gîte et le couvert. Dans la taverne des remparts, il y a quelques... distractions pour les messires. L'auberge des quatre vents est plus sobre.

Elle rougit, repensant à la fois où elle a rencontré la catin, mais bon, toute ville qui se respecte devrait avoir son bordel, et d'ailleurs la faculté de médecine devrait d'ici peu avoir un médecin en charge de ces lieux.

Puis que vous allez rester quelques jours chez nous, je ne saurais que trop vous conseiller de prendre connaissances des lois du Comté, et des décrets de la mairie. Si vous avez un doute, une interrogation, n'hésitez pas. Je suis souvent à mon bureau, et je passe aussi en taverne pour rencontrer les concitoyens.

La jeune maure lui  sourit, essayant tant bien que mal de cacher sa gêne pour lui avoir parlé des catins à mots couverts.

Pour votre affaire, il faudrait m'en dire un peu plus. Il y a peu de blondes dans la cité. Plusieurs ont les yeux bleus. Qu'a donc fait cette jeune femme pour mériter tel châtiment ? Hum, auriez-vous un document officiel ou quelque chose de ce genre ? Pris contact avec un membre du Conseil Comtal ?

Fronçant les sourcils tout en réfléchissant, elle essaye de récapituler les blondes.

Il ne doit y avoir qu'une petite dizaine de blondes dans notre cité. Quel âge a celle que vous rechercher ?
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SOPHITIA

Sophitia avait toujours mal à la tête mais ce qui la dérangeait le plus était de ne pas savoir qui elle était. Elle prit donc les affaires qui étaient à sa disposition et partit en direction de la ville qu’elle pouvait voir au loin et dont elle ne se souvenait pas non plus du nom.

Elle se dirigeait à pas lents vers cette ville fortifiée aux grands remparts. Elle avait beau réfléchir, elle ne savait même pas si elle avait déjà mit les pieds dans sa ville. Le temps qu’elle admire le blason de la ville, qui représentait une porte de château entre 2 tours sur un fond bleu azur semé de fleur de lys, Sophitia vit partir le garde avec une femme aux cheveux longs portant une jupe à carreaux. La femme qui accompagnait le garde n’avait rien de gracieux, elle avait des mollets fort gros et elle avait une démarche très peu féminine.

Sophitia profita du fait qu’il n’y avait plus personne à l’entrée pour pénétrer dans la ville et aller flâner sur le marché à la recherche de quelque chose qui pourrait lui rappeler quelque chose.




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MessageSujet: Re: Un Manoir au loin dans la foret   Mer 24 Aoû - 13:51

SEAMUS

Beaucoup d’agitation… trop
A quoi bon ?
Quand on a déjà tout perdu, on a plus rien à perdre…
Rien ? et pourtant…

Il n’y a qu’une place de libre dans une âme vide. Une image en a chassé une autre réputée pourtant indélébile. Cette image, malodorante qui plus est, il devra s’habituer à vivre avec, comme une maitresse insatiable.

Et pourtant…

Une voix… La Poison…
S’il y a bien quelqu’un que le Taciturne n’imaginait pas entendre en ce jour de colère c’était bien elle.

Il hocha douloureusement la tête, se tourna lentement vers Ivy et plongea son regard vide dans le sien. Vide ? Peut-être y lirait-elle ce que lui-même ne parviendrait de toute manière pas à exprimer. Peu importait… Elle était là, peut-être dans un des moments les plus inavouables de la vide existence de Seamus.
Un rictus aux intonations diverses, terreur, contentement, interrogations. Les mots n’avaient de toute façon pas leur place, comme ils ne l’auraient sans doute plus jamais.

Son regard se porta ensuite sur les autres rescapés. Sa lente observation fut interrompue par l’éructation infâme de celui qui avait pourtant eu pour charge de veiller sur eux en échange d’une obéissance sans faille. Au vu de l’état du Manoir, le contrat avait été rompu.

L’ordre du Maître fut exécuté de la main servile de celui que le Taciturne avait sauvé du brasier, si ses souvenirs étaient exacts. Mais les propos de ce dernier laissaient sourdre une résistance passive pour le moment. De rapides coups d’œil étaient échangés. Seraient-ils tous prêts à bondir sur le psychopathe et le mettre hors d’état de nuire ?

A quoi bon une fois de plus…

Sans un mot sans un regard, Seamus se plaça entre le Maître que ne manquerait pas de se ruer sur Ivy maitrisée et celle-ci. Se tournant vers Chaos, le regard toujours absent il prit la parole selon son mode d’expression habituel



…les loups…
…la connaissent pas assez…
…aurait pas pu entrer…


Il était inutile de contrer le Maître, de s’opposer à lui de manière frontale. Désobéir serait mortel pour au moins l’un d’entre eux. Et cela aurait été un de trop…
Sans frémir il resta planté là attendant une réaction du meneur de leur meute décimée.

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IVY

Elle avait beau fixé l’ombre la plus malsaine qui est jamais existée, elle ne ressentait pas la peur. C’était étrange comme sensation quand même. Le Poison aurait pourtant dû être terrifié, ne serait-ce que parce que sa vie dépendait de cet homme à moitié humain et fou furieux. Hélas non, son corps ne tremblait pas, la confiance régnait dans ses iris bleutés. Si elle devait mourir aujourd’hui, qu’Aristote lui pardonne tout ses péchés et ils étaient nombreux…. Il y avait longtemps qu’elle n’avait plus rien à perdre. Ce n’était pas non plus la première fois que le dirigeant de la Main Noire s’en prenait à elle.

C’était d’ailleurs comme ça que tout avait commencé…. Par cette nuit, à peine fraichement débarqué au Manoir qu’ils s’étaient fait attaqué par les Crépusculaires, Lazard avec eux en simple sbires à l’époque.  Le Patron avait été à  brulée par l’acide, par sa faute.  Elle s’en était terriblement voulu, jusqu’à tenter de retrouver le Crépuscule sanglant et de tous les exterminés, un après l’autre pour racheter sa faute. Pour les débusquer, cela avait été le cas mais, au prix d’ennuis dans lesquels elle dérivait encore aujourd’hui. La colère de Chaos n’était que superficielle pour elle. Trop d’épreuve traversé, trop de blessure à son âme pour que la simple fureur de fou  puisse l’atteindre réellement en cet instant. Qu’on en finisse et puis c’est tout…

Voilà dans quel état esprit elle s’était résumée et contrainte lorsqu’elle avait tendu ses poignets à Versus qui lui plantait ses yeux dans les siens, sans trop comprendre de quoi il en retournait. Du moins, l’imaginait-elle. Les apparences étaient contre elle, tout simplement. Elle voyait bien que cette idée ne l’enchantait guère mais, s’il n’obéissait pas, c’était sa tombe qu’il creuserait à côté de la sienne. Ivy le savait, voilà pourquoi également elle se montrait coopérative pour le moment.

Il se saisit d’un de ses poignets, l’encerclant fermement sans la brutalisé cependant. Il l’a ramena d’un coup sec et sévère contre elle, leur corps entrant en confusion rapidement. Son visage était près du sien, elle ne l’avait toujours pas quitté des yeux. Ses lèvres était si près des siennes cette fois que si elle l’avait voulu, elle aurait pu s’en saisir mais, ce n’était pas le lieu ni le moment de penser à ce genre de chose bien que l’éventualité de la mort donnait au corps l’excitation primaire du désir.

Troublée, elle ne lâchait guère ses pensées pour éviter de sombrer dans le pessimiste de l’équation qui allait se résulter à un dernier souffle, le sien. Il la  fit rapidement se retourner comme une crêpe bien que tout en douceur, son dos venant heurter le torse de Versus cette fois, son autre poignets ramener contre son jumeau déjà comprimé.

Elle leva les yeux, maintenant prisonnière, contre l’infâme Chaos qui s’avançais vers eux, laissant les débris du Manoir se résulter en cendre en arrière plan. La scène était macabre, il ne pouvait en être autrement. Un cimetière s’était dressé pour certain de ses amis gisant sans vie derrière lui et elle les retrouverait sous peu…. Après avoir été torturée par cette chose ignoble, c’était tout à fait le genre du Maitre. Elle n’avait plus rien à perdre certes mais, elle ne lui laisserait certainement pas le loisir d’en profiter à sa guise, comme il le désirait. Elle trouverait bien un moyen d’arranger tout cela. Il le fallait.

Versus tentait de calmer le jeu, elle le percevait dans sa voix et aurait voulu lui dire de se taire. Elle ne voulait pas qu’il paye pour des choses dont il ne savait même pas. Elle murmura un simple ‘’ chuttt ‘’ pour tenter de le lui faire comprendre, que tout ceci, ne valait pas la peine. Il n’avait pas à se sacrifier pour elle.  Mais avant qu’elle n’est pu transiger en sa faveur, plaider sa cause au près de Chaos, Seamus sortait de sa transe et venant barrer le chemin à son tour entre elle et la faucheuse. Il avait tous perdu l’esprit.  Ce n’était ni le lieu ni le moment, mais, elle était touché par la l’agissement de ses amis. Il semblait prêt à la mutinerie si s’avérait qu’un seul de ses cheveux vient à manquer mais, pouvait-elle les laisser faire ainsi….

Maitre… partons d’ici avant que les soldats Languedociens n’arrivent et je vous expliquerais tout… je confirme cependant que je n’ai rien à voir avec cet incendie bien que mon retour y coïncide….

 Sa voix était douce, inébranlable. Jamais elle ne demanderait la pitié, le supplier était hors de question, enfin pour sa vie. Mais elle ne voulait pas qu’une autre âme s’élève cette nuit. Autant la sienne que celle d’un de ses camarades de crimes…Elle allait devoir l’amadouer pour cela, y arriverait-elle ? Elle n’en savait rien mais, elle userait de tous ses charmes pour y parvenir, la ruse étant également de mise. Ne restait plus qu’à voir ce qu’il déciderait….

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CONRAD MAC LEOD

La conversation devenait très positive et malgré le jeune âge que la demoiselle semblait avoir, elle avait quand même un soupçon d’intelligence, mais l’écossais sentait en elle comme un trait de caractère qu’il ne pouvait définir, elle lui expliqua ce qu’il pouvait espérer dans les auberges de la ville. Elle enchaîna avec le fait de s’intéresser aux lois et pour finir elle demanda un justificatif, il avait bien le parchemin du roi d’Ecosse, mais le comprendrait elle ?

Ho vous savez je veux juste pouvoir me nourrir, me rafraîchir et dormir, le reste je n’ai vraiment pas le temps, j’ai une mission à remplir et bon je vous avoue que les femmes légères ne sont pas ma tasse de thé.

Les lois et coutumes dites vous, il me semble que j’ai vu dans les autres villes que j’ai traverse un affichage public près des bâtiments de la mairie, j’irai d’ailleurs voir le bourgmestre de cette ville, en espérant qu’il puisse me recevoir et me faire entrer en contact avec les autorités judiciaire, on ne sait jamais qu’ils l’aurait aperçue. Des détails, comment vous dire, la chose qui m’a marqué le plus ce sont ses yeux, ils sont d’un bleu très profond et envoûtant, son regard ferait se damner un évêque.


Tout en parlant il se releva pour sortir de la sacoche qui se trouvait sur l’avant de son Kilt, un parchemin qu’il lui tendit.

Je le garde toujours sur moi, on ne sait jamais, et j’ai eu raison, vous me le demandez

Il se rassit en attendant que la jeune fille lui rende son document
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ENDURIL

[A Carcassonne, Hôstel de la Famille de Noùmerchat]

Encore une nuit trop courte passée à se tourner et se retourner seule dans sa couche. Ils étaient rentrés depuis peu à Carcassonne, mais séparément. Zac était parti avec le gros de l’armée, laissant sur son chemin diverses sections regagner leurs casernes respectives. Elle avait rejoint la ville de son côté quelques jours plus tard en compagnie de la gent féminine Shaggash.

Sa chainse collant à son corps moite, elle s’était levée tôt, profitant du peu de fraîcheur entrant par la fenêtre ouverte. Bientôt, on les fermerait, les barrant de panneaux de bois qui garderaient dans la journée la fraîcheur apaisante de la nuit.

D’une main impatiente, elle dénoue le cordon qui ferme son col et ses mains tirent sur le tissu, élargissant l’encolure, la faisant glisser sur ses épaules. Elle dégage un bras, puis l’autre, et tandis qu’elle prend à pleine main sa lourde chevelure qu’elle tord et roule pour la fixer au sommet de son crâne, elle laisse le fin vêtement de lin glisser au sol, l’enjambant pour se diriger vers le broc d’eau fraîche et la cuvette qui attendent, posés sur un meuble bas.

Comme à son habitude, personne pour l’aider dans ses gestes quotidiens. Elle ne supporte pas d’avoir quelqu’un pour s’occuper à sa place de ce qu’elle peut faire seule.

Un linge qui plonge dans l’eau. Elle contemple un instant la bulle d’air qui se forme à sa surface et le tissu qui semble rebelle à se laisser mouiller. Mais la nature reprend son droit et le linge s’imbibe doucement faisant éclater la bulle d’air et celle intemporelle dans laquelle elle était. Elle tord le linge pour en exprimer le trop plein d’eau, prend le savon à la délicate odeur de lavande posé à côte du nécessaire de toilette et bientôt, le linge glisse sur le corps de la jeune femme, le délivrant de la fine couche de sueur nocturne pour la remplacer par une mousse onctueuse et odorante. Posant la cuvette sur le sol, elle y met un pied, puis l’autre avant de se saisir du broc et d’en déverser délicatement le reste d’eau sur son corps pour le rincer, prenant garde à ne pas répandre  trop d’eau sur le sol carrelé.

Elle s’enroule d’un drap propre et, se séchant vigoureusement, elle se dirige vers la croisée ouverte pour jeter un œil sur les vergers du Razès. Déjà, quelques cueilleurs sont sur leurs échelles à choisir le fruit qu’ils pourront emmener et vendre à bon prix sur le marché, alors que d’autre, plus chanceux, en sont déjà à leur second.

Son regard plane sur la scène bucolique, glissant toujours plus loin, rencontrant la forêt au sud-ouest de la ville. Il glisse sur les résineux avant d’accrocher une colonne d’un gris sombre qui monte vers le ciel, tourbillonant dans les courants ascendant et descendant de l’air qui s’en joue et la tord comme pour en sculpter le corps d’un serpent à l’agonie.

La colonne est épaisse, mais semble circonscrite. Un feu de forêt, surtout à cette époque de l’année et avec cette sècheresse serait déjà une ligne dévorante et courant pour se nourrir de la végétation, rompant son régime végétarien de tout animal pris au piège de son étreinte brûlante.

Non, cette colonne, c’est un endroit fixe, un endroit avec quelque chose d’assez important pour que la bête satisfasse son appétit, mais assez dégagé pour le circonscrire. Une telle colonne, il y avait fort à parier que ce soit une demeure. Et quelle demeure assez importante pouvait de trouver dans cette partie plutôt inaccessible et peu giboyeuse à cause des hordes de loups qui y régnaient ?

Enduril recule jusqu’à buter sur le grand lit. Elle lâche le drap et porte sa main à sa cuisse droite, caressant une mince ligne de peau maintenant d’un blanc nacré.
Les souvenirs reviennent en masse. La peur pour ses enfants, sa rage, l’envie de tuer ce qui veulent porter atteinte à leurs vies, à leur bonheur tout neuf. Le massacre et le corps lacéré d’une prostituée. Une chevauchée dans la forêt entre Mende et Le Puy. Une bataille. Une explosion. Un homme qui tombe sur la croupe de son cheval, la menaçant d’un poignard. La douleur lorsque son camail s’incruste dans sa gorge sous la pression de la lame. Sa réaction instinctive qui la débarrasse de son passager qui semble vouloir freiner sa chute en plantant sa lame qui lui entaille la jambe avant de passer à son cheval. Au regard qu’il lui lance. A ces yeux verts qui sont restés gravés dans sa mémoire depuis des années.

Des rapports ressemblant plus à des comptes de bonnes femmes pour effrayer les gens avaient à l’époque laissé entendre que cette engeance vivait dans les bois de Carcassonne. Dans un manoir isolé d’où personne ne revenait vivant, voir entier.
Les pensées tourbillonnent dans sa tête.

Et si…

Curiosité dévorante, besoin de savoir, de tirer un trait sur un épisode de son passé. D’un geste sûr et décidé, elle emprisonne sa longue toison d’ébène en une lourde natte qui lui dégage le visage, tirant sur son front et ses tempes et lui courre le long de la colonne vertébrale jusqu’en haut de ses cuisses. Elle ouvre un coffre et en sort chemise, braies, gambison, puis se dirige vers le chevalet de bois sur lequel est posé sa vieille maille si confortable qu’elle enfile aisément, forte de son habitude. Soupirant, mais parce que tel est son devoir, elle prend un tabard aux armes du Comté qu’elle glisse par-dessus la maille. Pas de pièce d’armure, elle ne part qu’en reconnaissance et elle préfère ne pas faire porter de charge supplémentaire à sa monture. Rapidité et liberté de mouvements. Simplement satisfaire sa curiosité de ce doute.

Elle prend quelques dagues qu’elle glisse dans des endroits stratégiques comme seule sait les imaginer. Une épée bâtarde assez légère et manipulable, quelques lames de jets fixées à son bras, sa vieille besace et elle prend la direction des écuries, envoyant au passage un de ses gens aux cuisines, quérir quelques nourriture à emporter. Veille habitude issue de l’Ost que de ne jamais partir hors d’une ville, même quelques instants, sans s’être muni de pain et de quoi apaiser sa soif. Tandis qu’un gamin courre devant elle pour demander qu’on lui selle un cheval, elle suit d’un pas décidé, nouant son cale sur sa tête avant d’enfiler son camail et d’éviter de coincer sa chevelure dans une maille qui aurait été abimée.

Rendue aux écuries, elle désigne du doigt un cheval robuste et d’un caractère placide. Pas question d’emmener une monture un peu nerveuse droit vers un incendie, elle aurait peut être déjà du mal avec celui-là.

Le regard fixe, se remémorant le passé, elle ignore avec superbe les murmures de ses gens lui demandant si ils devaient préparer monture pour une quelconque escorte. De toute façon, ça faisait un bon moment qu’elle se passait de l’escorte réglementaire des Gardes d’Argent, qu’elle refusait de passer du temps à monter sa propre bannière pour se concentrer sur la gestion du comté et il était hors de question de dégarnir comme ça la garnison de la ville.

De toute façon, ce n’était qu’une petite promenade. Une simple mission de reconnaissance. Elle n’irait pas loin…

La monture est prête. Elle saute d’un bon souple sur la bête, levant haut la jambe pour la passer au-dessus du haut arçon. Peut être qu’un jour, quelqu’un en inventera un plus bas, mais en attendant, elle n’a pas le choix et pas la tenue pour monter à cru.

Guidant la bête à travers les rues de  la ville, esquivant au passage ceux qui ne l’ont pas vu, la plupart s’écartant avec respect en voyant ses couleurs, mais surtout avec curiosité. Qu’est-ce qui pouvait pousser la Comtesse du Languedoc à sortir seule et en armes de la ville.

Passée la porte de Narbonne, elle plante ses talons dans les flancs du cheval et son corps s’adapte à son rythme tandis qu’il l’emmène à pleine vitesse vers ce lieu empreint de ces mystères qu’elle veut éclaircir…


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MessageSujet: Re: Un Manoir au loin dans la foret   Dim 25 Sep - 1:07

MAJDA EULALIE

Toujours aussi drôle de voir les écossais. Majda en était à peu près là dans ses réflexions quand il lui tend un parchemin. La belle affaire, elle n'y comprend goutte. Bon il y a un scel une signature, plus qu'à espérer que le contenu soit bien ce que lui dit cet homme. Se levant pour aller à la fenêtre, elle regarde au loin la forêt. Pourvu que l'Ost renforce la garde. Ils sont certainement aussi informés qu'elle sur ce manoir, il existait bien avant sa naissance, alors il n'y a vraiment pas de raison. Faisant semblant de lire en marchant, elle fait signe à Aristide de leur servir des boissons, et retourne s'installer à son bureau.


Alors qu'il se rassoit, elle lui tend le document.

Merce Sieur pour ceci. Vous n'avez pas répondu à mes questions...


Avec un petit sourire malicieux, elle réitère donc sa demande.

Qu'a-t-elle fait, et quel est son âge ? 15 ? 20 ? 40 ans ? Pour la retrouver, ce serait plus facile. Je ne vais pas retourner toute la ville si par de simples détails, je la trouve. Il est fort possible qu'elle ait changé de nom, mais pour votre accent, je pense qu'il est assez inimitable.

Elle sourit, sachant pertinemment que le sien doit lui sembler tout aussi étrange.

Lorsqu'Aristide s'approche et lui propose de la tisane, elle lui répond.
Oui, mais sert cet homme en premier veux-tu ?

La jeune maure se dit qu'il est bientôt temps pour elle de donner les ordres pour préparer ses chevaux. Un petit voyage sera le bienvenu, et elle a vraiment hâte. Mais pour le moment, trouver cette fille blonde aux yeux bleus. Arf, si elle ne la trouve pas aujourd'hui, peut-être que Cyrianna pourra l'aider ? Ou le Lieutenant Finubar ? Elle voudrait prendre la route ce soir si possible, profitant de la nuit pour s'éclipser.

Cette femme doit avoir un accent... Mais je n'en connais pas à Carcassonne qui parlent avec un accent étranger, et pourtant je connais un peu l'accent de ce pays...

S'apercevant qu'elle réfléchit à voix haute, Majda rougit légèrement. Sous son teint foncé, ses joues deviennent un peu plus sombres.

Je crains de ne guère pouvoir vous aider sans de plus amples renseignements. Parle-t-elle couramment le françois ? A-t-elle pu perdre son accent ? Si elle a changé de nom... Et qu'est-ce qui vous fait penser qu'elle pourrait être à Carcassonne ?

Voilà qu'elle le harcèle de questions, mais sa curiosité légendaire lui a pourtant valu pas mal de déboires. Pourquoi faut-il qu'elle soit si curieuse ? A chaque fois pourtant, ça lui retombe sur le coin de la figure. La jeune femme se mord alors les lèvres, se rendant compte qu'elle risque d'endormir le pauvre homme sous ses questions.

Pardonnez-moi, voilà que je vous retiens au lieu de vous faire visiter la ville. Voulez-vous que je vous conduise à de l'auberge des 4 vents qui semble mieux correspondre à vos souhaits ?

Elle rédige une missive rapidement, tout en écoutant et devisant avec son interlocuteur, et la remet à Aristide.
Va remettre ceci à la lieutenante Cyrianna, et fais préparer mes bagages et les chevaux : nous partons ce soir pour un petit voyage.

S'excusant d'un sourire auprès du Sieur MacLeod, elle reprend d'une voix plus douce.


Veuillez m'excuser pour ceci.

Puis elle écoute, essayant de se taire pour une fois, ce qui n'est pas chose aisée quand mille questions lui viennent en tête pour chercher la femme blonde dont il parle.
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CYRIANNA

La jeune femme rangeait les derniers dossiers quand un domestique aux couleurs rappelant Majda entra. Il la salua et lui tendit une missive que Cyr’ lu aussitôt….si elle envoyait Aristide c’est que ça urgeait, sans quoi elle serait venue directement.

Elle plia le parchemin et posa son regard sur le messager :


J’en ai pour une minute, attendez-moi !


Elle se leva prestement, lissa sa tenue et s’assura de quelques petites choses qui pourraient lui être utiles. D’un hochement de tête, elle informa son interlocuteur qu’elle le suivait et ils partirent afin de rejoindre la jeune maure.

Quand elle entra au bureau des douanes, elle resta un instant à observer l’homme en jupette et réprima un fou rire, pensant à un ours râleur :


Bonjorn Majda, messire !
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CHAOS

Il descendit très lentement les marches de l’entrée, ses pieds ne semblant pas toucher le sol, augmentant encore la fantasmagorie du moment. Plus il avançait et plus ses mains se crispaient. Et plus ces inconscients semblaient laisser couler en eux le vent mauvais de la révolte.

Il s’approcha du petit groupe et se posta, raide, devant Seamus. Il le détailla avec soin, son visage toujours masqué par la capuche de sa bure. Derrière le laconisme de son vis-à-vis, se cachait, bien mal, un combat intérieur manifeste et plus le temps passait plus la balance penchait en faveur de l’insurrection. Sans pour autant paraître en être le meneur, le Taciturne semblait résolu. Tout comme les autres. Un faux pas du Maître et la cause était entendue, tout ca aurait été vain. Cette fois encore il devrait la jouer finement.

Sans brusquerie il contourna le Taciturne et s’éloigna du groupe de quelques pas. Tout en marchant nerveusement il commença un sourd monologues.

Bande d’inconscients… Comment osez vous ? Mais force m’est de reconnaître que vous n’avez pas tous tout à fait tord.

Il se tourna vivement vers Ivy

Pas tous…

Mais l’heure n’est pas aux vaines palabres et tout se paiera.
Tôt ou tard…


Désignant le Manoir en feu d’un geste vaste.

De tout évidence il ne pourrait s’agir d’un accident. Même le Gamin ne joue plus avec le feu depuis bien longtemps, enfin de ce feu là…

Quel traitement devait-il réserver à Ivy ? Faire comme si de rien n’était, comme si le Clan était un lieu de villégiature d’où l’on entrait et sortait à sa guise créerait un dangereux précédent. La punir de suite le priverait du plaisir d’y mettre les formes… et le temps. Il pensa un moment l’emmener à l’intérieur pour lui expliquer dans les détails les quelques manquements dont elle avait fait preuve, mais ils avaient raison. Le Manoir était repérable à l’envie et il n’était pas sur que les accords passés avec la mairie de la ville voisine tiendraient bien longtemps face à l’embrassement potentiel de la forêt desséchée en cette saison. Heureusement, l’incendie semblait perdre en intensité. D’ici quelques heures les flammes auraient terminé leur œuvre délétère.


Voici donc ce que nous allons faire…


Il s’approcha d’Ivy et déclara d’une voix froide.

Toi tu surveilles l’arrivée d’éventuels intrus. Il est fort probable que quelques curieux pointent le bout de leur nez et peut-être même de leur épée. Celui qui a osé faire ca n’est peut-être pas loin. Et évite de te faire tuer, je n’aime pas passer en second…

Il se tourna ensuite vers les autres.

Celui qui a fait ca n’a pu venir du ciel. Il a donc du laisser au minimum des traces. Trouvez qui est le responsable de votre perte.

Lorelei ! Toi tu vas rentrer tes petits compagnons de jeu dans leur cage. J’ai… horreur de les voir trainer ainsi. Si tu devais t’absenter je les nourirais… Un régime à base de viande cuite devrait leur convenir, et ce n’est pas ca qui manque là dedans…

Revenez avec le coupable, vivant et utilisable
Moi j’ai à faire...


Il devait savoir s’il pouvait continuer son Grand Projet ou le recommencer à zéro. Sans un mot de plus, ne souffrant aucune question, il réintégra le Manoir en flamme, sans se retourner.
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VERSUS

Il se tendit, il se raidit, ses mains se crispèrent sur les poignets d’Ivy sans lui faire de mal non plus. Il attendit la réaction, autant des autres que de Chaos. Le Maître s’avança vers eux, il eut l’impression qu’il flottait dans les airs. Il n’avait pas l’air humain, mais un démon… Il n’avait déjà pas de pitié, il vivait qu’à tuer, torturer peut être même violer. Versus ne savait pas ce qui était devenue la jeune femme qui avait pénétrer dans l’antre de la Main noire. Tout comme les prisonniers qui se trouvaient dans les cachots. Il n'avait aucune idée de ce qu’il avait pu se produire.

Seamus lança quelques mots, comme à son habitude. Il semblait du même avis que Versus. Cellene ne bougeait pas, Loreleï non plus. Même si ses yeux étaient fixés sur le Maître, le Ténèbre pouvait juste les apercevoir dans son champ de vision. Par contre, il sentit les soupires de l’Azurée qui semblait s’énerver non loin. Le tortueux se plaça devant Seamus, ignorant presque son intervention. Une chose clocha, pourquoi donc Chaos ignora totalement ses mots, pas une seule fois il s’était tourné vers lui, pas une seule fois la bure avait fait face au Ténèbre ! Lorsqu’il passa derrière Seamus, Versus lâcha progressivement les mains d’Ivy. Une main s’en détacha, puis se déposa sur sa hanche, son dos collé contre son torse. Sa respiration se fit plus lente et moins stressée, tout en lâchant pas du regard Chaos. Son autre main resta derrière Ivy, mais elle était prête à se lever le cas échéant.

La voix du Maître s’éleva dans la cour d’honneur, on pouvait sentir sa colère, mais il semblait faire un travail sur lui-même pour ne pas exploser maintenant. Tous semblait contre lui, à ce moment, peut être vallait-il mieux rester dans le même avis… pour l’instant… Il se retourna, lança une menace sur Ivy. Versus avait lâcher sa main pour la poser sur son épaule, délicatement. Il voulait lui démontrer sa présence, malgré le « chuttt » qu’elle avait murmuré. Il n’avait pas du tout l’intention de la laisser tomber ainsi et surtout pas dans des circontances pareils. Il n’était pas rancunier, pas auprès des femmes.

Ca y était, les ordres tombaient, ainsi que les menaces. Le Ténèbre soupira lourdement, faisant taire en lui, la rage qui commençait à monter en lui. Sa main se serra légèrement sur l’épaule d’Ivy. Ils devaient chercher… mais chercher quoi au juste ? des traces ? Ils en avaient pour la journée et peut être bien pour la nuit. Le Maître quitta la réunion improvisé, sans se retourner. Il devait faire quelques choses, comme par hazard. Il entra dans le Manoir, un murmure s’échappa des lèvres de Versus.

Qu’il y brûle…


Il regarda les autres un instant, puis avant même que quelqu’un bouge, pas même Ivy, il prit l’initiative de l’aider. Ils ne seraient pas trop de deux pour surveillé, mais il prendrait l’endroit le plus haut possible. Il savait grimper, il était très agile.

T’aiderai, Ivy… Me placerait tout haut du chêne.


Il pointa le doigt à l’opposé du groupe, pour montrer l’arbre.

Te mettrait à l’autre bout ? On pourra aussi voir, s’il y a des traces depuis nos « tours » improvisées.


Il avait fait très attention à garder Ivy contre lui, puis il regarda les autres.

‘A va pour vous ?

Il s’en fichait royalement de contredire les ordres de Chaos, il n’avait pas peur de lui, pas le moins du monde. Il attendit la réponse des trois autres personnes avant de bouger. Plus longtemps ils se décidaient, plus longtemps il pouvait profité de la peau frêle et douce du beau poison contre lui.
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IVY

Le Chaos, cela signifiait la fin de toute chose. L’homme qui se dirigeait vers eux était à proprement dit, l’apocalypse. Il portait fort bien son nom, personne ne pourrait dire le contraire. Froid, cynique, complètement cinglé mais à la fois, terriblement excitant. Du moins pour elle. Le Poison ne trouvait pas le désir dans les gens singulier mais plutôt en côtoyant les gens dangereux et mystérieux. La sensation du danger l’excitait au plus au point. Pas étonnant qu’elle était toujours dans les embarras.

Le Maitre s’arrêta juste devant Seamus, elle l’observait pendant que lui faisait de même avec un de ses loyaux soldats. Il le contourna, raisonnant à voix haute. Elle pouvait parfaitement voir qu’il tentait de dissimulé ses sentiments, mêlés de nervosité par ses subalternes qui aurait tôt fait de le donner en pâture aux loups s’il mettait la vie de l’un d’eux en danger, se liant tous contre lui et un autre plus étrange, qu’Ivy n’arrivait pas à définir. Avait-il perdu quelque chose dans ce Manoir cette nuit ? La jeune femme qui l’accompagnait habituellement partout ne semblait pas être là…. La Main du Maitre… oula… effectivement, elle comprenait mieux sa colère maintenant qui était, justifiée après tout. Mais peut-être pas autant envers elle qui comme elle le lui avait dit, elle n’avait rien à voir avec cet incident. Cependant, ce n’était que sa parole contre les faits…

Comme s’il lisait ses pensées, il se retourna vivement vers elle. Elle ne pouvait voir ses yeux, cachés par la bure qui ne laissait voir que ses lèvres encore plus charnues que les siennes. Elle se demanda à cet instant ce que pouvait avoir l’air ce visage constamment masqué. Elle leva les yeux au ciel par ses menaces, elles, loin d’être masquées.

Oui Maitre… tôt ou tard…. Quand vous jugerais bon….


Valait peut-être mieux ne pas trop en rajouter, elle aurait bien soupiré mais, elle s’en garda. Elle savait se montrer reconnaissante tout autant que chiante. Pour le moment, elle allait prendre la première option. Son heure de trépas n’était pas venue dans l’immédiat. Elle sentit la main de Versus derrière elle venir prendre sa hanche, gardant son corps d’avantage collés l’un à l’autre pour fini par la mettre sur son épaule. Elle comprenait parfaitement bien ce qui se passait dans la tête du Ténébreux. Malgré le moment qu’il avait passé ensemble, elle n’aurait pu entrevoir l’humanité donc il faisait preuve. Où est-ce autre chose ? Leur relation n’avait été que de courte durée, l’essence d’une nuit qui vous hante cependant très longuement. Voilà encore qu’elle était partie dans ses songes…. C’est le rire démoniaque non loin de son visage et la pression de la main contre son épaule qui la ramena à la réalité.

Chaos voulait qu’elle monte la garde à d’éventuel intrus en tâchant de ne pas se faire tuer. Il la prenait pour qui ?!!! Elle avait passé plus d’une année à courir après des assassins, ce n’est pas une poignée des soldats qui lui ferait peur ! Finalement, ça, il ne le savait pas encore….Les raisons de son absence ne lui avait pas été encore révéler. Elle lui donnerait sa chance… elle n’avait pas le choix de toute manière ! D’autres ordres furent donnés pour chacun d’entre eux ou presque avant qu’il retourne d’où il venait. Ivy leva les yeux vers le Manoir dont les flammes crépitaient toujours mais avec moins d’ardeur, se demandant pourquoi retourner dans ce lieu importait-il à leur Chef. Elle esquiva un sourire au murmure de Versus qu’elle seule entendit par sa proximité.

Le Ténébreux semblait vouloir prendre les choses en main, du moins, un commencement. Elle se retourna, gardant sa proximité quand même mais, lui faisant face pour rivés ses yeux aux siens.

Je te remercie Versus, cela semble une bonne idée mais, je crains que nous ne devrions pas trop nous éternisés ainsi à découvert. Jusqu’à ce que le mala… enfin Chaos revient de faire je sais pas quoi…. On cherche ce qu’il veut et à mon avis, ensuite on lève le camp d’ici pour le moment, ce ne serait pas plus prudent ?


Elle s’inquiétait beaucoup plus de ce qui pouvait roder dans ses bois que la colère du Maitre lui-même. Peut-être était-elle aussi folle que lui finalement. Leur troupe avait été salement amochée et leur moral tout autant. Un combat serait possiblement dévastateur ou un vrai carnage, elle ne pourrait dire comment certains d’entre eux réagiraient. Elle regarda Seamus à cet instant, pensant surtout à lui pour le massacre…. Elle connaissait bien son ami et sans voir Xandrya à ses côtés, elle imaginait parfaitement bien qu’elle ne s’en était pas sortie. Les liens qui unissaient la flamboyante et le Taciturne était privilégiés et il tuerait tous ceux impliqué de près ou de loin dans cet incendie si s’avérait que ce soit volontaire…. La perte d’une amie venait ternir ses yeux à son tour, elle réalisa que beaucoup de chose changerait avec cette nuit qui lentement faisait place à un jour plutôt gris. La perte de leur demeure n’était rien comparativement à celle de leur famille qui n’était plus aussi grande….Peut-être certains étaient-ils encore vivant, elle l’espérait mais, ne gardait plus trop d’espoir à cela….

Seamus, Cellene ? Vous cherchez dans les environs pendant que je vais avec Versus regarder en hauteur ? Lorelei, tu ranges les toutous stp ?

Elle avait appris son nom par le Maitre avant de partir. Les deux femmes semblaient fragiles et sous le choc tout autant que Seamus qui refoulait tout intérieurement contrairement à elle. Elles devraient se ressaisir et vite, surtout Cellene qui semblait dans un monde parallèle, sinon, ils auraient de grave ennuis, le Poison le présentait au fond de ses trippes et cela ne la ravissait pas puisqu’elle se trompait rarement sur ce genre d’intuition…
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CELLENE

Le Maître bougea, le chaotique chef de meute grogna, il devait se sentir bien seul ainsi… Sa Main n’était plus là. Ah ben oui ! ou était-elle ? Morte ? Tant mieux, Cellene ne pouvait pas la sentir, ni même la voir en peinture. Les yeux saphirs ne bougèrent presque plus, fallait qu’elle se reprenne, mais comment ? Elle avait beau essayer d’y parvenir seule, c’était impossible. Quelqu’un devrait l’aider, mais comment expliqué son trouble, elle-même n’avait aucune explication. Elle ne faisait que subir son état de délire, elle n’était même pas certaine de l’événement déclencheur.

La voix du Maître retentit, sa colère semblait énorme. Logique en même temps, quelqu’un voulait causer la mort du Clan, quelqu’un voulait tout faire brûler et tuer leurs habitants. Pourtant, une chose était certaine, la Main Noire n’était pas morte tant que l’un de ses membres était encore en vie. Or, ils étaient plusieurs, effectif réduit mais cela n’était pas si dérangeant que ça. Le Maître avait un don pour choisir ses membres, il ne devait certainement pas être en manque de nouvelles recrues.

Pour l’heure, les ordres tombèrent. Cellene put l’écouter tranquillement, ses deux voix s’étaient tut. Ils devaient guetter et chercher des traces. Quel genre de traces ? Comment être sûre qu’ils trouveraient quelque chose. L’Azurée voyait l’éloignement du Manoir quelque peu déstabilisant. Pourquoi donc, Chaos s’entêtait à vouloir retourner dans les flammes ? Qu’est-ce qu’il y avait de si important là dedans pour faire en sorte que les rescapés du feu s’éloigne du manoir. Un haussement d’épaule la fit réagir quand aux ordres.


Revenez avec le coupable, vivant et utilisable

Il en avait de bonne, le coupable devait être loin, très loin… et depuis longtemps sans doute. Le feu, vu à l’allure ou il était, ça devait faire depuis le milieu de la nuit qu’il brûlait. L’homme ou la femme qui était responsable de ce désastre avait sans doute pris ses jambes à son cou.

Mesquin !!!

Quoi donc ? De quoi tu causes ?!?

C’est un mesquin… il n’pouvait pas vous faire face ?!?

Tu dis n’importe quoi ! Boucle-la ! Il aurait été suicidaire de s’attaqué à la Main Noire face à face.

Cellene fronça les sourcils, grognant très légèrement. Lorsqu’elle se rendit compte qu’elle avait attirer l’attention sur elle, juste après les paroles d’Ivy, elle secoua légèrement la tête. Leurs regards étaient interrogatifs, fallait trouver quelque chose pour accepter le plan du poison. Qu’avait-elle dit déjà ? Aah oui, Versus et elle allaient se poster dans les hauteurs, pendant que Loreleï ramenait les loups dans leur chenil. Et Cellene devait faire face au mutisme et à l’étrangeté de son ami pour chercher des traces.

Hey !! Dis quelque chose, ils vont te prendre pour une folle…

L’Azurée regarda Seamus, puis elle se tourna vers Ivy.

Ouep ! On va chercher… Quoi, on n’sait pas… mais on va chercher !

Une petite pause avant de soupirer, les interrogations quant à son grognement ne semblait pas apaisées. Les yeux saphir se posèrent sur le Manoir, où le feu diminua lentement.

Zarb’ qu’il veuille nous éloigner et entrer là dedans…


Elle haussa les épaules avant de se tourner vers Seamus, qui n’avait même pas réagit quand elle avait posé sa main sur le bras du Taciturne. Elle était même décontenancé de voir qu’elle était ignorée. Il répondrait cette fois, si elle lui parlerait ? Ou il continuerait de faire comme si elle n’existait pas ?

On y va ? Commence par où ?

Doucement, elle se tourna et s’avança vers les grilles, elle tourna la tête pour regarder Seamus. Elle s’arrêta et l’attendit sagement.

Fermez-la maintenant !! Sinon on crèvera !!
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CONRAC MAC LEOD

Comme il l’avait prévu, la jeune demoiselle n’avait rien compris au parchemin que Conrad lui avait tendu, du moins il se doutait de ce fait, car la façon dont elle faisait, pour le déchiffrer montrait une lacune dans la langue angloise, mais cela était normal dans un sens, Carcassonne se trouvait dans le fin fond du sud du royaume de France, à des lieux d’Edimbourg.

Il esquiva un remerciement de la tête quand un homme lui proposa une tisane,


Oui je comprends votre soucis, elle doit avoir 25 ans, taille moyenne, svelte, et sans vous fâcher, elle n’est pas blonde, j’ai bien parle d’yeux d’un bleu profond mais il ne me semble pas que j’ai émis l’idée de la couleur de ses cheveux. Petit détail, son regard intense montre une maîtrise d’elle-même incroyable.

Le Highlander bu sa tisane, remit son parchemin dans sa petite sacoche, et se prépara à sortir. Au même moment une autre demoiselle entra dans le bureau. Existe il des hommes dans cette citée ? Se demanda t’il.

Bonjour à vous demoiselle, je m’excuse de ne pas rester plus longtemps, mais j’ai à faire, j’espère vous revoir toute les deux pour autre chose que le travail.

Je vais de ce pas me rendre dans cette auberge que vous m’avez conseillez, ensuite je ferai un tour en forêt on ne sait jamais que je trouve un indice ou l’autre.


Il salua les deux filles, et sortit par ou il était venu, longea à nouveau les murs des remparts et sur la place du marché il aperçut la silhouette d’une fille, il crut la reconnaître et se mis à courir, puis descendre quatre à quatre les escaliers, bouscula le garde qui somnolait, s’excusa et continua vers la personne qu’il avait cru reconnaître en criant son prénom, Heather…….Heather. La fille ne semblait pas l’entendre, il s’en approcha et mit sa main sur son épaule. La surprise fut telle que Conrad ne put émettre un son durant quelques secondes.

Veuillez m’excuser je vous avait pris pour une autre personne, je suis vraiment confus.

La fille devant lui ne pouvait être qu’une de ces guerrières qui pullulent dans les cités de Provence et dans le nord de l’Italie. Ses armes, son bouclier et son armure ne laissaient planer aucuns doutes sur ses capacités. L’écossais repartit en s’excusant encore une fois et partit vers l’hôtel. Mais une illumination vint le frapper, une idée qui pourrait peut être faire avancer ses affaires. Il fit demi tour et interpella à nouveau la jeune fille.

Mademoiselle, je me permet de revenir vers vous car j’ai remarqué que vous étiez équipée comme une guerrière, et vu que j’aurais peut être besoin de quelqu’un dans ma quête j’ai pensé que vous pourriez m’accompagner.

Il laissa à peine la jeune fille réagir et reprit son discours

Bon si cela vous intéresse, voila une bourse pleine d’écus, allez vous acheter un cheval et retrouvé moi dans une heure à la porte d’entrée la bas dans le bas de la rue. Avec le cheval si vous êtes prête à affronter de grands périls, et avec ma bourse d’écus si cela ne vous donne aucunes envies

Il la regarda et sans mots dire il retourna chercher sa monture et partit vers l’auberge des quatre vents. en oubliant carrément de se rendre à la mairie, mais il avait le temps, il ne comptait pas partir de sitôt. Une fois sa chambre récupérée, il se rafraîchit puis se changea d’une nouvelle chemise et d’un nouveau kilt.

Il prépara tout son armement, épée, dagues et descendit dans la salle de l’auberge, posa quelques question sur Celestine aux gens qui se trouvaient la. Une fois cela fait, il sortit, huma les senteurs et les effluves venant de la place du marché. Pour finalement enfourcher sa monture et se diriger vers la porte qui menait vers la forêt Languedocienne. Une fois le porche passé, il s’arrêta et attendit la jeune fille qui devait l’accompagner, il se demandait quelles lubies l’avait soudain envahi, il ne connaissait rien de cette fille et il l’avait comme ainsi dire engagée. Et si elle profitait de la foret pour tenter de me tuer, et si elle était une amie de Celestine ????. L’attente sous le soleil accablant de cette journée commençait à devenir légèrement longue. Il espérait quand même qu’elle ait choisi l’option cheval
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CELLENE

Sophitia arpentait les rues de cette ville, elle ne savait pas trop si elle ne connaissait rien parce que c’était la première fois qu’elle venait dans ces lieux, ou si ses souvenirs de cette ville avaient disparus en même temps que son identité. Elle regardait à droite puis à gauche, dévisageant les passants et les marchants à la recherche d’un geste, d’une attitude, d’un quelque chose qui lui rappellerai quelque chose. Mais rien, même pas un soupçon ni même une esquisse d’un souvenir. Elle désespérait, elle ne savait même pas depuis quand elle était dans cet état, un jour, un mois, une année,… Pire encore pour combien de temps, serait-elle ainsi. Pour le moment, elle se demandait juste pourquoi les dieux, lui avait retiré sa mémoire, peut être par punition à une mauvaise action, peut être une récompense à une bonne conduite. Elle n’en savait rien, elle déambulait comme une jeune fille qui sort pour la première fois de chez elle, son attitude ne pouvait qu’attirait les regards sur elle.

Elle pensait être la seule folle dans cette ville quand en une fraction de seconde, plusieurs événements rocambolesques arrivèrent : Une furie sur une drôle de bête passa en trombe en manquant de la renverser, cette femme qui sortait d’une magnifique demeure luxurieuse semblait pressé d’aller quelque part. Cette dame, dont Sophitia ne pouvait pas trouver le nom, portait une longue tresse qui lui tombée dans le dos, elle portait une cote de maille mais pas de grande arme apparente, juste quelques dagues et une besace. Elle semblait préoccupée par quelque chose mais quoi, seule elle devait savoir de quoi il s’agissait.

Elle avait à peine le temps de s’en remettre qu’elle sentit une main plutôt puissante la saisir par l’épaule et la retourner. Prise au dépourvu, elle eut juste le temps de mettre sa main sur le pommeau de son épée quand la personne lui fit des excuses pour l’avoir prit pour quelqu’un d’autre. Sophitia voulu lui répondre mais il ne lui en laissa pas le temps, il lui refit des excuses et partit aussi vite qu’il était arrivé.

La pauvre jeune femme était désorientée, elle ne savait si le problème venait d’elle ou si c’était cette ville qui ne tournait pas rond. Elle était en train de réaliser que l’étranger qui venait de lui parler était celui qu’elle avait prit pour une femme peut gracieuse. Mais en même temps quelle idée absurde que de porter une jupe quand on est un homme. Enfin que cet homme porte ce qu’il voulait après tout c’était sa vie et pas celle de Sophitia.

Elle allait repartir à la recherche de son identité quand le porteur de jupe revient à l’assaut et lui propose de l’aider dans une quête. D’après lui elle était peut être une guerrière, si telle était le cas peut être que la proposition de l’étranger l’aiderai. Il lui donna une bourse avec de l’argent pour acheter un cheval et lui donna rendez-vous à l’entrée de la ville. Il ne lui laissa pas plus le temps de répondre qu’il ne l’avait fait la première fois et partit.

En même temps, elle n’était elle-même pas certaine de la réponse qu’elle allait donner à l’étranger. Elle décida de continuer sa promenade dans la ville avant de prendre sa décision finale. En arpentant les rues, elle décida d’accepter la quête du messire, après tout puisque rien dans cette ville ne lui permettait de retrouver la mémoire, peut être les lieux qu’elle visiterait l’aideraient un peu plus. Elle essaya de se remémorer ce qu’il lui avait demandé et fini par se souvenir qu’elle devait se trouver un cheval.

Oui mais voilà, qu’est ce qu’un cheval ???

Elle s’arrêta donc le marché et s’arrêta devant un stand de fruits et de légumes.


Bonjour Messire, je voudrais un cheval.

M’bonne dame c’est pas ici que vous pourrez trouver un cheval, allez en chercher un plus loin.

Sophitia partit donc demander plus loin où l’on pouvait trouver un cheval. Elle entra chez un tisserand et reposa la même question.

Bonjour Messire, je voudrais un cheval.

Le tisserand bien surprit par une telle demande lui indiqua les écuries de la ville. Sophitia s’y dirigea à pas rapide car le temps commençait à passer et elle n’avait toujours pas ce que lui avait demandé l’étranger. Une fois arrivé sur place, elle s’adressa à la première personne qu’elle croisa.

Bonjour Donà, je suis à la recherche d’un cheval.


Quel genre de cheval cherchez-vous ?


Je n’en sais rien, un étranger m’a dit de trouver un cheval pour partir faire une quête.

Il vous faudra donc un cheval rapide, puissant et peu craintif, j’ai tout à fait le genre de cheval qu’il vous faut.

La dame conduit Sophitia à une magnifique monture et lui permit de l’essayer. Sophitia ne comprit pas de suite ce que voulait la femme, puis elle se rappela la furie qui l’avait presque renversé, cette dernière était assise sur une bête similaire. Sophitia monta tant bien que mal sur l’animal, elle n’était pas très à l’aise mais sans savoir comment elle savait ce qu’il fallait faire et comme s’y prendre pour domestiquer l’animal. Une fois un petit tour fini, elle revient à l’écurie et paya la marchande.

Une fois l’achat finit, elle remonta sur le cheval et galopa jusqu’à l’entrée de la ville où l’attendait déjà l’homme à la jupe.

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SEAMUS

On aurait pu qualifier de frisson l’aura que provoqua le maitre lorsqu’il longea Seamus, effleurant sa jambe du pan de sa bure. Mais pour pouvoir frissonner, il fallait être encore capable soit d’avoir peur, soit d’avoir froid. Quelle peur pourrait encore atteindre le Taciturne ? Quant à avoir froid la glaciation de son âme se faisait ressentir jusqu’à la racine de ses cheveux bandés. Il hocha donc lentement la tête au passage du psychopathe. Ce dernier devait savoir que cette fois il n’aurait pas le dessus et qu’il devait lâcher du lest.

Ce qu’il fit avec une mauvaise grâce évidente, lançant une pathétique menace à la Poison avant d’organiser, à sa manière, la suite.

Un vague pincement se fit ressentir autour du cœur calciné de Seamus lorsque Chaos évoqua le Gamin. Inévitablement il fut entrainé dans un torve tourbillon. Gus, le Gamin, la Puce, la promesse fait à…

Ironie du sort, du destin, de la Providence, de… Ironie pure. La Flamboyante périssant par ce qui la définissait.

Lente déliquescence, abolition des sens, des sentis, des ressentis. Un objectif se dessine pourtant. Unique, bientôt obsessionnel. Faire payer, avant de…

Chaos disparut à nouveau dans le brasier. Versus siffla une malédiction entre ses dents qui provoquèrent chez le Taciturne une réaction inattendue… Un rire sitôt étouffé tandis qu’il tournait encore le dos à ses compères. Etrange sensation

Versus les interpella et Seamus se retourna vers eux tel un automate de foire et approuva en silence. Il posa successivement son regard vide sur chacun des survivants comme s’il avait peine à intégrer la réalité. Et c’était bien entendu le cas même si les voir vivants le rattachait à ses vies passées et sans doutes à celles, futures, qu’il devrait plus ou moins vivre en leur compagnie. De plus les survivants n’étaient pas des inconnus et une petite lueur vint briller tout au fond de son âme en les réintégrant dans sa mémoire.

Tandis qu’Ivy et Versus s’apprêtaient à rejoindre la cime des arbres, le Taciturne posa sa main sur l’épaule de Cellene, naturellement, spontanément.

...Si impénétrable...
...Doit y avoir des traces...

Il adressa à Lorelei un petit hochement de tête, l’invitant à les rejoindre sitôt la meute regroupée dans le chenil.

...Se sépare pas...


Et il dégaina d'emblée sa longue épée en se dirigeant vers la grille.
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LORELEI

Les yeux émeraude continuaient leur balai incessant allant d’Ivy à Chaos quand la voix de celui qui les dirigeaient retentit de nouveau, les paroles d’Ivy étant passé dans son esprit sans se stopper, cherchant toujours à sa voir si Cellene et Seamus aurait un soupçon de même idée qu’elle…

Apparemment même Chaos avait bien sentit que tout leurs esprits fou réunis pourrait aussi le mener à sa perte…Les émeraudes de Loreleï se fixèrent sur lui alors qu’il leur aboya de nouveau dessus, son bras montrant leur Manoir…Il ne ressemblait plus qu’à une vaste ruine malgré les flammes amoureuses des murs encore debout. Son sang ne fit qu’un tour, son désir de vengeance s’immisça en elle tel le venin d’un serpent, les mots de Chaos résonnant dans son esprit qui haïssait le feu autant qu’il l’aimait…

L’aimer car elle jouait avec, faisait souffrir tout ces mâles grâce aux flammes des bougies…

Le haïr car il lui avait tout prit une fois déjà…

Pensée refouler en entendant le surnom du gamin, celui-là même qui l’avait accueilli la première fois qu’elle était arrivé, les bains ou il l’avait entrainé… « pfff sors de tes songes ma belle depuis quand tu ressasses le passé toi ! »

Son passé-présent qui l amène dans un lieu qu’elle ne connait pas encore, sa propre folie lui montrant son véritable visage…

Elle suit du regard Chaos qui se « promène » parmi eux, se dirigeant vers Ivy, son rôle de Maître reprenait de plus en plus le dessus, elle l’écoute, son désir de vengeance battant en elle au rythme de son cœur.


Citation : Trouvez qui est le responsable de votre perte.
« Il en a de bonnes lui…De toute façon, je suis perdue depuis belle lurette… »

Elle sursaute intérieurement en l’entendant s’adresser à elle, grimace pendant qu’il use des termes guère à son goût, elle entrouvre les lèvres, sentant son esprit s’échauffer, elle ne veut pas les laisser…Mais ne dit rien, et ravale ses paroles, les émeraudes planté dans sa bure, là ou doivent se trouver ses yeux…

Elle sait qu’il a comprit qu’elle n’était pas vraiment d’accord…Mais qu’elle se pliera à sa volonté…Elle le regarda alors s’enfoncer dans les flammes et se retourne vers le groupe de loups qui n’a pas bouger.

Seamus et Cellene prennent le devant, elle acquiesce aux propos de Seamus lorsqu’il lui demande de les rejoindre et se retourne, un sourire amusé vers Ivy en entendant les mots qu’elle use.


« -Oui Ivy, je les range…..J’en ai pas pour longtemps, je vous suis… »

D’un léger claquement de doigt, celui qui se tenait derrière elle rejoignit les autres, et sans un bruit, elle se dirigea vers le chenil…

Ils étaient elle, elle était eux…

Elle était abattu, ils étaient sur le qui vive…

Elle réclamait vengeance, ils se sentaient au mieux de leur forme…

Elle s’aperçut alors qu’un des loups manquait à l’appel, l’énervement l’envahit en plus de ce désir de vengeance, elle se tourna alors vers le manoir en flammes et son regard devint aussi noir que l’ébène, la rage d’en avoir perdu un, même s’il vouait une admiration sans faille à Xand…

D’un geste rageur, elle ferma la porte, voulant les laisser courir après celui qui a fait ca, qu’ils le dévorent, en fassent leur repas ou ce qu’ils préfèrent !

Son désir d’attraper cette proie se faisait de plus en plus intense, devenant vital pour elle, malgré la tache quasiment impossible…

Dans les flammes elle avait perdu une partie de ses biens, mais sur elle avait toujours sa dague courte qui avait sa place entre ses cuisses et les deux longues qui trônaient sur ses hanches.

D’un pas sûr, elle partit rejoindre Cellene et Seamus qui l’attendait vers la grille du Manoir.


« -On va ou maintenant ? C’est pas que la forêt est vaste mais presque… »
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La Main Noire
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MessageSujet: Re: Un Manoir au loin dans la foret   Dim 25 Sep - 1:09

VERSUS

Chacun était d’accord, deux guets seraient mieux qu’un. C’était même logique. Cellene semblait totalement ailleurs, totalement perturbée. Le feu lui faisait peur… non… il y avait autre chose. Il l’avait sentit soupirer à plusieurs reprises, et presque par moment grogner. C’était bizarre, elle était bizarre, que lui arrivait-il au juste. Versus s’en inquiéta, car si elle faisait capoter leur sécurité à cause de ses délires, ils seraient au plus mal. Déjà que Seamus semblait lui aussi ailleurs, ou plutôt enclin a résister à des douleurs insupportable. Il avait pu se douter en vivant ses quelques mois près de lui et des autres, que la rousse qu’il avait croisé devait compter aux yeux du Taciturne. Les yeux flamboyants se tournèrent un instant sur le manoir et ses flammes, pour chaque personne ici présente, ils perdaient sans doute quelqu’un.

Chacun acquiesça de la tête suivit de parole, celle de l’Azurée n’était pas très convainquant, elle ne grogna pas contre les ordres, ça c’était sur. Elle grognait bien pour autre chose, il aurait voulu la prendre le bras et la secouer un peu. Mais ce n’était pas l’heure, ils devaient faire le guet, ils devaient vérifier que personne ne s’approcherait du Manoir tant qu’ils ne seront pas loin d’ici. Le jour avait déjà prit une sacrée avance sur eux. Versus leva légèrement la tête pour regarder le soleil. Il n’était pas encore tout à faut au zénith, mais s’ils tardaient trop, il le serait. L’Ost et ses soldats devaient dors et déjà se préparer à avancer du leur repair. Seamus, Cellene et Loreleï avait une mission des plus compliqué : trouver des traces dans cette forêt si dense… Ils avaient bien du courage.

Versus s’avança avec Ivy, il répondit que maintenant à son longue phrase, qu’elle avait émise à son attention. Il ne voulait pas parler avant d’avoir eu l’avis de tous. Après tout, c’était bien ça un clan : Mise à part les ordres plus ou moins farfelue du Maître, ils devaient s’entraider pour leur sécurité…

Plus vite on sera là haut, plus vite on pourra donner des indices aux autres, plus vite on sera loin, c’est certain !! Pas que me battre me faire peur, bien au contraire…


Une lueur s’afficha dans le regard flamboyant du Ténèbre. Se battre, voila une chose qu’il adorait plus que tout… prendre la vie d’un mécréant, voir les yeux se vider, virer au blanc transarant, tranché une gorge… Un frisson, oui, un frisson le parcourut… Ca faisait trop longtemps qu’il n’avait pas exercer son art le plus précieux, bien trop longtemps, mais il n’était pas pour autant rouillé.

… Mais.. avec une Cellene venue d’ailleurs, si tu vois ce que je veux dire… et un Seamus qui perd pied, on est pas bien logis !


Sa dernière phrase, il l’avait murmuré, ils étaient maintenant assez loin du groupe, mais ce n’était pas la peine de l’ébruité non plus. Ils s’étaient avancés près d’un arbre.

Aller… Beau Poison, grimpe… Je vais en face ! Evite de tomber hin !!


Versus lui fit un clin d’œil, puis laissa Ivy grimper sur l’arbre. Pour s’échauffer, Versus partit au pas de course jusqu’à l’arbre dans l’autre coin du domaine. Tel un félin, il sauta pour attraper la branche la plus haute qu’il put. Il s’installa aussi haut que possible et à peu près à la même hauteur d’Ivy. Il pouvait la voir sur son arbre. Il appuya son dos sur le tronc, tout en restant accroupit sur la grosse branche. Ainsi, il avait une vue sur tout le manoir et la forêt. En face de lui, il pouvait presque deviner le clocher de l’Eglise. Derrière lui, il pouvait voir le manoir s’effondré et apercevoir la muraille. Il scruta le sol un instant, mais ne voyait pas grand-chose. Il releva la tête et ne bougea plus. Sa respiration ralentit un instant, il ferma même les yeux, afin de faire le vide en lui. Car même s’il faisait jour, avec cette forêt dense, n’importe qui pouvait s’y cacher. Il entendit au loin, un groupe, des bruits de pas. Il entrouvrit alors les yeux et vit Seamus, Cellene et Loreleï prendre la route pour chercher toute trace suspecte. Délicatement, Versus leva le bras et attrapa le manche de sa lame, valait mieux être prudent à cet instant. Ses yeux se refermèrent à nouveau, il entendait quelques oiseaux piailler, le vent s’engouffrer dans les feuillages, le feu ronger encore les derniers murs du Manoir.

Ses yeux s’ouvrirent d’un coup, un bruit… un bruit qui ne faisait pas partit de l’environnement. Un craquement, une branche qui casse ? Une feuille qui se faisait écrasée. Versus fronça les sourcils, quelque chose se passait… Une sensation désagréable et agréable en même temps… Il scruta les alentours, jetant un coup d’œil à Ivy…

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CELLENE

Une main, une main se posa sur son épaule, Cellene tressaillit, son cœur ne fit qu’un bond. Pourtant, la main déposée était spontanée, douce et amical. Ses yeux se déposèrent sur Seamus, c’était donc lui qui l’avait fait sursauter. Elle était à nouveau ailleurs, dans ses pensées ou ses voix. Elle ne le savait pas vraiment. Elle dut réfléchir un instant… ah oui, voilà… elle était entrain de se dirige vers les grilles pour aller chercher ses fichues traces. La voix de Seamus retentit.


...Si impénétrable...
...Doit y avoir des traces...


Hum… La deuxième phrase était compréhensible, mais la première, Cellene ne savait pas ce qu’il voulait dire et fronça les sourcils. Elle sentit son cœur ralentir un peu, sa respiration reprit normalement. Sa tête se tourna vers Loreleï qui se dépêcha pour ranger les loups, comme l’avait dit Ivy. Sa main se déposa sur la garde de son épée et délicatement la sortie de son fourreau. Les yeux saphirs se tournèrent vers Seamus. Elle voulut lui demander si tout allait bien.. Enfin non… mais plutôt s’il tenait le coup… Mais elle n’osa pas. Seul son regard s’ancra dans le sien. Il comprendra ce qu’il voudra comprendre. Avec lui, elle n’avait pas besoin de parler, pas de besoin de rajouter des mots. Juste leurs regards suffisaient à se faire comprendre. Elle se posa d’un coup la question du pourquoi il était si mal, elle ne s’était pas encore rendue compte de ce qu’il venait de se passé.

Un soupir s’échappa de ses lèvres, que lisait-elle dans ses yeux ? Le vide, le néant… bien plus qu’avant l’incendie. Elle comprit, Xand n’était plus… Ce qui voulait dire que d’autres non plus. Le gamin, pour qui elle adorait le frapper derrière la tête… La puce et ses bouclettes, sont inconscience dut à son âge… Lupia, sa peste… était-elle resté à l’intérieur… était-elle partie ?... Ses yeux se mirent à briller d’un coup, elle détourna la tête. Loreleï les avait rejoints, ils étaient maintenant tout trois devant la grille. Cellene déposa la main sur le fer et frémit de le sentir presque froid. Une nouvelle fois, elle devait quitter l’enceinte du manoir et la certaine sécurité qu’il donnait. Sécurité qui était compromise maintenant, leur perte… le juste mot donné par le Maître. Ils courraient à leur perte… ou pourraient-ils aller se réfugier ? se cacher ?...

Cellene serra les dents, elle devait se reprendre, c’était important. Elle avait déjà horreur de sortir du manoir, mais en plus avec ses délires et ses visions, la tâche ne serait pas mince… Loreleï posa une question. Oui, par où commencer ? Elle s’avança en premier… un pas… deux pas… trois pas… elle avait passé les grilles… à gauche… à droite… par où ? Elle ne le savait pas…

Bouge… tu vas soit à droite… soit à gauche… mais reste pas plantée là ! Remue tes fesses et tes méninges…

Un nouveau soupir… un nouveau grognement léger…

Ferme-la !! Sale trogne !!


Faisons déjà le tour du Manoir…

Elle leva la tête pour regarder, les deux « félins » dans les arbres. Versus ne semblait pas bouger, ni voir quoi que ce soit. Elle regarda vers Ivy, avait-elle vu quelque chose ?

Passons par là… pour commencer…

Elle pointa la pointe de son épée en direction de sa droite, passant ainsi devant Ivy. Elle regarda Seamus, puis Loreleï et se mit à avancer doucement. Ses yeux restèrent légèrement humides. Elle avait du mal à savoir comment elle devait réagir face à tout se remue ménage en si peu de temps. Sa main resta crispée sur son la garde de son épée, elle scruta le sol de ses yeux. Ses cheveux volèrent légèrement par une brise qui était présente. Elle s’avança lentement et avec prudence. Par moment, ses yeux remontèrent pour regarder devant elle, et à côté d’elle. Au cas où, quelqu’un devait arriver. Le feu ne devait pas passer inaperçu maintenant, la fumée avait du très certainement en appeler plus d’un curieux…

Cellene marcha sur une branche, qu’elle brisa sous son poids. Elle sursauta et observa autour d’elle. Elle n’était vraiment pas tranquille. Les voix restèrent muettes, au moins, elle serait tranquille pendant un moment…

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IVY

Tous semblaient d’accord avec le procédé des opérations. Lorelei ramena son docile  toutou vers le chenil et elle ne fut pas déçue de les voir partir. Elle n’avait pas trop confiance en ses ''alliés'' semi-domestiqués. On ne savait jamais quand isl se retourneraient contre leur maitre. Si la belle dompteuse appréciait leur compagnie, c’était loin d’être le cas d’Ivy, les tolérants plus qu’autre chose tout en les respectant cependant. L’azurée et le Taciturne prirent le chemin menant vers la grille à la recherche d’indices.  Le beau Poison leva une dernière fois les yeux vers le Manoir qui n’était plus rien…. Plus que tas de cendres enfumées. Elle semblait elle-même mourir sur ce brasier presque éteint.  Elle n’avait pas trop choisi le moment pour rentrer au bercail finalement, bien qu’elle serait là pour ses amis, pour Seamus en particulier. Le lien particulier qui les avaient toujours uni, lui, elle et Xandrya s’était rompu. Elle tenterait de préservé celui qui resterait entre Seam et elle, si jamais cela ne s’avérait pas trop douloureux pour ce dernier. Seul le temps le dirait….

L’inquiétude se lisait sur son visage, dans le ton de sa voix. Versus tenta de la rassurer comme il le pu lui disant qu’ils ne s’attarderaient pas plus que nécessaire. Silencieusement, elle hocha la tête. Étrangement, l’avoir à ses côtés étaient assez pour donner à la belle empoisonneuse un peu de vitalité et  ne pas se laisser amener comme les autres dans une léthargie de l’esprit.  

Elle se rendit parfaitement compte que ses inquiétudes pour un futur combat étaient partagées par son accompagnateur. Tout en se dirigeant vers les plus grands arbres près de la grille, il lui en faisait part.

Je sais bien Versus, cela me ''chicotte'' aussi je dois dire. Je n’ai jamais vu Seamus dans cet état… Cellene non plus bien que je la connais très peu en fait…. Enfin, pas aussi intimement….


Elles étaient amies certes mais, elles n’avaient que rarement parlé profondément donc, elle ne pouvait savoir ce qui se passait dans la tête de la belle ébène en ce moment même. Arrivée devant un des grands arbres à droite, Le Ténébreux la quitta, lui sommant de faire attention en lui lançant un doux clin d’œil. Un charmant sourire se dessina sur ses lèvres.

Fait plutôt attention à toi… aucune envie de te porter ensuite si tu te casses quelque chose !

Contrairement aux autres, elle n’avait perdu aucun bien matériel dans l’incendie puisque tout était soit sur elle, soit dans les sacoches de son cheval. Elle aurait du prendre une de ses épées mais, elle n’y avait pas songé au départ. Heureusement que sa dague fétiche se retrouvait toujours contre elle, dans son corsage.  Elle l’y laissa pour le moment ne voulant pas s'encombrer inutilement, regarda Versus s’éloigner à l’opposé avant de commencer à grimper dans l’arbre. Cela s’avéra pas trop difficile, les branches étaient bien espacées et à des hauteurs l’une des autres, assez raisonnable. Elle faillit glisser cependant, une des branches sur laquelle elle avait pris appuis n’était pas assez forte pour supporter son poids mais fort heureusement, elle eut le temps de se cramponner à une autre avant qu’elle ne cède.

Arrivée à une  hauteur adéquate, à égalité de Versus qu’elle voyait de l’autre côté, elle se mit à regarder dans les environs. C’était la première fois qu’elle grimpait si haut. La vue était vraiment magnifique bien que le soleil l’aveuglait de si haut. Elle secoua la tête pour chasser les petits points lumineux devant ses yeux et se concentra sur le sol.  Elle vit passer Cellene légèrement désorientée et en sourit brièvement.  Un craquement se fit entendre, elle haussa aussitôt la tête, cherchant d’où venait le bruit lorsqu’elle se rendit compte que son amie tout en bas venant de faire craquer une branche morte, possiblement celle qu’elle avait elle-même fait tomber. Mais tout de suite après vient un bruissement de feuilles martelées par les pieds. Est-ce Seamus et Lorelei cette fois ou si quelqu’un se déplaçait réellement non loin de la grille, tout comme eux ? Elle leva les yeux vers Versus qui lui également la regardait, intrigué. Ils avaient tous bien entendu…. Elle ne prit pas de chance, sorti sans aucun bruit son poignard et attendit sagement de voir une ombre ou un autre bruit se répéter, prête à intervenir…. Elle espérait que l’escouade au sol avait entendu aussi, qu’ils se tenaient à l’afflux et qu’ils auraient trouvé quelques choses car la seule trace qu’elle distinguait de là où elle était, c’était les empreintes de son propre cheval ….

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MAJDA EULALIE

Rapide résumé de la situation à la lieutenante de Carcassonne qu'elle présente à l'étranger, terminer sa tasse de tisane, et déjà ses pensées se tournent vers sa monture. L'idée de devoir encore galoper sur des lieues ne l'enchante guère. Son parrain lui a dit qu'elle devra prendre des cours d'équitation, il n'a pas eu le temps sans doute... Bref pour elle, les chevaux, c'est bon ! Très bon même, avec une bonne sauce avec quelques légumes.

A cette idée, elle a l'eau à la bouche et grimace d'avance en ce cambrant, une main dans le bas du dos. Etrange que la simple idée de cet animal lui donne des sentiments si différents.

Le Sieur partant, Majda le salue d'une révérence et papote avec son amie Cyrianna, tout en refermant la porte du bureau des douanes momentanément. Son adjoint pourra peut-être l'aider un peu plus tard, il faut aussi qu'elle avertisse le Lieutenant de l'Ost et sa "cousine".

La jeune maure se veut rassurante envers son amie. Pour le moment, elle fera route jusqu'à Narbonne seule, mais ensuite, elle sera escortée jusqu'à Montpellier.

Pour la suite du voyage, il faudra qu'elle y réfléchisse. Peut-être pourra-t-elle trouver quelqu'un dans la Capitale  pour aller sur Mende ? Il ne lui resterait plus qu'une étape ensuite avant d'arriver au Puy.

Petit tour en taverne pour saluer ses amis avant de prendre la route et là, surprise, un homme va sur Narbonne. Il semble bien armé, et du coup, l'occasion faisant le larron, elle lui propose de l'accompagner en lance. Ainsi, ils risquent moins l'un et l'autre de se retrouver nez-à-nez avec ce petit bandit de bas étage qui rôde autour de Carcassonne. Bas-étage certes, se contentant de dépouiller les voyageurs, mais tout de même assez fort d'après les dires qu'elle a pu recueillir. Ainsi donc, ses parents ne pourront pas lui faire la morale sur son imprudence légendaire, du moins jusqu'à Montpellier.

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ENDURIL


A l’orée de la forêt, Enduril tire sur les rennes pour ralentir sa monture. Son regard émeraude fouille le vert plus foncé des feuillages. Certains arbres ont souffert de la chaleur et offrent le spectacle de leurs frondaisons autrefois luxuriantes et maintenant réduites à des grappes craquantes de feuilles d’un pâle roux-rosé qui n’a rien à voir avec la débauches de couleurs passant de l’or à l’écarlate qu’elle prendront dans quelques semaines.

La seule trouée visible est celle laissée par le piétinement continuel des pas des habitants du cru lorsqu’ils vont faire provisions de bois mort, paître quelques chèvres, glaner quelques fruits ou quelques champignon. Parfois, pour les plus téméraires, aller y braconner pour améliorer l’ordinaire.

D’une pression des talons, le cheval pénètre dans la forêt. Dans la poussière laissée par les dizaines de pieds ayant érodés la couche de terre durcie comme la pierre, elle remarque des empreintes de fer. Sans nul doute, un cavalier est passé par ici. Une série d’empreintes qui entrent et une autre plus marquées et superposées qui en sortent. Pas de doute, le cavalier a passé du temps en forêt et en est sorti depuis peu. La journée de la veille ayant été venteuse jusque vêpres, c’est dans la soirée qu’il avait dû y entrer, mais en sortir quelques heures plus tard.

La jeune femme hume l’air ambiant. L’odeur de fumée est peu perceptible encore, supplantée par l’odeur des herbes de la garrigue et le parfum des résineux et des chênes verts. Sa monture avance au pas tandis qu’elle jette des regards alentours, guettant tout mouvement et vérifiant qu’elle est bien sur la piste du dernier semblant être passé par là.

Au fur et à mesure qu’elle s’enfonce parmi les arbres, l’odeur de fumée se fait plus forte et déjà elle croise quelques animaux qui fuient le danger potentiel des flammes.

Là, une autre trouée… Elle approche. Des branches cassées, des feuilles arrachées, quelques traces de fers… Oui, un cavalier est passé par là. Elle descend de selle, enroulant les rennes de sa  monture autour de sa main et pénètre dans le chemin tracé, examinant les branches cassées. Oui. Pas de doute. Le cavalier se dirigeait vers l’extérieur et Carcassonne. Il suffisait de regarder le sens de cassure des rameaux. Silencieusement, elle continue sa route. L’odeur est de plus en plus forte et déjà la fumée se répand, de plus en plus dense, pour la plus grande nervosité de l’équidé.

Déjà près d’une heure qu’elle progresse sous la canopée. Enduril sait que si elle continue trop longtemps, elle risque la suffocation, voire de se retrouver prise au pièges des flammes si l’incendie n’est pas, comme elle le pense, le résultat d’un bâtiment en flamme. La progression devient plus mal aisée, les arbres étant plus denses. Pourtant, une lueur semble désigner une clairière envahie par une fumée plus dense. Sa décision est prise, elle sait qu’elle a encore quelques responsabilités. Elle n’ira pas plus avant.

Contournant un dernier arbre et restant dissimulée à l’abri de buisson, le spectacle qui s’offre à sa vue la saisit de surprise. Devant elle, d’immenses grilles semblent être le seul point de passage de murs épais et assez hauts pour que trois hommes debout ne puissent en atteindre le sommet. La propriété semble immense, repliée sur elle-même comme pour faire front à toute tentative d’intrusion. Elle n’approche pas. Ce n’est pas la peine. La source de la fumée se trouve bien à l’intérieur et des cris lointains, étouffés par la distance sont la preuve qu’il y a des survivants. Tant pis, elle ne pouvait rien faire seule, et ce devait être vraiment la protection du Sans Nom qui avait protégé du feu purificateur ses serviteurs, empêchant l’ouvre du Très Haut de s’accomplir en effaçant de la surface de la terre cette engeance pour l’envoyer se geler dans les enfers glacés lunaires. Car il est dit que toute chose vivante est source de chaleur et que le froid est œuvre de la mort.

La jeune femme se mord un instant la lèvre inférieure. Il est temps de faire demi-tour. Une forte odeur canidé et sauvage s’exhale sur sa gauche. Un tel mélange est souvent signe de la présence d’une meute de loups. Elle se tourne vers sa monture, prête à sauter en selle, lorsqu’elle entend un craquement. Manifestement ce ne peut être un animal. Le claquement était trop sec et ne pouvait avoir été fait que par quelque chose d’assez pesant. Avec la proximité de l’incendie, la plupart des hôtes de la forêt alentour devaient être loin. La seule espèce à pouvoir être encore sur place, c’était celle qui marchait debout sur ses pattes de dernière. La plupart du temps, c’était aussi la plus dangereuse.

Elle laisse les rennes du cheval pendre au sol. Aristote en soit loué, son dressage était irréprochable et en l’absence de cavalier, cette simple mesure lui signifiait d’attendre sur place et il n’en bougerait pas. Faisant attention à ne pas commettre la même erreur que celui qui avait fait ce bruit, Enduril se déplace précautionneusement, prenant garde à ne pas sortir du couvert protecteur de la verdure. Là, devant les grilles du château trois silhouettes semblent être sorties du parc et fouillent du regard la forêt. Deux femmes et un homme, armés. Ses yeux glissent sur les femmes notant au passage leur armement avant de s’accrocher à l’homme. La même carrure, la même corpulence… Se pourrait-il… Seul son regard qu’elle n’avait pas oublié pourrait ôter les derniers soupçons.

C’est comme un aimant qui l’attire, un besoin irrationnel de répondre à une question qui la hante. Malgré elle, elle avance d’un pas précautionneux, puis de deux. Ils sont plus proche et une petit voix au fond de son crane lui hurle de faire demi-tour, de fuir et revenir avec des renforts maintenant qu’elle connait les lieux. Qu’elle n’a pas le choix !

C’est alors que son pied heurte un objet. Son regard cherche aussitôt ce dont il s’agit, perdant de vue un instant l’étrange trio. Une sacoche ! Pas le temps de réfléchir, instinctivement, elle ramasse l’objet avant de repartir en courant vers sa monture.

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SEAMUS

Le Taciturne acquiesça lentement aux propos de la Louvetière qui les rejoignait

…vaste…
…insuffisant…
…désormais…


Il scrutait, écoutait, tous les sens en éveil. Une odeur de fauve, étrangère à celle des loups relativement apprivoisés du chenil. Une meute sauvage avait du passer non loin de là. La douleur avait réveillé en lui ses bas instincts de pisteur, d’homme des bois sans cesse aux aguets.

Un craquement improbable se fit entendre à ses côtés. Il se retourna vers l’Azurée. Leurs regards se croisèrent à nouveau. Les reproches muets qu’il lui adressait se muèrent rapidement en un éclair de complicité. Etrangement, un sourire, craquelé au départ, peu à peu plus franc se dessina sur son visage. Il continua son tour en regardant un à un ses congénères de meute. Car en quoi étaient-ils différents de ses bêtes sauvages en chasse, à la recherche d’un gibier qu’ils ramèneraient à la meute pour la satisfaction de l’alpha. Il leva les yeux vers Versus et ensuite accrocha ceux d’Ivy dans les siens. Vint ensuite le tour de Lorelei. Étrangement il se sentait comme porté par le groupe, et ca lui faisait un bien fou. Finalement la vengeance serait autant celle de chacun d’eux que celle du groupe soudé qu’ils formaient

…droite…

Il emboita le pas à Cellene en progressant avec une extrême prudence, l’espace devant le Manoir étant fort dégagé à son goût. Mais laisser la végétation s’approcher trop du mur d’enceinte donnerait occasion trop facile pour qui aurait voulu pénétrer dans leur repère sans y avoir été convié. Sans vraiment le vouloir il se retrouva devant les deux femmes au moment où son attention est attirée par un cliquetis métallique. Arme ? Armure ? il ne pourrait le dire mais ce tintement ne faisait pas partie des bruits habituels de la forêt. Il avança à pas feutrés vers l’endroit d’où provenait ce son incongru.

Une femme, lourdement harnachée regarde en leur direction. Instant fugace de doute de questionnement, vif rappel, émotions du passé, explosion, combat, course poursuite. Sans aucun doute possible il l’identifie comme celle qui fut son adversaire lors de la mission du Puy. Son équipement militaire laissait supposer qu’elle avait persisté dans cette voie. Et un militaire était rarement seul, surtout dans ce genre d’endroit.

Cependant elle ne semblait pas vouloir venir au contact. Elle était peut-être seule finalement mais quoi qu’il en soit ca ne durerait pas.

Elle commit l’erreur de lâcher du regard pour s’occuper d’une improbable besace tombée au sol. Vu la manière dont elle l’examina rapidement il en déduit qu’il ne lui appartenait pas

Ils devaient vérifier  coute que coute ce qu’il en était. Pour cette mission, le Maitre n’avait pas désigné de meneur. Même si Seamus ne se sentait pas investi de ce rôle il fit un geste ample des bras à l’intention de Cellene et Lorelei, espérant qu’elles comprennent qu’il leur proposait de prendre la femme à revers.

…fonce…

Un froid ricanement qu’on aurait pu confondre avec celui trop entendu du Maître sous la capuche de sa bure retentit alors. Mais c’était bien de Seamus qu’il émanait. Il contourna un arbre centenaire et plongea de toute ses forces dans les jambes de la fuyarde

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CONRAD MAC LEOD


Combien de temps s’était écoulé avant que la jeune fille ne revienne, Conrad ne le savait pas. Il avait profité de cette attente pour discuter avec les hommes et les femmes qui sortaient et entraient dans la ville avec leurs charrettes remplies de victuailles, et de matières premières, les uns venaient du marché et les autres s’y rendaient pour espérer vendre le fruit de leur labeur. Une femme lui dit qu’elle avait aperçut une jeune fille correspondant au signalement, mais très peu de temps, en effet elle s’était enfoncée dans la foret, un jeune homme lui aussi l’avait aperçue, et quelques autres encore. Ce qui frappait Conrad dans ces explications c’est que cette jeune fille avait disparu dans le foret accompagné d’autres personnes. Il remercia toutes ces personnes et vit enfin arriver sa nouvelle associée, enfin c’est comme cela qu’il la considérait.

Bon nous allons nous rendre dans cette direction, et peut être trouverons nous celle que je recherche, je vous demande de bien faire attention et espérons surtout que vous savez vous servir des armes que vous portez. La façon dont vous montez à cheval me fait quand même dire que vous n’en êtes pas à votre première fois

D’un signe de la tête, les deux cavaliers prirent la route en direction des bois sans forcer sur l’allure, l’écossais n’était pas la pour faire une course de chevaux, mais bien pour retrouver une femme assassin venu du nord de l’Europe. Au fur et à mesure de leurs avancées, une odeur de bois brûlé commença à se faire de plus en plus forte. Conrad regarda au loin, mais sa vue était bouchée par la densité des arbres, et ne rien ne filtrait au travers des branches.

J’espère que nous allons bientôt trouver une clairière, cela nous aidera  pour prendre la bonne direction.

Tout en disant cela il observa la jeune fille et remarqua que son regard était précis, ce qui prouvait encore qu’elle devait être une guerrière aguerrie aux arts de la guerre. Finalement il arrivèrent aux bords d’un petit étang dans une magnifique clairière, le soleil illuminait l’endroit ce qui rendait le lieu majestueux. Conrad s’arrêta et scruta au delà de l’étang, son œil croisa au loin un colonne de fumée. Il se tourna vers la blonde guerrière.

Allons voir dans cette direction, je ne sais pas exactement ce que c’est mais à mon avis des brigands ont du mettre le feu à une bâtisse après l’avoir pillé. A partir de maintenant soyons très prudent, il est possible que nous les croisions, le temps d’arriver sur les lieux ont en a sûrement pour quelques heures. En plus quelqu'un est déjà passé par ici, regardez des traces d'un cheval
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MAJDA EULALIE


Quelques jours à Montpellier, ville de passage, mais au combien attrayante. Rencontre de quelques personnes fort intéressantes, amitiés trouvées ? Elle l'espère, même si beaucoup de choses les séparent. Des discussions animées parfois, des échanges cordiaux virant sous la houle par moment, mais toujours avec un respect mutuel. Confrontation d'idées qui lui font avancer sa pensée, du moins, elle l'espère.

Enfin, Fred se rend vers Mende, elle demande à profiter de la chariotte et direction Nîmes ! La jeune maure est pressée de se rendre à Mende, mais pas imprudente non plus.

Soucis pour sortir de l'auberge, le tavernier voudrait-il la séquestrer ? Non point ! Ouf, il la laisse enfin sortir, mais avec une bonne journée de retard et la chariotte d'Auru, Malcom et Fred est déjà repartie... Plus qu'à envoyer un pigeon et espérer qu'ils pourront attendre à Alais.

Bien décidée, elle prend la route seule. Rejoindre son bien-aimé, aller voir les reliques de Saint-Louis au Puy, voilà son objectif. Peut-être pourra-t-il sortir de sa caserne, et peut-être le croisera-t-elle ? La dernière fois qu'elle a eu de ses nouvelles, il semblait aussi inquiet qu'elle, mais il ne lui a rien dit, et sa tranquillité et sa force ont suffit à la rassurer. Son sourire... Majda y repense et file à toute allure vers Alais, espérant de pas croiser de malotrus sur la route. Mais bon, comme la taquine le Comte, c'est plutôt aux bandits de se méfier au vu de son tableau de chasse. Il lui a même refusé le droit d'aller voir ses parents. Soupir. Vivement dans quelques jours, elle sera près de lui, de celui qu'elle aime.

Une missive à un ami pour demander qu'il vienne lui secouer un peu le cerveau, elle a l'impression de perdre pied, et retrouver son bon sens populaire ne peut que lui être bénéfique. Se ramasser un bon coup de pied dans le fondement, voilà en gros ce qu'elle vient de demander à cet écossais, ce vieux bourru, cet ours mal léché qu'elle apprécie tant... Elle repense à celui qu'elle a laissé à Carcassonne, espérant que le lieutenant s'en occupera.

Chasser ses idées, et se concentrer sur sa chevauchée. Pas le moment de tomber de cheval. Alais en vue, et enfin, entrée dans cette ville d'où sont originaires ses parents.
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MessageSujet: Re: Un Manoir au loin dans la foret   Dim 25 Sep - 1:10

MYRRHA

[Paris : demeure familiale des Morlhon - De La Rosière]


Cannelle ?

Voix ensommeillée. Corps qui s’étire. Enfant singulière, Myrrha sort d’une sieste bien mérité. Depuis l’aube à jouer avec une furette dans le grenier, à la chercher entre les différentes malles. Sa compagne de jeu depuis toujours, depuis aussi loin que remontent ses souvenirs. Dans la pénombre qu’offre le lieu, elle n’a pas vu le temps passer et lorsque le sommeil s’est emparé d’elle, La Morlhon était plongée dans un coffre à l’odeur chèvrefeuillée. Son excuse à elle pour LA découvrir. Les affaires sont sommaires, bien rangées, des robes pour la plupart, toujours noires, loin de ce qu’elle porte elle-même l’enfant gâtée. Des lettres enrubannées qu’elle a lues il y a bien longtemps, deux ans précisément. Un prénom en lettres dorées sur un morceau de bois, le commencement, La lueur précédant le lever d’Apollon et suivant l’aube : sa mère. Tout ce qu’elle connait ou possède se trouve ici même dans ce lieu loin de tout, pas même un portrait ou une mèche accompagnée, d’une odeur indélébile. Elle a bien tenté d’en savoir plus. Les missives dont elle dispose ne lui apprenne rien de plus que ce qu’elle a déjà surpris. Une mercenaire… la gamine a bien tenté de faire parler Gabriel, ce père, ce "sauveur" qui l’a emmené au château près d’un vieillard en mal d’une princesse. Elle n’a jamais réussi à vraiment l’approcher, aucune complicité, il a fait son "devoir" mais était-elle malheureuse, maltraité par son tuteur ? Au contraire, elle était destinée à devenir son héritière, il ne demandait qu’une seule chose, qu’elle s’applique pour le mériter. Sa froideur, elle ne la craignait pas. Le maitre la traitait comme une future égale malgré son jeune âge. IL faisait son éducation, sans cet homme qui se prétendait géniteur peut être en aurait-elle su d’avantage sur sa mère. Gabriel balayait ses questions par des « Nous en discuterons un jour où tu pourras comprendre. » décidément, il ne la connaissait absolument pas. Pour lui, elle n’était qu’une petite fille, un ornement dont on ne sait que faire, enfermé dans un écrin.
Espiègle, on avait beau la renfermer dans la peau d’une poupée de porcelaine, elle n’en restait pas la petite héritière d’un empire…Et pas n’importe lequel.


Cannelle ?

Ton se faisant impatient. Rechercher dans la malle en sortant tout ce qu’elle y renferme. La furette champagne doit dormir à l’abri de l’importune. Doigts impatients. S’agite. Ne sait pas l’heure qu’il est et si la nuit est tombé, quelqu’un viendra la retrouver…

Tu n’as rien oublié, batarde ?

Sa mâchoire se bloque. Hésite avant de se retourner. Cette voix la fait frissonner plus que de raisons, elle aurait dû descendre avant qu’elle ne lui cherche querelle. Le mustela profite de son inattention pour lui sauter au cou. Joueuse. S’enroule autour en mordillant son lobe d’oreille, lui signifiant la fin de la partie. Rassurée par cette simple présence, oublie même sa colère passagère concernant la bête. Se tourne vers son interlocutrice.

Grand-mère ! Quel plaisir pour moi de vous voir debout. Petit sourire narquois face à un visage sévèrement fermé.

Je t’ai dit de ne pas m’appeler ainsi Batarde. Pour toi je suis Madame. Ne l’oublie jamais. Le serpent ouvre la bouche pour distiller son fiel. Tu n’as pas le droit de monter ici. Tu n’es même pas une domestique, une raclure comme ta mère, comment mon fils a-t-il pu tomber si bas. Ta place n’a jamais été dans cette demeure, tu la souilles de ta présence. Ton visage…

D’un geste de la main l’interrompt, le sourire contrit Myrrha relève la tête pour la défier. La baisse. Ses poings serrés, blanchis.

Mon visage est une abomination qui vous renvoie la catin de votre neveu…si seulement il était encore là, je serais à ma place, je saurais quel est mon rôle…Je sais tout cela. Vous me faites la grâce de me le rappeler à chacune de nos rencontres. Je vous en remercie Grand-mère.

Entreprend de faire une révérence crispée sans lâcher Catherine des yeux. Une fois avait suffi pour lui rappeler de ne jamais baisser sa garde. Inconsciemment, elle porte la main à sa chevelure corneille, la douleur bien que disparue reste cuisante dans sa fierté.

Ne te sauve pas comme ça Batarde ! Darco te cherche. Sourire mauvais sur un visage malsain autrefois d’une grande beauté. Tu ne devrais pas le faire attendre, si tu vois ce que je veux dire…Il serait dommage qu’Antoine soit privé de ta présence pendant des jours.

La matriarche sure de son effet, souffle sur l’unique bougie vivotant dans le grenier, s’effaçant en laissant la gamine dans le noir. Son "précepteur" était de retour. Mélange d’effroi et d’excitation. L’homme n’apparaissait jamais au hasard. L’éducation dont il avait la charge même au domaine au vu et su du grand père sénile, parachevait celle commençait en Rouergue. Le temps de l’insouciance s’achevant à chaque visite. La petite princesse cédait à chaque fois bon gré mal gré la place à l’héritière. L’enfance disparaissait à l’abri d’une chambre, d’une alcôve. Corps souillé, âme volée. Elle devenait un instrument, une arme à seulement quinze printemps.
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CELLENE


Quelle gourde! Maintenant, si âme vivait dans la forêt, elle était au courant qu'elle n'était plus seule. Cellene soupira, serrant les dents. Que faisait cette branche ici? Elle releva la tête pour regarder Ivy qui était juste au-dessus d'elle. A son regard désolé, l'Azurée comprit pourquoi elle n'avait pas vu cette branche d'arbre. Elle avança lentement, faisant cette fois attention à ce qu'elle faisait, lorsqu'elle sentit que quelque chose clochait. La tête se tourna vivement, les cheveux ébènes suivirent le mouvement en venant frapper son visage livide. Les yeux saphirs virent une ombre, non... une femme un peu plus loin, cachée derrière les branchages. Un froncement de sourcils, puis un regard vers Seamus qui faisait des signes avec ses deux bras. L'intruse s'était penchée pour prendre dieu sait quoi. Cellene acquiesça de la tête, regarda Loreleï un instant, puis s' élança en chasse pour contourner la jeune femme. L'ordre de Seamus fit bouillir le sang de l'Azurée, elle prit un malin de plaisir à laisser son esprit malsain prendre le dessus...


...fonce...

Seamus plongea sur elle, pour essayer de la faire tomber. Mission réussite ou non, Cellene ne s'en préoccupa pas une seule seconde. Ses yeux s'accrochèrent sur la besace où elle put voir le bout d'un vélin, sans doute, sceller. L'Azurée pressentit qu'elle devait s'en emparer et très rapidement. Peut être sauraient-ils à ce moment-là, qui s'était approché de trop du manoir et peut-être qui avait conduit le Clan de la Main Noire à sa perte. Tout en courant à travers les arbres et les arbustes, Cellene ne lâcha pas d'une seule seconde ce parchemin des yeux, elle s'en approcha de plus en plus vite, évitant de-ci, de là, les branches. Elle en esquiva une, mais pas suffisamment, cette dernière lui fit une légère entaille sur la joue droite. La douleur n'était même plus présence, elle ne la sentait pas. Cellene continua sa course, de sa main droite, elle tenait son épée et de sa main gauche, elle tenta d'attraper le vélin.

Elle le sentit sous ses doigts, puis sous sa paume. Le besace, elle s'en fichait, il n'y avait sans doute pas le nom de son propriétaire dans des basses affaires. La main se serra sur le vélin, elle l'avait et ne le lâcherait plus. Lorsqu'elle se rendit compte que l'intruse était armée et lourdement armée, elle continua sa course droit devant elle, le parchemin dans la main... Elle entendit des bruits de sabots derrière elle, mais qui allaient à l'opposer. Elle ne savait pas si Loreleï avait fait peur au cheval, ou si l'intruse avait réussi à remonter sur son canasson. Tournant rapidement la tête pour regarder derrière elle, elle s'aperçut que personne ne l'avait suivie. Elle s'arrêta, reprenant son souffle. Ses yeux azurs s'arrêtèrent sur ce parchemin qu'elle tenait fermement à la main, elle savait ce qu'elle allait en faire : le donner au Maître...

D'une main rapide, elle le glissa dans son corsage. Si une personne devait le lui voler, il faudra le faire sur son corps mort. Serrant de son autre main, la garde de son épée, Cellene contourna plusieurs arbres et rejoint ainsi Seamus et Loreleï. Les arbres bougèrent légèrement en hauteur, il était fort possible que soit Ivy, soit Versus était en train de redescendre. Une fois prêt du groupe, Cellene observa la scène, se tenant prête le cas échéant. Mais ses yeux ne restèrent pas très longtemps figés, ils se tournèrent très vite à gauche, puis à droite... Derrière elle, elle savait que Versus ou Ivy observait et qu'elle ne risquait pas grand-chose. Pourtant ses sens étaient aguets, elle prit garde à chaque bruit.

Elle ne savait pas ce qu'elle devait vraiment faire... Une chose était sûre, le coin ne serait plus sécurisant dans les minutes à venir... La poitrine de Cellene se soulevèrent et se baissèrent, son souffle devint de plus en plus lent. Le sang sur sa joue droit s'écoula lentement, à ce moment-là, lorsque l'adrénaline de son corps se calma, elle sentit un pincement sur cette joue, pourtant elle n'y porta pas sa main, elle resta concentré sur la scène qui se trouvait devant elle... Méfiante... Prudente...
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LORELEI


Ils s’étaient observés un court moment, se demandant chacun par où ils allaient débuter leur recherche quand Cellene pris les devant la première et par un accord tacite de ne pas se séparer, Loreleï suivit elle aussi, la belle Azurée.

Ils longèrent le chenil des loups dont le calme n’était pas bon signe. Ils se tenaient tous aux aguets, cherchant, fouinant, voulant sortir comme s’ils savaient que quelque chose clochait.


Instinctivement, elle s’éloigna de Cellene et Seamus, juste de quelques pas, pouvant ainsi couvrir une zone, un petit peu plus large que s’ils étaient trop côte à côte.

Les yeux au sol puis sur ses comparses, elle fouillait cette partie de la forêt qui était trop proche du Manoir. L’odorat était malmené par la fumée, ses poumons la brûlaient encore, mais l’adrénaline qui la transportait lui faisait oublier.
Une branche qui cède non loin d’elle, son corps se raidit, tous les sens en alerte alors qu’elle se tourne, dague en mains, prête à bondir quand elle comprend que ce n’est que Cellene. Seamus lui envoie un regard qui en dit long. Elle sourit, sachant que n’importe qui pouvait se trouver dans leur forêt, et que rien ne les empêcherait de trouver le fautif de ce feu.

Alors que leur progression se faisait discrète, Seamus se retrouva juste devant elles deux, et ils entendirent tout trois le même tintement si spécifique au port d’une armure.
Loreleï leva les yeux, si une personne était entrée dans la forêt, rien ne disait que des archers étaient déjà positionnés là haut.

Seamus avança, à pas feutré, Loreleï pris un chemin légèrement différent, séparé que de quelques pas, et vit avec un temps de retard une femme, seule qui les regardait. Au moment où elle baissa son regard Loreleï vit le geste de Seamus et en profita alors pour partir en direction de la femme, mais en établissant un cercle autour d’elle, qu’elle ne puisse pas repartir sur ses pas.

Elle vit alors le cheval de la femme, l’odeur des loups a du l’effrayer et elle comprit immédiatement le pourquoi de leur silence. Ils auraient tant aimé dévorer du cheval !

La bête commençait à taper des sabots, s’énerver un peu plus, sentant certainement la nervosité de tous ces êtres humains qui l’entouraient presque. Il se cabra, voulant s’échapper, faisant un début de course quand Loreleï se plaça sur son chemin. Il se cabra de nouveau et en retombant, souffla par ses naseaux énormes.


« -Belle monture »

Bon maintenant fallait pas le laisser partir, vu la monture que c’était, la femme devait faire partie du beau monde, et s’ils voyaient son canasson revenir sans sa maîtresse, cela ameuterait les soldats bien plus vite…
De là où elle se trouvait, elle ne voyait plus Seamus, les branches épaisses et le cheval lui cachant ce qu’il se passait, mais elle avait vu Cellene repartir en courant.

Elle tendit la main vers le cheval, faisant des
« chut, tout doux », lui murmurant des mots qui devraient l’apaiser. Après tout c’était un peu bête un cheval ! Elle lui prit les brides et lui caressa l’encolure alors qu’il soufflait encore et tapait encore d’une patte arrière. Elle savait qu’elle prenait un risque mais ne pouvait pas le laisser filer seul. Elle le fit tourner doucement et se dirigea vers Seamus et la femme, glissa les brides autour d’un tronc d’arbre et se glissa derrière la femme clouée au sol par Seamus

Loreleï prit ses deux dagues en mains, prête à trancher les doigts de cette femme dont la venue les mettaient tous à cran et vit Cellene revenir elle aussi, essoufflée, et une égratignure au visage.

Elle resta sur ses gardes, il était étrange que cette femme soit seule dans une telle forêt…
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MYRRHA


[Paris : demeure familiale des Morlhon - De La Rosières]


-Alcôve -

Lourdement enfoncée dans le matelas en plume. Corps rigide. La gamine fixe le plafond. Ne bouge pas, plus, pour ne pas éveiller l’imposant allongé à ses côtés.
Hyménée envolé trop tôt, arraché avec violence. Tel avait été le préambule de son apprentissage. Darco en homme de main implacable, lui avait jeté une simple phrase en pleine face. Treize ans. La fin de l’enfance, estampillée. "Ne crois pas que j’y prends du plaisir, je fais mon devoir en t’éduquant." Une promesse d’héritage. D’un empire. Et à la clef, une révélation.
Pupilles rétractées en deux fentes sibyllines. Obsession enfantine. Plonger avec démence dans un comportement onirique où la mère devient le symbole. La figure emblématique, l’idole. Dans le contexte, sa vision devient artificielle. Floue. Ou comment se l’imaginer autrement. Niant. Nie la réalité. Aurora en mercenaire sans foi ni loi. Ne vivant que pour le combat. L’excitation. L’affrontement. Elle voulait en confiant sa fille au Morlhon, que Myrrha suive ses pas. La petite fille qu’elle avait été comprenait sa démarche, l’adolescente l’acceptait. Tout du moins jusqu’à son arrivée au domaine.
Arrachée à son environnement, séparée de son seul ami. Sa liberté restreinte pour devenir la petite fille de compagnie d’un vieillard qui l’adorait, sénile qui la confondait avec une autre. Avec dans son entourage proche une grand-mère haïssable, haïssant. Et pour bien l’entraver, « enfant unique » d’un géniteur en manque d’héroïsme, faisant son devoir en mémoire ou au nom d’une femme disparue… Si Le point du jour avait voulu rencontrer la nuit, elle aurait demandé à devenir l’horizon. Plonger plus encore dans les entrailles de la curiosité. S’alimenter de non-dits. Plonger dans les secrets…agripper le moindre morceau de phrases crachées en demi-teinte.


Alors qu’elle fixe inexorablement un point imaginaire, La Morlhon sent que le réveil de son précepteur est imminent. Sa façon de bouger. De glisser sa main. Son souffle chaud. Elle se raidit. Et si elle avait été Constantine, serait-elle dans ce lit, accepterait-elle la souillure ? Elle se plaisait à croire que non. Celle qui l’avait engendré était une guerrière. Crainte autant que celui qui avait était son tuteur, pas ce soudard qui se servait de sa position pour la soumettre.
Ne prêtant attention à son entêtement, continue son exploration. Bientôt, asservie, Myrrha se laissera couvrir sans douceur. Sans amour. Il exaltera et la poussera jusque dans ses derniers retranchements tant physiques que psychologique. Déjà, elle ne geint plus. Ne pleure plus. Son être se meut. Perfide. L’arme s’affine jusqu’à devenir tranchant.
Un râle. Un soupir. La jeune fille est propulsée hors du lit.


Toujours aussi raide, grogne-t-il. Tu t’amuses bien à jouer les poupées ? Tu penses que je n’ai que ça à faire. Que l’enseignement qui est le mien peut être pris à la légère… Se lève. Sa nudité envoutante la laisse de glace. Je perds mon temps avec toi petite, le maître aurait du t’éduquer plus jeune. Tu as été trop gâtée…tu n’arriveras jamais à la cheville de ta mère ! Un rictus mauvais sur son visage. Tu feras peut être une courtisane moyenne ou une parfaite épouse pour un bourgeois de petite envergure. Une bâtarde comme toi ne sera jamais digne de Porter le nom des Morlhon.

La voir serrer la mâchoire lui importait peu, Le maître lui avait laissé des instructions concernant la gamine de sa chienne. S’il voyait qu’elle n’avait pas les mêmes dispositions que sa chose, alors il devrait s’en débarrasser.

Je vais te laisser une dernière chance de me prouver ce que tu vaux.

[Paris : Le marais]

Pas un seul échange pendant tout le trajet. Myrrha tente de se repérer sans vraiment y arriver. Elle ne sort du domaine que rarement, et lorsque c’est chose faite, ce n’est que pour aller dans les quartiers les plus en vue du moment. Des échoppes de tisserands. Des salons où la batarde peut se montrer sans faire rougir Catherine. Juste pour faire plaisir à son grand père.
Ce soir, les rues sont étroites. Les sentiers pestilentiels. Des catins battent la terre de leurs chausses pour appâter le client égaré. Les tavernes regorgeant d’êtres infâmes. Toute une population qu’elle n’avait fait qu’ignorer jusque là lors de ses sorties diurnes.
La voiture stoppa devant ce qui devait être un hôtel particulier. L’ombre d’un sourire barré sur le visage du mercenaire.


Nous sommes arrivés. Cette nuit gamine tu vas me prouver que j’ai tort. Sort de la poche intérieure de son pourpoint une petite fiole qu’il lui tend. Se baisse pour récupérer une dague cachée dans sa botte. Penche la tête, au premier, il y a deux hommes qui t’attendent. Tu n’as dans le flacon qu’une dose mortelle… L’autre tu devras t’en débarrasser avec ceci. Lui met dans la main l’arme.

Bouche qui s’ouvre prête à émettre un son. Une protestation. Elle n’est pas prête. Elle n’y arrivera jamais. Pas maintenant en tout cas.


Si tu ressors vivante de cette demeure je te donnerai les moyens de retrouver une personne qui pourra t’en dire plus sur ta mère… Et ton héritage.

Offre qui ne peut se refuser. L’œil brillant l’observe.

Ne te joue pas de moi…j’irai vérifier si le travail a été accompli dans un sens comme dans l’autre. Sors maintenant ils t’attendent.

- Entre deux Dandies sur le retour -

Elle n’a pas pu se résoudre à croire l’homme de main dans la voiture. Son sourire trop insistant pour être honnête. C’était un test pour prouver sa valeur. A peine dans la cage d’escalier, débouche la petite bouteille. Un opiacé. Il lui avait filé un opiacé… En le reniflant, elle se remémore les drogues qu’on lui a enseigné. LAUDANUM. Ainsi c’était sa mort qu’il avait scellé. Sortir pour mourir comme une vulgaire catin de bas étage ou monter. La mort dans chacun de ses choix. Un seul à envisager. Glisse le poignard dans son bas. La fiole dans son corsage. Elle survivrait…Elle survivrait pour le faire payer.

Porte entrouverte qu’elle pousse. Découvrir deux hommes entre deux âges. Affalés dans des fauteuils. Buvant un mauvais vin rien qu’à voir leur tenus rapiécée. Qui ils sont, elle n’en a cure. Longue chevelure éparpillée sur des épaules dénudées par une robe épousant ses formes sans corset. Noire comme la Faucheuse. Les regards se posent sur elle. La déshabillent. La touchent. Retient un frisson de dégout derrière une moue angélique. Démarche chaloupée qui ne fait qu’attiser l’attention des hommes. L’un d’eux, le plus jeunes, se lève pour aller à sa rencontre. Le charme agit. Son corps est une arme. Il est le garant de sa survie.


Bonsoir, prononce-t-elle du bout des lèvres. Chuchotis suave. J’espère que je ne suis pas trop en retard ?

Parbleu non damoiselle. Sourire gras. Nous vous attendions devant une bouteille d’hypocras généreusement offerte par votre ami.

A peine surprise de le savoir aussi vil pour amener les moutons jusqu’à l’abattoir, rit. Balancement des ses hanches. Gracieuse. S’’approche de celui qui est resté vautré. Prend son verre pour y tremper le bout des lèvres. Juste bon pour décrasser l’argenterie. Jeter un coup d’œil furtif à la bouteille afin de s’assurer qu’elle soit encore assez remplie pour y déverser sa drogue.
Il lui fallait maintenant de quoi les occuper.
Prend la main de celui qui est derrière elle pour le faire s’asseoir de nouveau. Non sans une caresse porteuse d’une promesse.
Son bassin se met à onduler. Lascive balance ses épaules. La danse débute. Remonte les bras dans un geste lent. Sa poitrine se gonfle. Vague indolente les ensorcèle. Les excite. Les formes de Vénus se dessinent de façon naturelle. Mains serpentant le long de son corps. Moulant sa peau dissimulée. Fait glisser le bout de tissu sur le sol pour s’offrir à leur vue. Le poignard avec.
Jouer avec l’hypocras en ayant dissimuler dans la main la fiole. Le goulot jalousé par ses compagnons. Se détourne le temps de faire un tour complet. N’épargner aucun centimètre de peau pour pouvoir glisser le contenu de son récipient. Se retourner. S’approcher. Faire tournoyer l’alcool au dessus d’eux pour mélanger la mixture. La Morlhon se frotte contre celui qui l’a accueilli. Entre ses cuisses emprisonne celle de sa victime. Sa danse ne s’est pas arrêtée. Elle est seulement plus indolente. Et c’est par le goulot, l’index à même l’ouverture qu’elle le fait boire. L’autre grogne. S’impatiente. Alors qu’elle en garde un entre ses cuisses, elle fait signe à l’autre de s’approcher. Le frôle de ses lèvres avant de le faire boire à son tour. Si l’un est corpulent, l’autre semble athlétique encore. Cela ne l’empêche pas de jouer avec eux. Leurs mains deviennent impérieuses, les mouvements indécents. Garder le contrôle jusqu’à la dernière goûte. Après. Après elle se donnerait. Jusqu’à ce que la drogue fasse son effet.

Temple défloré par des pilleurs concupiscents. Leurs pas foulent en conquérant libidineux chaque parcelle de terre offerte. Les dunes écrasées. Rien n’est laissé en l’état. Ils ne sont que des pillards agressifs. Assoiffé des trésors présentés et cachés. Ils fouillent la terre sans ménagement. Investissent le sanctuaire avec rage. Le dévaste sans vergogne. Leurs cris de victoire se mélangent à la sueur de leur corps. Les voleurs ont dans les veines un poison qui les a ralentis. L’action n’a fait que les affaiblir.
Elle n’était déjà plus la au premier assaut. Elle s’était éloignée le temps que la partie de chasse au trésor se termine. Il ne lui reste plus qu’à patienter quelques minutes pour agir et faire payer à ses brigands le prix du sang.

Glisse entre les deux drogués. Sourire béat du victorieux. Agacée. Récupère la lame dissimulée sous sa robe. Sa main ne tremble pas malgré la peur qui lui noue l’estomac. L’adrénaline. La promesse à tenir par Darco…Sa mère…
La facilité avec laquelle la lame à pénétrer la chair du premier. A peine eut le temps d’écarquiller les yeux que déjà il s’étouffait avec son sang. La bête avec simplicité venait de se faire égorger. Combien il aurait été facile de faire la même chose au second s’il avait été moins corpulent… Les pupilles dilatées, la force d’un bœuf, réussit à la projeter sur le sol.


SALE GARCE…j’vais te crevé.

Yeux révulsés de colère. Vocifère. Se jette sur elle, la roue de coup. Si proche du but et c’est sur un coup de malchance qu’elle risque de finir. Se recroqueviller le temps de trouver une solution. Et puis sur une impulsion. L’instinct. Lui plante la lame dans le premier membre qui se trouve près d’elle. Une petite victoire lorsque c’est dans la cheville qu’elle se plante. Déstabilisé. Haineux. Continue de lui porter des coups.
Douleur. Colère. Envie de vivre. Transe. Se jette sur lui tel un animal féroce. Pas un cri ne jaillit de sa bouche. Juste ses dernières forces sur un coup de sang. Le poignarder . Encore. encore et encore. Blessée et prendre des coups. Elle était encore en train de frapper lorsque Le mercenaire arriva. Le corps était sans vie. Démente. Elle ne voulait pas lui laisser une chance de se relever.
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SOPHITIA

[Départ de Carcasonne]


Sophitia avait obéit à l’homme en jupe et s’était dégoté un cheval à ses frais. L’homme lui avait rapidement expliqué requérir sa présence pour une quête, mais elle n’en savait pas vraiment plus. Elle espérait qu’à leur prochaine rencontre, elle en saurait un peu et en effet dés qu’elle le retrouva sur le seuil du rempart de la ville, Sophitia eut son explication. L’homme était à la recherche d’une femme, qu’est ce qu’il lui voulait qu’est ce que cette femme avait pu lui faire pour qu’il la recherche ainsi, elle ne le savait pas et pour le moment elle n’en avait que faire. Elle serait bien assez vite se qui se tramait dans la tête de son acolyte.

L’homme en jupe lui fit une remarque sur sa manière de monter à cheval, à son avis ce n’était pas la première fois qu’elle le faisait, c’était aussi son impression mais elle ne savait d’où lui venait cette faculté. Il lui parla aussi de ses armes. Pour lui si elle en avait c’était que Sophitia devait savoir s’en servir, mais là elle eut un peu peur. Dans quel genre de quête, l’homme voulait-il l’embarquer pour qu’elle ait besoin de savoir s’en servir. La jeune femme n’était pas rassuré mais si elle savait monter à cheval, qu’elle avait des armes et que les dieux avaient mit l’étranger en jupe sur sa route c’est qu’il y avait une bonne raison.

Alors une fois qu’il eut finit de lui parla, pour la première fois, elle put enfin lui répondre.

Je vous suis dans votre quête messire. Nous verrons bien où cela nous mènera.

Le sieur prit la tête de la troupe, et Sophitia le suivi de très prêt. L’allure n’était pas rapide ce qui permettait de pouvoir examiner le paysage, Sophitia ne se souvenait toujours de rien sur son passé mais comme elle avait emprunté ce chemin en sens inverse il n’y a même pas une journée, elle le reconnaissait. Mais cela ne lui rappelé rien de plus que ce qu’elle avait reconnu à l’allée, c'est-à-dire rien du tout.

A mesure qu’ils s’enfonçaient dans la forêt, une odeur se faisait de plus en plus forte. Mais ne voyant plus la fumée, ils étaient obligés de se repérer à l’odeur et aux empruntes qui se trouvaient sur le sol. Ils finirent par arriver dans la clairière dans laquelle Sophitia avait perdu la mémoire. Elle reconnut l’endroit mais ce n’est pas pour autant que d’autre souvenir lui revinrent. L’homme en jupe fini par lui montrer une direction d’où venait une colonne de fumée.

Sophitia regarda dans la direction indiquée et un flash lui revient, elle avait l’impression d’avoir déjà vécu cette situation mais rien de plus juste cette désagréable sensation de déjà vue sans qu’on sache d’où ça vient… Elle en fut heureuse mais sans plus. Elle ne savait pas si c’était bon ou mauvais signe. Elle avait juste un pressentiment, il fallait qu’elle continue cette quête.

L’homme en jupe explique que le feu devait venir d’un pillage et que si tel était le cas il allait falloir être très prudent car les brigands pouvaient être dans les environs. Alors Sophitia reprit la route avec le sieur en direction de cette fumée.
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MessageSujet: Re: Un Manoir au loin dans la foret   Dim 25 Sep - 1:11

CYRIANNA


L’homme en jupette sortit peu de temps après son arrivée…Majda lui fit un bref résumé de la situation, la raison de sa présence à Carcassonne. Elle l’écoutait, cherchant dans sa mémoire une jeune femme correspondant à la recherche et soupira :

Bien sur, quoi de plus simple que de retrouver une femme d’environ 25 ans avec les yeux bleus. Tu n’as pas davantage de détails ? une cicatrice, une marque de naissance ? Que sais-je encore ?

Le regard de jade se posa sur son amie non sans inquiétude, cette dernière se voulait rassurante et pourtant…les questions se bousculaient dans son esprit ; Que cachait réellement la forêt, les rumeurs qui courraient sur un manoir, des habitants peu recommandables et maintenant cette inconnue…n’était-elle pas des leurs ? Un frisson la parcouru à cette pensée mais elle n’en dit mot, gardant ses interrogations pour elle, consciente que la jeune maure ne disait pas tout, gardant son lourd secret.

Prenant la direction des tavernes, elle songea à leur discussion au sujet de la demeure ; malgré sa curiosité, Cyrianna ne s’était jamais aventurée dans la sombre sylve, sans doute l’idée d’y croiser une meute de loups ou l’un de ces solitaires qui, après quelques chopes retournaient s’isoler dans la végétation sauvage, ne l’enthousiasmait guère. L’investigation promettait d’être complexe de par le peu de substance dont elle disposait, ajoutant aux obscurs racontars des dernières semaines et la méfiance était de rigueur.

Assise devant un tisane, elle laissa son esprit vagabonder…bien qu’elle ne connaisse pas tous les citoyens, une nouvelle venue avec un accent qui plus est, ne saurait passer inaperçue ; Ou alors point d’accent, auquel cas la tache serait plus ardue qu’elle ne l’imaginait…mais pour l’heure, la belle aux yeux d’azur attendrait et le soldat écossais aussi. Son départ imminent la préoccupait, peu coutumière des voyages.

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ENDURIL

Un rire étrange, puis un choc violent derrière les jambes déséquilibre Enduril. Entrainée par le poids de son équipement, elle chute lourdement. Le goût de l’humus qui s’insinue dans sa bouche, celui résineux des épines de pin se mêle au terreux des résidus de feuilles qu’elle recrache. Elle tient toujours à la main la longue anse de la besace qui sous l’effet de la chute va s’écraser au sol, s’ouvrant et laissant apparaitre une partie de son contenu. A peine Enduril enregistre la présence de ce qui semble être une missive scellé plus préoccupée de son agresseur qu’elle doit maîtriser au plus tôt.

Elle fait basculer le poids de son corps qui roule laissant apparaître à sa vue celui qui l’a plaquée ainsi. Une fraction de seconde pour se retourner, repérer l’homme qu’elle venait de remarquer, puis de lancer sa jambe afin de lui faire goûter le cuir de ses bottes quand une femme arrive, surgissant de nulle part et file tout aussi vite après avoir récupéré au passage le document de la besace.

Colère de voir une partie non négligeable de son butin lui échapper, la jeune femme prend appuis pour se redresser et partir à la poursuite de la missive et de sa voleuse.

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SEAMUS



L’effet de surprise joue en sa faveur. Son attention attirée par cette incongrue besace, la soldate n’avait pas du le voir s’approcher de côté. Une douleur fugace à l’épaule réveille en Seamus la crainte de l’invalidité de sa main. Quelque peu étourdi par le choc qu’il a provoqué, il remet son bandeau fétiche en place comme s’il voulait en faire de même avec ses idées. La soldate il l’avait reconnue et il était de plus en plus clair qu’il se trouvait en face de l’incendiaire potentielle. N’était-elle pas équipée d’explosif et autres engins volatiles lors de leur première rencontre. La maitriser et la conduire auprès du Maître et… utilisable comme il l’avait acidement précisé. Quel sort lui réserverait ce malade, le diable seul le savait et encore…

Elle se redresse à moitié, le visage couvert de débris végétaux. Elle n’avait pas l’air d’apprécier d’avoir mordu la poussière.

Une douleur violente retentit à nouveau dans la même épaule. D’un violent coup de botte elle repousse un Taciturne qu’elle doit juger trop menaçant. Mais étrangement ce n’est pas lui qui semble la préoccuper le plus. Elle regarde rapidement vers la besace que Cellene vient de presque lui arracher. S’il n’intervient rapidement, malgré la douleur lancinante, leur retour au Manoir risque d’être des plus discourtois. D’un bond il saute à corps perdu sur son adversaire, sans même prendre le soin de se mettre debout.

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ENDURIL


Un choc à nouveau lorsque son assaillant se jette sur elle. Le matelas de terre meuble et de feuilles combiné au gambison amortissent quelque peu le choc au niveau de son dos, mais sa violence expulse l’air de ses poumons tandis que son corps se retrouve emprisonné sous le poids de l’homme. Son visage est tout proche du sien et leurs regards plongent l’un dans l’autre. Regard vert dans celui qui n’a d’émeraude qu’un fin cercle à peine visible autour du noir de sa pupille dilatée de colère. Autre choc d’une autre nature cette fois. Celui de la reconnaissance. Cette fois, les doutes ne sont plus permis, elle a bien en face d’elle celui qui lui a laissé ce souvenir indélébile dans la forêt entre Mende et le Puy. Double souvenir que celui d’un combat au goût d’inachevé clôturé par un regard haineux et d’une cicatrice qui a laissé la trace du cheminement d’une dague sur sa peau.

Instant d’hésitation, fatal pour elle. Ses poignets sont prisonniers de l’éteinte de deux mains d’acier. En vain, elle se tord pour essayer de se dégager, prenant appuis sur ses jambes pour essayer de le faire basculer à coups de bassins tandis qu’elle tourne la tête en tout sens, tentant de l’attendre en plein visage. Encore et encore, reprenant avec peine son souffle. Se sentir réduite à l’impuissance est un sentiment qu’elle abhorre, tout comme le contact d’un corps masculin sur le sien. Le seul homme à l’avoir tenu en échec de cette sorte était son mari et très vite elle avait trouvé le moyen de tourner cette situation à son avantage, le combat prenant alors une autre direction. Mais là, il n’était pas question de joutes entre amants, mais d’une question de survie. Elle lutte et se tortille encore sans succès, puis se calme. Elle n’est pas en situation pour gagner, mais si elle s’épuise vainement, elle ne pourra pas saisir une opportunité qui se placerait sur sa route. Haletante, elle se calme et plonge un regard de défit à l’homme qui la retient avant de lui cracher au visage.

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SEAMUS


C’est sans aucune émotion, peut-être toutefois une pointe de haine mêlée à un besoin inassouvi de vengeance, qu’il sent le corps de la soldate s’affaisser sous le sien, le temps d’une lente chute la jetant à nouveau au sol.

Il plonge son regard vide, quasi hypnotique dans ceux de la femme. Il sait qu’elle le reconnaît à son tour. La rage qui l’habite semble décupler son besoin de se dégager de l’emprise du corps du Taciturne. Elle s’agite comme une fille de ferme troussée sans ménagement par un commis de passage. Mais les sensations de Seamus ne se focalisent pas dans son entre-jambe. Même s’il en avait le temps ou l’opportunité, ce qu’il désirait dérober à cette femme n’était pas de cet ordre. Mais lui ôter la vie de ses mains puissantes ou d’une tout autre manière, dague ou autre, n’était pas le but de leur sortie précipitée. Utilisable…

Elle s’agite de plus en plus, tentant sans doute en plus de se dégager, d’atteindre l’une ou l’autre arme que recèle son attirail d’acier. Il maintient puissamment son bassin avec ses genoux, contrant tant bien que mal les coups qu’elle lui porte et qui perdent peu à peu de leur puissance. Fatigue, fourberie, renoncement. Il restait plus qu’attentif. Et quand elle fit mine de prendre appui sur ses mains, il lui saisit violement les deux poignets, opprimant de ses coudes une poitrine sans doute généreuse mais engoncée dans son équipement militaire.

Il fait peser son corps sur celui de la soldate tandis que la haine exhalant des yeux de celle-ci la pousse à commettre un acte vain et dérisoire. Il la regarde, souriant, pas du tout triomphant pour autant.


…Inutile…

…indigne…


La détaillant avec attention, il remarqua que la jeune bougresse avait pris du galon. Jusqu’à quel point, il l’ignorait. Mais une chose était sure ils ne devaient pas moisir là. Il releva la tête vers Lorelei qui se tenait prête à intervenir et vers Cellene qui était revenue, la missive scellée manifestement dans son corsage. Il espérait que les deux guetteurs avaient suivi les événements et viendraient leur prêter main forte. Il n’avait jamais été doué pour la pèche à l’anguille. Chasseur des bois il était, chasseur des bois il resterait
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MessageSujet: Re: Un Manoir au loin dans la foret   Dim 25 Sep - 1:11

VERSUS


Ivy a écrit:Fait plutôt attention à toi… aucune envie de te porter ensuite si tu te casses quelque chose !

La dernière phrase d'Ivy le fit sourire intérieurement. Ce serait plutôt à elle de faire attention et de ne pas tomber: La porter ne serait aucunement dérangeant, c'était certain. Son attention fut attiré, après le bruit du craquement, par un mouvement non loin du groupe. Rapidement, tout s'agita ; Une intruse se trouvait là et les épiait. Seamus lui sauta sur les jambes pour la faire tomber. Cellene se précipita vers la besace écrasée dans la poussière et fila rapidement en tenant quelque chose dans la main. Il ne voyait pas ce que pouvait faire l'amie des loups pouvait faire, le mur d'enceinte lui cachait la vue, mais Ivy devait tout voir correctement.

Versus observa la scène un court instant, lorsqu'il vit que l'intruse s'apprêta à courir après Cellene. Il fronça les sourcils, puis décida qu'il était temps de descendre de son perchoir pour donner un coup de main. Personne ne pouvait lui dire si elle était seule ou non. Rapidement et agilement, il descendit de son arbre, puis s'approcha prudemment d'une branche qui se trouvait en dehors des grilles et pas trop haute. Il avait vu pire, les toits de Dieppe étaient bien plus haut que ça. Il se souvint encore cette course poursuite, qui s'était finit par des retrouvailles d'épée contre gorge, gorge contre épée. Il fronça les sourcils, ce n'était pas le moment de se remémorer des vieilles histoires venant du passé. Accroupit sur la branche, il se laissa tomber au sol sur ses deux pieds, fléchit les jambes et posa sa main gauche par terre. Sa main droite se leva et attrapa sa lame qu'il sortit avec légèreté tout en se redressant.

Lorsqu'il observa droit devant lui, Cellene était revenu près de Loreleï, épée à la main, mais sans rien d'autre. Par contre Seamus se trouva sur l'intruse, la maintenant fermement. Lentement, il s'approcha et se positionna en face de l'Azurée et Loreleï mais de façon à entourer Seamus. Il se plaça assez loin tout de même, la jeune femme était lourdement armée. Elle ne se laisserait sans doute pas faire si facilement, il aurait été stupide de laisser une occasion à la fourbe soldate de le faire tomber sur le cul. Son visage s'était durcit, il assurait les arrières de Seamus, comme il l'avait fait avec Chaos dernièrement. Pas en rapport à Ivy, cette histoire était bien différente et d'une autre nature, mais bien concernant la dernière intruse entrer au Manoir. Il songea d'un coup, qu'il n'avait jamais vraiment su ce qu'il s'était produit pour elle et ses monstres.

Qui pouvait bien sortir ce Manoir en vie finalement? Personne... à moins d'avoir une bonne âme à l'intérieur... mais le Clan de la Main Noire enfermait des bonnes âmes? Certainement pas!! Et à la vue de l'équipement de la jeune femme, elle ne tournerait sans doute jamais sa veste. Dommage... Elle était assez séduisante...

Un mot fut sortit de la bouche de Versus à l'encontre de Seamus, ainsi que des autres. Ils ne devaient pas rester ici des plombes...

Amenons la au Maître!!


Il fut presque étonné de ses mots, mais il avait choisit son camps. Les autres femmes qui souhaitaient le mal au Clan, il les tuerait avec l'ordre du Maître ou sans... peut être... Celles du Clan, il ne fallait pas y toucher!
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MAJDA EULALIE

Alais. Bref passage. Cette ville, sa marraine y est, et elle n'a vraiment pas envie de la croiser, elle risquerait de l'envoyer sur les roses une fois de plus. Petit passage éclair en taverne, elle a promis de ne pas sortir les dagues à la première rencontre, mais sa marraine ne se présente pas. De plus, son voyage la pousse un vers Mende où elle va enfin pouvoir revoir son lieutenant.

Mende, ville magique. Un petit tour au marché, elle dégote un tissus pour se faire faire une belle robe. Un tissu, du velours pourpre pour souligner quelques détails de son anatomie qui commence à changer, elle veut être séduisante pour l'homme qui lui fait tourner la tête. L'imaginer troquer ses braies contre une tenue féminine n'est peut-être pas évident pour ceux qui la connaissent. Un morceau de savon qui embaume la lavande rejoint rapidement les achats.

Quelques missives, la nouvelle procureur travaille au tribunal. Poste qu'elle découvre et expérimente. Elle s'installe dans une auberge pour y prendre ses quartiers quelques jours, l'une des plus jeunes vassale du Languedoc regarde par la fenêtre. Elle a envoyé ses gens à la mine, et se prélasse tranquillement, espérant sa venue, une visite, un petit tour sur les remparts à son bras ? Qui sait, peut-être un brin de cour ?

Vite, pour le cas où il viendrait ! Elle hèle l'aubergiste pour qu'il lui fasse monter un baquet et de l'eau chaude. Lui faisant signe de sortir alors qu'elle perce son regard concupiscent, Majda ferme la porte à clé après l'avoir poussé sans ménagement.

Laissant tomber ses braies, bas, jetant ses chausses négligemment au pied du lit, nue, elle défait les draps du lit, et en met un au fond du baquet et sur les bords pour éviter les échardes qu'il pourrait lui refiler.

Souriant d'aise, elle se savonne et se verse de l'eau sur les bras, le torse, lavant ses cheveux, et profitant de la douceur de ce bain dont elle a rêvé.

Après un long moment, elle sort enfin. L'eau est presque froide, mais elle se sent revigorée. Elle se sèche rapidement, et passe une petite robe sans prétention. Regardant le massacre de la chambre, les chausses ici, les braies là, la chemise dans l'autre coin, elle se dit qu'elle aurait mieux fait d'emmener sa femme de chambre avec elle.

Prenant ses vêtements à un par un entre le pouce et l'index, elle regarde la poussière qui y était accumulée par le voyage. Au moins, elle est propre et ce soir, elle est présentable pour Quirin. Elle choisit des bas propres, et enfile ses poulaines, avant de se diriger vers la fenêtre et de l'ouvrir. Fermant les yeux, elle respire l'air de Mende, de la forêt non loin...
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LORELEI


Loreleï pencha la tête su le coté, un sourire mi-amusée ornant son visage, l'index entre les doigts elle se mit à rire Hi! Hi! Hi!

La pauvre petite noble couchée au sol dans une position des plus ..... confortable!


« -Regardez comme elle est belle la nobliote là! »

Versus se rapproche d'eux quand Lorelei se baisse légèrement, observant les traits de leur prisonnière, elle passe un ongle sur sa joue douce, l'envie de lui arracher sa tignasse la prenant d'un coup quand Versus propose de la ramener au Maître.

Loreleï lève les yeux vers lui acquiesçant puis reporte son regard sur la prisonnière murmurant:


« -Dommage on pourra pas jouer avec toi avant... »

Elle se relève, gardant sa place, le regard émeraude miroitant les alentours, dagues bien en mains et sourit à Cellene qui venait de reprendre des couleurs.

Penchant le tête un coup à droite un coup à gauche, elle se recula jusqu'à la monture de la nobliote, prenant bien ses reines en mains avant de refaire les quelques pas jusqu'au groupe.

Il avait raison Versus, ils devaient regagner l'intérieur du Manoir avant de voir débarquer l'armée et voir ce qu'ils allaient devoir faire maintenant...
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QUIRIN

[A Mende dans la caserne]

Quirin était nostalgique ce jour, il avait fait le tour de "ses" hommes, comme souvent, mais pas comme à l'habitude, juste pour veiller à ce que les ordres soient bien suivis. Non ce jour il avait classé quelques dossiers, certains poussiéreux d'anciens camarades maintenant dans le soleil, d'autres partis vers de nouveaux exploits. Il se rémémorait les visages un à un alors que lui même était jeune recrue, bon nombre n'étaient plus de ce monde, emportés par quelques blessures, quelques maladies attrappées sur des champs de batailles. Seul il demeurait dans la garnison de cette époque révolue, gravissant les échelons un à un, essayant de toujours faire honneur aux valeurs qui étaient les siennes lorsqu'il s'enrôla, servir et protéger. A l'instar des lieutenants qu'il avait eu il s'efforçait de demeurer le visage impasible face à ses hommes, mais dans le coeur une profonde tendresse pour cette jeunesse qui mettait sa vie en jeu pour protéger la population.

chacun étant à sa place,les permissionaires libérés, lui même comme parfois s'autorisait à se rendre en ville faire une promenade, peut-être le long de l'Olt, ou longeant les remparts, décision qu'il prenait souvent en arrivant sur la place Arganossius. Mais ce soir c'était différent, il savait qu'Elle était là, Elle avait été aperçue, et bien sur on le lui avait dit, dissimulant un sourire qui en disait long. Ce soir la promenade si promenade il y avait il ne la ferait pas en solitaire perdu dans ses pensées. C'est vêtu de son uniforme de sorti qu'il franchi la porte de la caserne, saluant ses gardes au passage, etprit la direction de l'auberge ou elle avait pour habitude de prendre chambre.
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CELLENE

La respiration fut haletante, la poitrine se souleva et se baissa sous les inspirations et les expirations de l'Azurée. Elle était essoufflée d'avoir couru si rapidement pour protéger un semblant d'indice. Méfiance, retenue, la bougresse se débattit, ses forces venaient à manquer, Seamus la tenait fermement. Elle sortit doucement le parchemin de son corsage, ils étaient assez pour la surveiller, Versus était en face d'elle. Elle ouvrit le vélin rapidement et le lu dans sa tête. Les deux premiers mots étaient écrit bizarrement, elle ne comprenait pas ce qu'ils voulaient dire. Plus, elle lisait, plus elle avait l'impression d'avoir une lettre d'amour dans les mains. Une grimace s'afficha sur ses lèvres, c'était ragoutant. Par contre, une phrase la fit relever la tête. Elle observa un instant Loreleï, puis Versus et pour finir Seamus. Elle ouvrit la bouche, répondant ainsi à Versus.

Ouais! Ramenons la à Chaos! La lettre devrait l'intéressé...

Vue les regards interrogateurs de ses comparses, Cellene rebaissa la tête et lu un ou deux passages du parchemin.

« Après un mois à Mende, j'étais heureuse de retrouver les remparts de Joyau. »
Et bla... et bla... Là, ça devient intéressant :
« Dans quelques jours, je ferais un petit voyage. Je me rendrais au Puy, voir les reliques de Saint-Louisn, ainsi qu'une amie, Mestra Laurine que vous connaissez certainement, ce qui m'autorisera à passer par Mende » C'est signé : Votre Madja...


Le regard saphirs se posa sur la prisonnière des bras de Seamus. Cellene avait pu remarquer avant sa course-poursuite que la besace n'était pas à elle. Son attitude avait démontré qu'elle n'avait fait que trouver la besace. Elle ne s'appelait donc pas Madja, mais elle avait un rang assez haut, vu ses habits et ses armoiries. L'Azurée réfléchit un instant, pendant que Loreleï s'occupa du cheval. Si cette femme n'était pas la propriétaire de cette besace, ça voudrait dire que cette Madja serait responsable de l'incendie du Manoir! Un grognement se fit entendre en elle, le colère lui monta au nez. Ses yeux scrutèrent les environs, ils n'étaient pas en sécurité ici. Qui pouvait dire que la miss était venue seule? Personne et elle n'allait sans doute pas dire le contraire. Il fallait maintenant juste que Seamus se relève, mais Versus était assez proche pour aider. Deux hommes pour tenir une faible femme étaient suffisants.

Bougeons... ne traînons pas.

Cellene se plaça aux côtés de Loreleî, les deux femmes ouvrirent la marche, très lentement, toujours sur le qui-vive. L'Azurée releva la tête pour regarder Ivy qui ne semblait pas bouger. Elle lui fit un geste de la tête de les suivre.

Ouais! T'a raison! Appelle la!

Fiche lui la paix. Elle nous a demandé de nous taire.

J'vais l'obéir, t'a raison! T'es pas bien ou quoi? J'fais ce que j'veux!


Son visage s'était durcit à nouveau, l'exaspération était à son comble. Elle soupira lourdement, tout en redressant la tête pour regarder devant elle. Sa mâchoire se serra et se desserra à plusieurs reprises. Le velin dans la main, elle le rangea à nouveau dans son corsage. Tant qu'ils ne seraient pas l'enceinte du Manoir, ou devant le Maître, elle ne le sortirait plus...
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MAJDA EULALIE

Par la fenêtre, elle aperçoit l'uniforme de sortie d'un soldat. Un sourire éclaire son visage, et elle le suit du regard. Nul doute n'est permis. Il ne peut s'agir que de Lui.

Bref regard dans le miroir, elle réajuste une mèche de cheveux, et ouvre la porte, descendant les escaliers quatre à quatre. Sa robe rouge est simple, quelques broderies dorées aux manches et au col. Comparé à son uniforme de parade, elle se dit qu'elle ressemble limite à une gueuse. Bah, au moins, elle est en robe, ce n'est déjà pas si mal comme effort. La belle étoffe de pièce de soie rouge tissée sur une trame rouge et jaune d'or, donnant de magnifiques reflets, achetée sur le marché un peu plus tôt, lui fera une robe digne de ce nom, des finitions de vair feront le reste. Plus qu'à transmettre aux ateliers de son père ces étoffes, et de trouver la mousseline qui lui manque. Un peu de velours pourpre également sera nécessaire, mais elle ne doute pas que les ouvriers de son père lui feront une belle robe de cérémonie peut-être ?

Avant d'atteindre la salle commune, elle se reprend et souffle un peu. Les convenances ma fille, les convenances se morigène-t-elle. C'est donc la tête haute, le regard brillant, qu'elle entre se tenant comme si de rien n'était dans l'entrée.

Elle donne ses clés à l'aubergiste, se trouvant dos à la porte, par laquelle Il ne va pas tarder à entrer, et en frissonne d'impatience.


Aubergiste ? Mes gens ont leur soirée de libre aujourd'hui. Ils devront cependant être de retour vers la mi-nuit. Donnez-leur mes clés et dites-leur que je rentrerai vers cette heure-là.
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MYRRHA


Peau couverte de sang en linceul. Veuve noire par ce meurtre officié. Le guerrier des temps anciens s’est réveillé, le rituel est achevé. Pourpre sa couleur de guerre. Chevelure enduite de liquide vital. Les pupilles dilatées, fixe d’un regard vide le cadavre. Son corps, rigide, en cavalière le surplombe tel un trophée. Si lourde pour ne pas le laisser s’échapper. Féroce prête à riposter. De pierre lorsque Darco essaie de la soulever. Protection éphémère. Inutile. Sa chair refuse de se soumettre, de se retirer. Animale elle aurait montré les dents, sa chasse gardée sous la patte, victoire personnelle sur l’entité…l’homme…sa peur…elle-même… Et par ce biais pénétrer dans le monde de sa mère. Entrer dans les pas maternel. Avoir la sensation d’être plus proche, de la connaitre…son univers. La carcasse de Myrrha n’est qu’un instrument, une arme annihilée par ce passage initiatique. Prendre pleinement conscience du monde, de sa beauté…le meurtre plus qu’une question de survie. Une façon d’être. Une vie. Sa langue vipérine sort de son antre de chair, goute à cet écoulement purpurin qui lui couvre une partie du visage en bruine noirâtre. Le fer. La vie enfuie.

Plus le temps pour eux de s’attarder, Darco s’impatiente, tente une dernière fois de la soulever. Gamine tétanisée, les met en danger. D’un geste ferme, irascible, la relève. Mécanique de défense, sensation d’être agressée, elle arme son bras muni du poignard pour frapper. Trop rapide pour esquiver, pas assez pour le blesser, lui entaille la chair bandée du bras. Un rire gras emplit soudain la pièce. Il ne se préoccupe plus d’un éventuel danger, il est surpris. L’homme de main la pensait paralysé, elle savoure juste à sa manière cette nature qui coule à flot dans ses veines. S’il avait douté de ses capacités, elle n’en restait pas moins une Morlhon… Etait-elle vraiment l’héritière de son maitre ? L’avenir le dirait. Pour l’heure, elle s’en donnait les moyens, l’innée due à son nom circulait dans chacun de ses pores. Il ne restait plus qu’à s’assurer qu’elle ne finirait pas comme sa mère. Il l’endurcirait. La façonnerait à l’image du maitre. Il lui apprendrait à être crainte à défaut d’être admirée. La mue venait de s’achever.


[Paris : demeure familiale des Morlhon - De La Rosières]

-Alcôve -

Darco les avait fait sortir du Marais par la grande porte pour ne pas éveiller les soupçons, - en même temps, dans ce quartier malfamé, qui se serait préoccupé des deux cadavres qui à présent dormaient d’un sommeil sans rêve. L’un portant un joli sourire, nu dans un lit ensanglanté et l’autre à même le sol pratiquement déchiqueté par la force du désespoir, baignant dans une mare infecte. - elle endrapée dans une cape volée à l’une des victimes. Il aurait aimé qu’elle se réveille, qu’elle bouge au moins pour récupérer sa robe, rien n’avait su la faire réagir. Il aurait pu user de violence, la plonger dans un baquet d’eau froide, mais le choc subi se devait d’être digéré, assimilé. Le coche n’avait dit mot, il n’avait d’ailleurs pas même jeté un regard à son employeur. Le précepteur s’était engouffré dans la voiture avec son paquet direction la demeure des Morlhon. Il avait été facile pour lui de pénétrer le domaine sans que personne ne s’en inquiète ou ne l’importune, il en était ainsi chaque fois qu’il venait. La maitresse de maison n’était pas non plus montée aux nouvelles. Peut être jubilait-elle en pensant s’être débarrassée de la batarde. Toujours est-il, qu’il prépara lui-même la bassine d’eau chaude qui allait servir à laver Myrrha. Comme une absolution dans la purification de l’eau. Après la procession, l’acte de contrition. Comme lors du baptême, il la plongea jusqu’au cou. Une impression de fragilité et d’innocence dans cet être qui semblait si frêle. Les détails contredisaient l’aspect. Elle s’était endormie paisiblement pendant qu’il avait entrepris sa toilette, l’éponge passait sans heurte sur ses courbes, nul violence ou mépris dans ce qu’il faisait. L’homme purifier le corps pour mieux assujettir l’âme. L’office terminé, il l’avait allongé dans le lit sans tenter, sans songer un instant à partager sa couche. Il y avait des victoires qu’il préférait savourer. Celle là, était à la hauteur du Morlhon.

Forme effilée aux premières heures du jour, sous le drap se glisse, chatouille pour venir mordiller le cou de sa maitresse. Affectueuse, la bête joue, s’enroule. Petits rituels matinaux entre la furette et sa compagne, qui ce jour seront écourtés. La Morlhon se réveille en sursaut comme dans un mauvais rêve auquel elle aurait participé. Ne voit pas la pièce. La nuit est encore présente. Le sang en effluve pique ses narines. Ressent encore cette ivresse passée. Cet instant T qui l’a fait basculé. Passer de la peur dans les actes à l’adrénaline dans le corps. Sa soif de vie et de mort. Transition brutale. Le maître à façonné la chrysalide. Tissait autour d’elle pour la préparer à l’éclosion. Première poussée, sort de son cocon, l’enveloppe s'ouvre et le papillon né.


J’étais en train de me demander si tu allais un jour émerger ou s’il fallait que j’appelle un prêtre pour t’exorciser… s’impose une voix rogue.

Darco assis confortablement dans un fauteuil près de la fenêtre a veillé. Sur l’investissement de son maitre pas sur la gamine.Yeux qui se plissent. Nez qui se retrousse. Sourire qui s’épanouie discrètement. Une page s’est tournée. L’enfance a disparu alors que la lame s’enfonçait dans le cœur de sa victime. Il voulait une arme. Il avait Myrrha. Et, pour bien le lui faire comprendre, La gamine ouvre son drap en une invitation. Opportunité qu’il saisit en plongeant tel une bête féroce. L’homme de main garde l’esprit clair. Son corps lui…est déjà enflammé.

- Quand la Lune s'arrondit, la mue se détruit, l'hurlement retentit -

Le meurtre n’est pas chose aisée, le tout premier peu laisser une cicatrice si grande qu’elle peut affaiblir l’esprit. Il y a l’être humain et l’animal. L’animal goute au sang dès son jeune âge, il en devient tributaire, prédateur, toujours en quête de cette odeur enivrante, odeur qui l’emmènera à sa prochaine victime. A l’opposé de l’homme dont la conscience bien plus éveillé, tente par tous les moyens de l’éviter. Sa complexité est telle qu’il à d’autres choix que de tuer… Pourtant, il existe depuis le monde est monde une espèce à part. Ni homme, ni animal. Juste des assassins qui se donnent bonne conscience en se trouvant des justifications.
Myrrha est une héritière du crime de sang, d’un nom, d’une renommée. Sa bâtardise ne la rend que plus dangereuse. Mélange savant dans ses veines circulent entre un lignage maudit et celui asservi. Constantine et Morlhon…rien que des noms, anonymes, transparent pour qui ne connait pas leur passé. L’esprit n’est plus torturé, le corps n’est plus malmené, ils ont enfanté ce qu’ils auraient du redouter… le descendant tant attendu d’un animal féroce. Il ne lui a fallu qu’un simple coup de pouce pour qu’il ne soit réveillé, une poussée d’adrénaline pour que la métamorphose s’opère.

Enorgueilli de la voir si vite s’adapter, Darco lui confia le temps de l’affinage quelques taches subalternes. Il n’y avait là plus rien d’humain, il était comme le chef de meute apprenant à ses petits l’art du jeu avant la mise à mort. D’abord dans les quartiers malfamés de la ville avant de l’envoyer dans le monde. Certains connaissaient la gamine pour l’avoir croisé lors de ses sorties avec Catherine. Il n’était pas toujours questions d’assassinats, le jeu pouvant aller très loin, un seul but, une idéologie, celui de voir en elle SON maitre.

La gamine, elle, n’avait qu’une obsession, un dessein, celui-là même qui l’avait poussé à suivre son précepteur dans le marais, fait tuer ses deux hommes et provoquer son éveil. L’aurore dont elle n’avait qu’un vague souvenir à part cette odeur de chèvrefeuille qui à présent ne la quittait plus. Sa marque en son honneur en attendant de trouver celui qui pourra, elle l’espérait, lui en dire plus.
Bientôt, Darco lui fournirait les informations dont elle avait besoin pour le retrouver…Et alors… la gamine quitterait la capitale pour ELLE.
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Un Manoir au loin dans la foret
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